Lumumba cherchait à diversifier ses partenaires économiques en se rendant aux États-Unis et au Canada
Par Jean Tele Udimba*
Un géant de l’Histoire, personnage historique du 20è siècle qui fascine de plus en plus le 21è siècle. Mort pour avoir défendu des idées essentielles pour l’évolution de son pays, de l’Afrique et pour l’évolution du monde. Patrice Emery Lumumba est sans doute l’un des Africains les plus connus du XXe siècle. Il rêvait de « faire du Congo une nation riche, prospère et puissante au cœur de cette gigantesque Afrique noire ». Lumumba, Premier premier ministre de l’État indépendant du Congo, n’a été au pouvoir que dix semaines, mais il est devenu une figure mythique et légendaire. Le contexte était tendu au lendemain de l’indépendance du pays, marqué par le manque des moyens financiers laisser par les belges, la sécession du Katanga et l’intervention de l’armée belge au Congo, ce qui a poussé Lumumba à faire un déplacement urgent aux États-Unis, au Canada avec escale à Londres.

Washington par un accueil par une fanfare des Marines et un salut de 19 coups de canon

et le Secrétaire d’État américain, Christian Herter, ont tenu une conférence de presse
à Washington. Lumumba y a lancé un appel vibrant aux États-Unis pour obtenir des t
echniciens et une aide financière d’urgence pour stabiliser son nouveau pays
Le Voyage de Lumumba en occident avait trois objectifs :
I. Développement économique et social de son pays.
Négocier les accords économiques avec les États-Unis et le Canada. Expliquer à l’occident qu’il n’est pas communiste et il ne sera jamais. « Je suis libéral, progressiste et nationaliste tout ce que je veux c’est d’attirer les investisseurs au Congo, pays doté des richesses innombrables, tout ce que je veux c’est de travailler d’égal à égal avec nos partenaires occidentaux ». Patrice Emery Lumumba rêvait de » faire du Congo une grande nation riche au centre de l’Afrique.
Malgré son intention de travailler avec l’occident et de faire du Congo un pays prospère, cette vision était mal perçue par l’occident, Patrice Lumumba était diabolisé par la Belgique et la presse occidentale (Halen, Riesz, 1997)1, qui ont tout fait pour l’éliminer et sera assassiné le 17 Janvier 1961. Son assassinat a mis fin au destin d’un homme. Un crime politique perpétré au nom de la lutte contre le communisme, emblématique de la guerre froide et du néo-colonialisme. Mais peut-on assassiner des idées ?
Ce n’est pas le discours de Lumumba du 30 juin qui a entrainé sa mort mais c’est plutôt les intérêts financiers, miniers, économiques, son intention de renégocier les accords de vente d’uranium du Congo que la Belgique avait signé avec ses partenaires qui a indigné les belges.
En plus, Lumumba cherchait à diversifier ses partenaires économiques en se rendant aux États-Unis et au Canada, enfin de vendre les atouts économiques de son pays, de dénoncer l’agression belge, la sécession Katangaise à L’ONU et surtout de signer des contrats avec un Grand Groupe américain (Congo Investment Corp), une firme américaine créer pour mobiliser les capitaux pour le développement économique du nouvel État du Congo.

retrait immédiat des troupes belges du Congo permettrait d’éviter la crise. Le président congolais de la Chambre des députés, Joseph Kasongo (à gauche)
Pour toutes ces raisons, le gouvernement belge avait décidé non seulement de gâcher son voyage aux États-Unis et au Canada mais surtout de décider pour son élimination.
Pour l’Anglaise Susan Williams2, historienne et spécialiste de la décolonisation, les Américains « ont laissé la Belgique assumer seule la responsabilité » du chao au Congo et de l’assassinat de l’ancien Premier ministre congolais.
II. Demander le retrait immédiat des troupes belges au Congo
Lumumba était opposé à la présence des troupes belges, qu’il percevait comme une agression et un moyen d’assurer une influence coloniale sur le nouveau gouvernement congolais. Patrice Lumumba avait demandé à plusieurs reprises le retrait des troupes belges du Congo après l’indépendance. Il s’est opposé à la présence des troupes belges, les considérant comme une intervention dans les affaires intérieures congolaises.
