Six mois après le déclenchement de la guerre en Iran par les frappes américano-israéliennes du 28 février 2026, l’onde de choc continue de fragiliser les fondations économiques de la planète. Alors que le détroit d’Ormuz demeure hermétiquement fermé par Téhéran, les institutions financières internationales multiplient les signaux d’alarme. Entre une inflation ravivée et une croissance en net recul, le spectre de la stagflation plane désormais sur l’économie mondiale.
Une croissance globale révisée à la baisse
Les projections macroéconomiques pour l’année 2026 subissent de plein fouet les contrecoups de ce conflit de haute intensité. Dans son dernier rapport, la Banque mondiale a sabré ses prévisions de croissance globale, les abaissant à 2,5 %, contre les 2,9 % initialement anticipés avant le début des hostilités.
Cette paralysie de l’activité est principalement alimentée par le blocage du détroit d’Ormuz, véritable carrefour énergétique par lequel transite habituellement un cinquième des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL). Privés de cette artère vitale, les marchés de l’énergie restent sous haute tension, maintenant le baril de Brent à des niveaux proches des 120 dollars et renchérissant les coûts de production pour l’ensemble des industries mondiales.
Le retour en force des pressions inflationnistes
Ce choc d’offre sur les hydrocarbures a brisé la dynamique de désinflation amorcée ces dernières années. Les banques centrales se retrouvent prises au piège : elles doivent gérer une hausse brutale des prix tout en évitant d’étouffer des économies déjà chancelantes.
Aux États-Unis, l’indice des prix à la consommation a bondi à 4,2 % en mai, contre 2,4 % en février. L’Europe n’est pas épargnée : la zone euro a vu son inflation grimper de 1,9 % à 3,2 % sur la même période. Cette érosion rapide du pouvoir d’achat fait peser un lourd fardeau sur la consommation des ménages, moteur traditionnel de la croissance occidentale.
Une vulnérabilité géographique asymétrique
Si la crise est globale, ses répercussions dessinent une géographie des pertes très inégale. L’Europe et la Chine, historiquement très dépendantes des flux énergétiques moyen-orientaux, subissent le plus lourd tribut, avec des contractions de PIB estimées à respectivement -1,6 % et -1,8 % par rapport aux trajectoires d’avant-guerre. À l’inverse, les États-Unis affichent une relative résilience économique (-1,2 % de PIB) grâce à leur autonomie énergétique, bien que leurs finances publiques soient lourdement sollicitées par l’effort militaire.
Au cœur du conflit, le Moyen-Orient s’enfonce quant à lui dans une récession profonde. Au-delà de l’effondrement de l’appareil productif iranien, les infrastructures pétrolières des pays voisins ont subi des dommages collatéraux majeurs. La production de l’Irak s’est effondrée de près de 78 %, tandis que celle de l’Arabie saoudite affiche un recul de 25 %, plongeant des États comme le Koweït, le Qatar ou Bahreïn dans une crise budgétaire inédite.
Vers une crise prolongée ?
Face à l’enlisement du conflit, le Fonds monétaire international (FMI) prévient que les stigmates économiques pourraient devenir permanents si aucune issue diplomatique n’est trouvée à court terme. Pour les entreprises et les investisseurs, l’heure est désormais à la réorganisation des chaînes logistiques et à la recherche d’alternatives énergétiques, dans un monde où l’incertitude géopolitique est redevenue la norme.

