Une nouvelle approche de mobilisation des capitaux pour le développement de l’Afrique
Par Fatouma Muyila
Selon M. Jean Tele Udimba, Président du Groupe Diplomat investissement, les efforts déployés jusqu’ici pour mobiliser les capitaux en Afrique se sont montrés insuffisants et le système traditionnel de financement dominé par des aides publiques a montré ses limites au regard des enjeux et défis actuels. Plus de 51 ans après les indépendances africaines l’aide au développement basé sur les financements bilatéraux et multilatéraux n’ont pas permis à l’Afrique de se développer.
Le Groupe Diplomat investissement propose les pistes nouvelles des financements innovants en mettant sur les marchés financiers internationaux les actifs des ressources naturelles de l’Afrique sur les marchés des capitaux et des marchés boursiers pour une mobilisation conséquente des ressources novatrices de financements pour le développement de l’Afrique.
L’objectif de cette nouvelle approche consiste à corriger les méthodes traditionnelles de financement à savoir :
- Le modèle des institutions financières internationales qui conditionnent souvent leurs aides avec le droit de l’homme, l’organisation des élections, la bonne gouvernance et l’état de droit. Également lorsque ses institutions financent des grands projets ce sont les entreprises étrangères qui gagnent les marchés au détriment des nationaux sous prétexte que ce sont elles qui financent.
- Le modèle chinois, ce dernier financent les grands projets en échanges des ressources naturelles à exploiter. Mais la difficulté de ce système est que les chinois amènent avec eux tout, les ouvriers, les matériaux, les mains d’œuvres. En plus les chinois ne vont pas avec les africains sur les marchés financiers internationaux ou sur les bourses asiatiques.
- Le modèle traditionnel africain basé sur les recettes des impôts, taxes et douanes ne permet pas aux gouvernements et aux entreprises publiques de financer des gros projets des infrastructures d’où l’importance d’avoir axes aux marchés financiers internationaux et aux bourses étrangères pour faire face aux défis de développement. Les financements innovants basés sur les marchés financiers internationaux et boursiers sont de plus en plus considérés comme la nouvelle stratégie de mobilisation des ressources prônée partout.
« Les gens en parlent de plus en plus. Mais le défi qui se pose est d’expliquer ce qu’est cette nouvelle approche de mobilisation de ressources. En quoi consiste-t-elle ?
Comment fonctionne-t-elle ? Et quel rôle doit-elle jouer pour les États africains?
C’est quoi cette nouvelle approche de mobilisation de ressources ?
Les financements innovants est une nouvelle approche de mobilisation des ressources au profit du développement de l’Afrique à travers les ressources naturelles. En d’autres termes mettre les ressources naturelles du continent sur les marchés financiers internationaux et boursiers de la planète. Les marchés boursiers où les échanges peuvent atteindre plus de 4000 milliards de dollars par jour représentent une opportunité aux gouvernements africains de participer directement ou indirectement avec des partenaires extérieurs crédibles pour lancer des opérations de lever de fonds internationaux. Ces marchés boursiers peuvent procurer des centaines des milliards de dollars au gouvernement pour financer les projets de développement du pays.
Le marché boursier permettra au gouvernement et aux entreprises publiques et privés du continent de se financer, d’investir, en mettant directement en contact l’offre et la demande de capital. On parle de système désintermédié à la différence du système bancaire. Par l’introduction en Bourse ou par les augmentations de capital les entreprises ont accès à des ressources financières supplémentaires. Les bourses ont permis aux entreprises des pays occidentaux de grandir et donc de développer des grands projets qu’un individu seul ou un pays africain n’aurait pu financer. La Bourse permet la mobilisation de l’épargne et partant une meilleure allocation des ressources vers les projets d’investissements les plus profitables. En facilitant l’accès à l’épargne, les Bourses rendent possibles de nouveaux investissements et améliorent donc la rentabilité des investissements.
• la gestion du risque: La bourse permet de transférer le risque par le biais des négociations d’actions et d’obligations. Elle permet également aux investisseurs (entreprises, actionnaires, créanciers…) de se protéger du risque (risques de change, de taux, de crédit, de baisse des cours…) par l’utilisation de produits dérivés : les Swaps, les Forwards, les contrats à terme, les options.
• La liquidité des titres: la bourse permet la négociabilité des titres. Cette facilitation de la sortie permet d’attirer un plus grand nombre d’investisseurs et explique pourquoi les sociétés de capital-risque souhaitent que les entreprises dans lesquelles elles ont investi s’introduisent en bourse.
• Indicateur économique : les cotations effectuées à la Bourse permettent de mesurer la valeur attribuée par le marché à une entreprise, une matière première ou à une créance dans le temps. Les cours permettent donc de suivre l’évolution du prix de produits et l’évolution générale de la situation économique d’un pays. Cette nouvelle approche du financement stratégique proposé par le Groupe Diplomat investissement s’inscrit donc dans le cadre de la vision et de l’ambition des plusieurs Chefs d’État africains qui regorgent des ressources naturelles imaginables.
Cette approche a pour objet d’accélérer le développement économique de l’Afrique dans ses secteurs les plus stratégiques. L’Afrique est en mesure d’assumer son propre développement à long terme par la mise en valeur de ses propres ressources.
En quoi consiste-t-elle ?