III Faire appel à L’ONU
Patrice Lumumba fait appel à l’ONU pour mettre fin à la sécession du Katanga. Il a notamment demandé l’aide militaire de l’ONU pour faire face à la crise politique et militaire. C’est dans ce contexte que Lumumba intervient à l’ONU le 25 juillet 1960 pour rappeler sa position sur l’agression de la Belgique, élément essentiel du désordre intérieur.

Nations Unies Dag Hammarskjöld, après leur conférence aux Nations Unies, à New York,
aux États-Unis, le 24 juillet 1960
Dans le cadre de la visite du premier ministre Lumumba aux États-Unis, les belges ont tout fait pour persuader le Président américain de n’est pas accepter la demande congolaise. Après avoir échoué à convaincre le président Eisenhower d’envoyer les Marines américains, Lumumba et Kasa-Vubu se tournèrent vers les Nations unies pour obtenir de l’aide, et le Conseil de sécurité vota l’autorisation d’une importante force de maintien de la paix pour expulser les troupes belges du Congo et rétablir un minimum d’ordre public et d’administration. Les 3 000 premiers soldats de l’ONU, originaires de pays africains, arrivèrent en trois jours, suivis de 10 000 autres dans les deux semaines suivantes. Une importante force opérationnelle civile de l’ONU combla les lacunes de l’administration publique – aérodromes, hôpitaux, communications, banque centrale, police, etc. – et commença à former les Congolais à la gestion de leur pays. Ralph Bunche3 dirigea cette opération totalement improvisée.
La visite du Premier ministre Lumumba au siège de l’ONU comme nous venons de le souligner a conduit au déploiement de l’Opération des Nations Unies au Congo (ONUC), qui a marqué une étape importante dans l’histoire du maintien de la paix des Nations Unies par les responsabilités qu’elle devait assumer, l’étendue de sa zone d’opération et les effectifs impliqués.
Dans la conversation avec les responsables de l’ONU, Lumumba était d’une unicité extraordinaire. Il pouvait menacer de représailles violentes et, l’instant d’après, plaider pour une aide massive et diversifiée. Il semblait croire que la force armée résoudrait ses principaux problèmes – la présence des troupes belges ou la sécession du Katanga, bien que sa propre armée fût incapable d’agir de manière cohérente et que les Casques bleus de l’ONU aient interdiction de recourir à la force ou de s’ingérer dans les affaires intérieures congolaises. Lumumba fut furieux lorsqu’il apprit que l’ONU allait faire sortir les troupes belges du Katanga par la négociation et non soumettre le Katanga sécessionniste par la force.
La visite de Lumumba aux États-Unis
Lumumba décida d’aller à New York dans le but de défendre la position de son gouvernement devant l’Organisation des Nations Unies.4 Il voulait personnellement présenter ses arguments et faire entendre la voix du Congo, nouvellement indépendante5.
Avant de partir aux États-unis, il a même annoncé un accord économique avec un homme d’affaires américain, ce qui a suscité l’attention et permis à la Belgique de tout faire pour saboter son séjour aux États-Unis et faire tout pour l’éliminer.

américains
24 juillet 1960 – Accompagné de représentants de la République du Congo, le Premier ministre Patrice Lumumba arrive afin à l’aéroport international de New York.6 Il avait déclaré que l’objectif de son voyage était d’établir un contact direct avec le Secrétaire général de l’ONU, Dag Hammarskjöld, afin de trouver une solution rapide aux problèmes auxquels son pays est confronté et également signés des accords économiques avec les États-Unis.
Escale à Londres
Lumumba n’a pas passé beaucoup de temps à Londres, mais il y a fait une courte escale de cinq heures lors de son voyage aux États-Unis en juillet 1960, juste deux semaines après l’indépendance du Congo. Il s’était rendu à Londres avant de rejoindre New York avec son entourage. M. Lumumba fut accueilli à l’aéroport de Londres par M. John Profumo6, ancien Secrétaire d’État aux Affaires étrangères et Secrétaire d’État à la Guerre lors de sa rencontre avec Lumumba, ils ont évoqué de la situation sécuritaire du Congo ainsi que les aspects de la coopération future à développer entre les deux pays. Cette escale était un simple arrêt sur le chemin de son voyage pour rencontrer les responsables de l’ONU et l’exécutif américain.

