L’Union européenne (UE) entretient une dépendance commerciale structurelle et croissante vis-à-vis de la Chine, marquée par un déficit commercial record et une concentration sur des secteurs stratégiques. En 2025, la Chine est restée le premier partenaire de l’UE pour les importations.
Indicateurs clés de la dépendance (Données 2024-2025)
L’asymétrie des échanges souligne la vulnérabilité européenne :
- Déficit commercial record : Le déficit de l’UE avec la Chine a atteint 359,8 milliards d’euros en 2025 (contre ~305 milliards en 2024).
- Volume des échanges : En 2025, l’UE a importé pour 559,4 milliards d’euros de biens chinois, tandis qu’elle n’en a exporté que 199,6 milliards.
- Dynamique divergente : Sur un an (2024-2025), les importations depuis la Chine ont augmenté de 6,4 %, alors que les exportations européennes vers la Chine ont chuté de 6,5 %.
Secteurs de dépendance critique
L’économie européenne repose massivement sur les capacités de production chinoises pour ses chaînes d’approvisionnement :
- Électronique et machines : Ces catégories représentent près de 48,5 % des importations totales de l’UE en provenance de Chine (29,5 % pour les machines électriques et 19 % pour les appareils mécaniques).
- Transition énergétique : L’UE dépend de la Chine pour 46,3 % de ses besoins en terres rares (5 984 tonnes en 2025), essentielles aux batteries et technologies vertes.
- Industrie automobile : Le solde commercial bilatéral s’est inversé. Autrefois excédentaire, l’UE affichait un déficit de 3,5 milliards d’euros dans le secteur automobile en août 2025, suite à une hausse de 43 % des importations de véhicules chinois depuis 2022.
Stratégie européenne de « réduction des risques » (De-risking)
Face à cette situation, l’UE tente de rééquilibrer la relation sans rupture totale :
- Diversification : Recherche de nouveaux accords pour les matières premières afin de réduire l’emprise de Pékin.
- Surveillance accrue : Mise en place de barrières commerciales et révision des investissements chinois dans des secteurs comme les véhicules électriques.
- Pragmatisme économique : Malgré la rhétorique de fermeté, les États membres continuent de signer des contrats majeurs pour soutenir leur croissance immédiate
Selon EuroNews, Malgré les tensions mondiales et la guerre tarifaire menée par Trump en 2025, les échanges commerciaux entre l’Union européenne et la Chine sont restés soutenus l’année dernière.
L’UE a exporté pour 199,6 milliards d’euros de marchandises vers la Chine, tandis que les importations ont atteint 559,4 milliards d’euros, créant un déficit commercial de 359,8 milliards d’euros, selon les derniers chiffres d’Eurostat.
Par rapport à 2024, les exportations de l’UE ont diminué de 6,5 %, tandis que les importations en provenance du géant asiatique ont augmenté de 6,4 %.
Toutefois, sur le long terme, depuis 2015, les exportations de l’UE vers la Chine ont augmenté de 37,1 %, tandis que les importations ont bondi de 89 %.
Les exportations de l’UE vers la Chine sont dominées par les machines et les appareils mécaniques, tels que les machines pour la préparation des fibres textiles et les machines de récolte, qui représentent 22,7 % du total.
Elles sont suivies par les machines électriques, telles que les chauffe-eau à accumulation et les tondeuses à cheveux, les équipements audiovisuels (14,5 %) et les véhicules (8,2 %).
Du côté des importations, cinq catégories seulement représentent près des deux tiers de l’ensemble des marchandises.
Les machines électriques et les équipements audiovisuels représentent à eux seuls 29,5 %, suivis par les machines et les appareils mécaniques (19 %).
Réorientation du commerce
Les impacts de la guerre tarifaire menée par Trump en 2025 ont conduit les pays à ajuster leurs réseaux de production et leur logistique et à réorienter les expéditions vers les marchés non tarifés.
Par exemple, en 2025, la Chine a compensé les pertes du marché américain en développant le commerce avec l’Asie du Sud-Est, l’Europe et l’Afrique.
Pourtant, les flux commerciaux ont résisté, les exportations européennes et chinoises continuant de croître, selon le groupe de réflexion Bruegel, basé à Bruxelles.
Toutefois, l’Union européenne peine à contenir un déficit commercial croissant avec la Chine, qui suscite de vives inquiétudes quant à la concurrence déloyale, au déclin industriel et au chômage de masse dans toute l’Europe.