Les projets ne manquent pas en Afrique tant en termes d’infrastructures, énergie, télécommunication, pêches, santé, formation, agriculture, mines, eau, construction de logement qu’en terme de transport : Chemin de fer, port, etc. Mais ce qui fait défaut c’est le financement et les investissements de ces projets. C’est pour cette raison que nous mettons en place un plan axé sur la recherche de financement non
traditionnel. La nouvelle approche du financement sera effectuée en fonction des partenariats mis en place pour réaliser chacune des initiatives de cette approche.
Comment fonctionne-t-elle ?
Le montage financier sur la base de la richesse du pays sera le principal élément clé de la mobilisation financière et son effet multiplicateur sera déterminant. L’Afrique a un urgent besoin de mettre en place de nouvelles structures financières qui lui permettront de répondre à ses besoins industriels en termes de capitaux, de nouvelles technologies et de main-d’oeuvre.
Monsieur Jean Tele Udimba conclut que les ressources naturelles de l’Afrique doivent servirent comme des actifs auprès des marchés des capitaux pour mobiliser des financements nécessaires pour le développement de l’Afrique. La République Démocratique du Congo, le Cameroun, le Tchad, la Guinée Conakry, l’Angola etc. sont des pays qui disposent de potentialités inimaginables en ressources naturelles.
Ces pays regorgent d’énormes réserves en richesse de sol et de sous-sol. Malgré cet énorme potentiel ces pays sont classés parmi les plus pauvres du monde. La mise en valeur de leurs énormes potentiels en ressources naturelles devient une importance capitale pour le développement de ces pays notamment en mobilisant d’importants capitaux à l’échelle
planétaire dans les secteurs des mines, énergie, hydrocarbures, agricultures, forets, eaux, etc. Donc ces pays ont un urgent besoin de mettre en place de nouvelles structures financières innovantes qui leur permettront de répondre à ses besoins industriels en termes de capitaux, de nouvelles technologies et de main d’œuvre.
Les richesses naturelles dont disposent ces pays peuvent les aider à mobiliser les capitaux à l’échelle planétaire et surtout d’introduire leurs actifs sur les marchés financiers boursiers. En effet, ces pays doivent avoir un mot à dire dans l’organisation et la marche du monde actuel. Et leurs potentialités économiques, notamment les ressources naturelles, leur donnent un pouvoir réel pour ce faire. Mais il reste pour eux à valoriser ces ressources naturelles pour disposer d’un certain poids économique et politique.
Investissements internationaux en Afrique : Une meilleure gouvernance des ressources naturelles s’impose
Pour M. Jean Tele Udimba, l’émergence d’un continent africain capable d’attirer davantage les investissements internationaux, notamment en provenance des pays émergents, suscite l’optimisme des acteurs économiques qui souhaitent s’engager dans des projets rentables et durables au cours des prochaines années.
D’après les projections, les capitaux investis en Afrique vont continuer d’augmenter au cours des prochaines années, pour atteindre 150 milliards de dollars américains par an en 2015. Ces données traduisent une confiance croissante dans les réformes structurelles, nationales et régionales qui ont été menées au cours des dernières années.
L’Afrique recèle aujourd’hui de grandes possibilités de croissance La crise financière de 2008 a attiré l’attention du monde sur l’incidence des mauvaises dispositions de gouvernance pour le développement, la prospérité et la croissance des nations. 2009 fut donc l’occasion d’une prise de conscience au niveau de la nécessité d’une gestion saine des finances publiques, des bonnes pratiques d’audit et des systèmes d’imposition crédibles qui conviennent au contexte africain.
Au cours de la dernière décennie, l’Afrique a réalisé des progrès démontrables sur la voie d’une meilleure gouvernance politique et économique et d’une croissance économique régulière. Toutefois, des défis importants restent encore à relever pour que le continent puisse s’affranchir de l’aide et apporter des améliorations progressives et durables à la qualité de vie de ses citoyens.
La Banque africaine de développement, la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique ont entrepris à cette fin une étude relative à la bonne gouvernance financière en Afrique, afin de parvenir à une compréhension commune des défis et des priorités en matière de gouvernance financière.
L’Afrique bonifie sa gestion économique Réussir les réformes de gouvernance des finances publiques exige des administrations et des dirigeants africains à gérer les ressources de l’Afrique de manière invariablement prudente, responsable et transparente.
Dans le cadre de ce processus, le projet du rapport d’activité sur la bonne gouvernance financière publique en Afrique a été discuté lors d’une conférence à Tunis le 3 novembre 2010. Les chapitres
principaux du rapport traitent des progrès, des défis et des priorités de réformes en matière de gouvernance fiscal. En outre, il discute du rôle que la transparence, les relations d’obligation de rendre compte, la volonté politique et les capacités de réformes budgétaires jouent dans le domaine de la bonne gouvernance financière publique. La Conférence a approuvé les principes fondamentaux afin que les gouvernements africains puissent établir des pratiques de bonne gouvernance des finances publiques comme s’engager à appliquer la transparence sur les décisions budgétaires, l’état des finances publiques et des pratiques dans le cycle de gestion des ressources publiques.
Les projections économiques confirment la croissance
Les Africains eux-mêmes sont optimistes quant au potentiel de croissance de leur continent: cela se traduit notamment entre 2003 et 2010 par une augmentation de 21% des investissements intra-continentaux.
Cependant, la hausse de l’attractivité du continent africain ne concerne pas tous les pays de la même façon. En effet, environ 70 % des nouveaux projets d’investissement se concentrent dans seulement 10 pays d’Afrique dont l’Afrique du Sud, l’Algérie, l’Angola, l’Égypte, le Ghana, le Kenya, le Congo Brazzaville, le Maroc, le Nigeria et la Tunisie.