Selon André Fontaine7, M. Lumumba, qui avait passé la nuit à Accra où il s’est entretenu durant deux heures avec le président Nkrumah, fait route vers Londres à bord d’un Cornet de la R.A.F. Après une escale de cinq heures il repartira pour New-York dans un appareil de la B.O.A.C. Ayant tout à fait oublié l’appel à l’U.R.S.S. qui fit tant de bruit, il se propose de rencontrer diverses personnalités, dont M. Hammarskjœld qui a décidé, pour cette raison, d’ajourner de vingt-quatre heures son départ pour Léopoldville, et » d’informer l’opinion internationale » de la situation dans son pays8.
Avant de quitter sa capitale (Léopoldville), le premier ministre Lumumba avait annoncé une nouvelle qui n’a pas fini de faire du bruit et agacer les belges : la signature avec un groupe financier américain à Léopoldville, le Congo Investment Corp, d’un accord aux termes, duquel des sommes très importantes, encore que les évaluations varient considérablement suivant les sources ( 500 millions à 1 milliards de dollars), seraient mises à la disposition du gouvernement congolais pour le développement du pays. M. Louis Edgar Detwiler8, président de la Congo Investment Corp, fondée à New-York, est un financier qui a fait paniquer les belges qu’il faudrait tout faire pour barrer la route.
M. Detwiler présente lui-même son affaire comme le » noyau » d’une entreprise à laquelle » des banques » devraient s’intéresser dont la Banque mondiale. Et M. Detwiler s’est illustré dans le passé par des diverses initiatives dans le domaine d’investissement. Mais comme le Congo traverse des temps tellement troublés que un audacieux apportant la bonne idée, au bon moment, pour y faire fortune et y imposer son autorité.
C’est dans ce cadre que Lumumba annonça lui même qu’il avait signé un accord économique avec un homme d’affaires américain, qui a qualifié cet accord comme une « grande victoire pour le monde occidental ». Louis Edgar Detwiler, 62 ans, un promoteur international coriace et déterminé avait signé un contrat de 50 ans avec le Premier ministre Patrice Lumumba pour le conseiller sur le développement des ressources minérales, pétrolières, gazières et hydroélectriques du nouveau pays.
Par l’intermédiaire de la société qu’il a créée, Congo International Management Corp. (CIMCO), Detwiler espère, si le Parlement congolais ratifie l’accord, piloter des projets de construction d’aéroports, de pipelines, d’autoroutes et d’hôpitaux au Congo et former les Congolais à leur gestion. Detwiler s’est exclamé : « Nous avons sauvé le Congo.»9 Il déclara également son approbation de la deuxième résolution du Conseil de sécurité, ajoutant que «l’aide [soviétique] n’est plus nécessaire»10 et annonce son intention de demander l’assistance technique des États-Unis11.
Le 24 juillet, Lumumba et son entourage atteignent les États-Unis deux jours plus tard, ils rencontrent sa délégation de l’ONU à l’hôtel Barclay pour préparer des réunions avec des responsables de l’ONU. Lumumba s’est concentré sur la discussion du retrait des troupes belges et de diverses options d’assistance technique avec le Secrétaire Général des Nations-Unies, Dag Hammarskjöld. Les diplomates africains étaient convaincus que ces rencontres seraient fructueuses ; ils ont convaincu Lumumba d’attendre que le Congo soit plus stable avant de conclure d’autres accords économiques majeurs (comme l’accord CIMCO). Lumumba a rencontré Hammarskjöld et d’autres membres du Secrétariat de l’ONU pendant trois jours, les 24, 25 et 26 juillet. Malgré une certaine retenue l’un envers l’autre, leurs discussions se sont déroulées sans heurts. Lors d’une conférence de presse, Lumumba a réaffirmé l’engagement de son gouvernement en faveur d’une « neutralité positive ».11
Visite à Washington
Mais en tant qu’homme politique s’étant élevé grâce à son pouvoir de persuasion, Lumumba a dû penser qu’en discutant avec le président Dwight Eisenhower, il pourrait bien gagner la confiance du dirigeant le plus puissant du monde, malgré les idées fausses que le président ou son administration pouvaient avoir à son sujet.
Lumumba avait apporté avec lui en Amérique une lampe en ivoire sculpté et une statue en bois, cadeaux qu’il comptait offrir à Eisenhower à la Maison Blanche. Il avait annoncé vouloir le « remercier pour les efforts constants du peuple américain en faveur du progrès en Afrique »12. Malgré la pression belge de rendre la visite de Lumumba improductive, le 27 juillet, Lumumba décida de se rendre à Washington, capitale des États-Unis, la délégation de Lumumba fut informée qu’Eisenhower ne pourrait pas accueillir le Premier ministre ; Eisenhower avait prévu des voyages à Chicago, pour la Convention nationale républicaine, et à Denver, pour rendre visite à sa belle-mère mourante. Les visites d’État étaient généralement organisées des mois à l’avance et résultaient d’une invitation officielle, mais compte tenu de la situation au pays Lumumba avait décidé de maintenir son voyage aux États-Unis. Comme le précise un télégramme du Département d’État :
« Son groupe a été constitué à la dernière minute.13 » À la demande du gouvernement belge, le gouvernement américain réduisit donc ses honneurs au strict minimum requis par le protocole diplomatique pour satisfaire la requête belge.
À sa descente d’avion à l’aéroport national de Washington, Lumumba fut accueilli par un drapeau congolais cousu à la hâte, commandé d’urgence pour l’occasion, et par une fanfare du Corps des Marines, sans hymne congolais (puisqu’il n’en existait pas encore). Le Secrétaire d’État américain Christian Herter est venu en personne l’accueillir.
Lumumba jugea néanmoins l’accueil « digne, comme celui réservé à un chef d’État », comme il l’annonça plus tard lors d’une conférence de presse, soulignant la salve de 19 coups de canon qui lui fut servie. S’agissant d’une visite officielle, Lumumba et sa délégation logèrent à Blair House, la résidence présidentielle située en face de la Maison Blanche. Lumumba considérait ce logement comme « une demeure magnifique » et un honneur pour sa personne. Mais même cette réception minimaliste souhaitée par le gouvernement belge, conçue en partie pour apaiser les sensibilités coloniales belges, a immédiatement suscité des protestations à Bruxelles13.
«Une poignée de main cordiale pour le Noir (Lumumba) responsable d’un nombre indéterminé de viols de femmes belges, de religieuses belges et d’épouses de missionnaires américains », s’est indigné un chroniqueur du journal conservateur Libre Belgique14, accusant Lumumba de son incapacité à maîtriser la mutinerie chaotique qui a suivi l’indépendance.
«Dix-neuf coups de canon et les honneurs militaires pour un Premier ministre (Lumumba) noir d’un soi-disant État dont l’armée, après avoir décidé de se rebeller contre son Premier ministre, a fait volte-face et a concentré ses tirs sur les femmes blanches.»
Avec un dégoût évident, le chroniqueur évoquait l’image d’un « Patrice malodorant » s’introduisant à Blair House, un « escroc sauvage » dans un lit à baldaquin, « se vautrant dans les draps du roi des Belges, de Charles de Gaulle et de Khrouchtchev ».15 Notant que la résidence était gérée par une vieille dame blanche, l’auteur ajoutait : « Espérons qu’il ne lui arrive rien ». Avant même que Lumumba ne pose ses valises à Blair House, William Burden15– un héritier de Vanderbilt qui avait fait don de son argent pour devenir ambassadeur d’Eisenhower en Belgique – appela le Secrétaire d’État américain Christian Herter16 depuis Bruxelles pour lui faire part du mécontentement des responsables belges face à cette image « catastrophique ». Peu après, le ministre belge des Affaires étrangères, Pierre Wigny17, se plaignit également auprès du Secrétaire d’État américain Herter au téléphone, laissant entendre que cela, conjugué à la politique américaine qu’il jugeait trop favorable à Lumumba, compromettrait le soutien belge à l’OTAN. Lors d’une réunion de l’alliance militaire à Paris, deux diplomates belges – dont le secrétaire général de l’OTAN – proférèrent la même menace. Pour Bruxelles, le traitement réservé à Lumumba était inacceptable et manifestement une question d’honneur national, justifiant de compromettre les relations diplomatiques entre la Belgique et les États-Unis.

Par le passé, les États-Unis n’avaient jamais eu à choisir entre les puissances coloniales européennes et les États nouvellement indépendants. Mais concernant la Belgique et le Congo, la tension était à son comble. Le Secrétaire américain Herter s’efforçait toujours de contenter les deux parties, s’excusant auprès de l’ambassadeur de Belgique tout en soulignant que les États-Unis n’avaient pas choisi Lumumba comme Premier ministre du Congo, mais « l’avaient hérité avec l’indépendance ».
L’ambassade américaine à Bruxelles, cependant, prit le parti des Belges, ombrageux, exhortant Washington à « jouer la carte de la discrétion lors de la visite afin de minimiser les dégâts ». Lumumba dira à juste titre que cet épisode démontrait la mesquinerie belge, mais il évita de blâmer les États-Unis. Au contraire : lors d’une conférence de presse tenue dans le sous-sol étouffant de Blair House, il appela les troupes américaines à intervenir au Congo et à accélérer le retrait belge. Ces propos ne semblaient pas provenir d’un homme à la solde de Moscou18. Sans visite à la Maison Blanche au programme, la délégation de Lumumba a rempli son programme de visites et de shopping.
Au Lincoln Memorial, les Congolais ont découvert la guerre civile, un conflit sécessionniste que Lumumba ne pouvait s’empêcher de comparer au sien, comparant Jefferson Davis à Moïse Tshombe, le chef de la province sécessionniste du Katanga. «Tous ceux qui veulent la sécession finiront par être battus », a-t-il déclaré. De là, il s’est rendu chez un concessionnaire Cadillac près du Capitole pour examiner les voitures officielles de son gouvernement. Un journaliste a noté : « Il a testé les portières, tâté les coussins des sièges, demandé des prix, mais au final, il n’a rien acheté. » et concluant que ce monsieur n’a pas l’ère d’un communiste.
Lumumba et sa délégation ont également visité Mount Vernon, la plantation riveraine de George Washington. Un guide a souligné l’héritage du premier président américain en tant que combattant anticolonialiste. «Quelle était l’attitude des Anglais à son égard ? » a demandé Lumumba en arrivant dans la chambre de Washington. « Oh, ils l’ont traité avec respect. » « Les colons modernes ne sont pas aussi galants », a répondu Lumumba en souriant.
Coopération dans le domaine de l’éducation
Lors de sa visite aux États-Unis, Lumumba avait notamment pour objectif de recruter des Américains qualifiés pour occuper les postes laissés vacants par les travailleurs belges – des personnes susceptibles de travailler comme ingénieurs, avocats, médecins, dentistes et infirmiers au Congo. Sur le campus de l’Université Howard, la première université historiquement noire des États-Unis, il rencontra un petit groupe de professeurs et d’étudiants. La plupart des 6 000 étudiants d’Howard étaient américains, mais 83 venaient d’Afrique, et Lumumba saisit l’occasion de discuter avec certains d’entre eux dans leur langue maternelle. Aucun n’était congolais, mais il promit que cela changerait bientôt et encouragea les étudiants américains d’Howard à traverser l’océan pour « travailler sur la terre de leurs ancêtres ».
À l’hôtel Mayflower, juste au nord de Blair House, il rencontra un couple de missionnaires méthodistes qui le connaissaient depuis l’école primaire protestante de Wembo-nyama devenu aujourd’hui commune de Lumumbaville et les encouragea à envoyer davantage d’enseignants et de personnel médical au Congo.
Dans la salle de bal de l’Université, diplomates, journalistes et divers amis de l’Afrique se mêlèrent lors d’une réception organisée en son honneur. Lumumba et ses collaborateurs ont profité de l’occasion pour redoubler d’efforts de recrutement18.1. Yvonne Reed, une américaine, âgée de seulement 22 ans et fraîchement sortie de l’université, assista à la réception à la place de sa mère, militante pour les droits civiques. Comme sa mère, Reed avait souvent été victime du racisme – Washington était encore largement ségrégué à l’époque – et, même si elle ne se sentait pas à sa place à la réception, elle était impatiente de rencontrer le Premier ministre congolais. À son arrivée, la file d’attente était rompue et Lumumba était pris au milieu d’un cercle de journalistes. Mais elle s’empara d’un de ses assistants, qui lui annonça que le Congo recherchait des talents américains. Pourrait-elle venir travailler là-bas ?
Le lendemain matin, Reed enfila un tailleur et prit un taxi pour Blair House. Un gardien la bouscula pour sonner, mais on lui répondit que Lumumba était occupé. Reed, cependant, fut conduite dans une salle d’attente. Lumumba descendit l’escalier. « Alors, vous êtes intéressée par un voyage au Congo ? » demanda-t-il. Elle l’était. Aucune discussion ne s’ensuivit sur ce que ferait exactement cette jeune femme inexpérimentée, mais Lumumba chargea ses assistants de s’assurer que ses papiers soient réglés.
Il quitterait New York pour le Congo dans quelques jours. « C’est tout », dit-il avec une détermination qui impressionna Reed. « À bientôt dans l’avion18.1. Le fait que Lumumba soit disposé à accepter tous les candidats, aussi courts soient-ils, témoignait de l’ampleur de la fuite des cerveaux belges du Congo. Et finalement, Reed ne prit pas l’avion à New York, car ses parents se ravisèrent. Elle finit par partir pour le Congo bien plus tard – malheureusement Lumumba fut assassiné, il faut le dire, elle est la mère du comédien Dave Chappelle18.2. Reed garderait toujours un souvenir ému de sa brève rencontre avec Lumumba. « C’était un leader fort », dit-elle. « Il savait ce qu’il faisait.»
Les Américains impresionnés par Lumumba, un homme dynamique, dur et intelligent
Faisant suite aux histoires de viols de femmes blanches par des hommes noirs au Congo pendant la mutinerie, l’affaire de Lumumba, connue de la Maison Blanche sans jamais être exploitée, a été particulièrement mal accueillie au sein de l’establishment de Washington (sans compter qu’elle a donné carte blanche à des adultères en série comme Allen Dulles19 est un avocat, diplomate et une personnalité du monde des renseignements américain, premier directeur civil de la Central Intelligence Agency, (CIA). En fonction du 26 février 1953 au 29 novembre 1961. Il était tenu informé régulièrement par le gouvernement belge sur le dossier Congo. Les autorités lui réservaient déjà des critiques mitigées. Un fonctionnaire anonyme l’a décrit ainsi à un journaliste : « Un homme imprévisible, mais dur et intelligent ». Mais Lumumba avait une occasion de s’adresser directement aux plus hautes sphères du gouvernement américain et de se faire une idée.
La réunion de Lumumba au Département d’État
Le clou du voyage de Lumumba dans la capitale américaine était une réunion au Département d’État. Washington ne le connaissait jusque-là que de loin, le jugeant de loin à travers des dépêches et des coupures de presse. Il pouvait désormais l’examiner de près20.
La réunion débuta à 15 heures dans le majestueux bureau du secrétaire d’État, au cinquième étage, la lumière de l’après-midi perçant les stores vénitiens. Le Secrétaire d’État américain Herter présidait la réunion, rejoint par trois autres fonctionnaires du département d’État et un interprète. Lumumba, accompagné de trois responsables congolais, commença par des éloges. «Le peuple congolais, même dans ses villages les plus reculés, a confiance aux États-Unis», déclara-t-il. « Nous savons que les États-Unis sont anticoloniaux ». Il rectifia ensuite la version des événements donnée par Bruxelles depuis le 30 juin, expliquant comment la Belgique avait vidé le Trésor public, était intervenue illégalement dans tout le pays et avait orchestré la sécession du Katanga.

1960
Il savait que les États-Unis et la Belgique étaient alliés, mais Washington ne pouvait-il pas faire entendre raison à son partenaire transatlantique ? En fait, dit-il, les États-Unis pourraient jouer un rôle de médiateur efficace, un rôle dans lequel l’ONU semblait défaillante. Lumumba réitéra également sa demande d’aide américaine. Son gouvernement était incapable de payer les salaires. Les États-Unis pourraient-ils lui prêter de l’argent ? Et du matériel ? Il avait été empêché à deux reprises de prendre l’avion pour se rendre au Congo. « Serait-il possible, par les voies officielles, d’obtenir un avion qui pourrait être utilisé par le chef de l’État et moi-même pour nos déplacements à l’intérieur du pays ?21»
Le Secrétaire d’État américain Herter avait soixante-cinq ans et, le jour de sa rencontre avec Lumumba, il arborait un nœud papillon à pois. Il était l’incarnation même de la diplomatie américaine.
Il n’eut donc aucun mal à repousser les nombreuses demandes de Lumumba. Le Secrétaire d’État était franc et direct avec Lumumba, «nous subissons de pression du gouvernement belge. Faire pression sur la Belgique pour qu’elle retire ses troupes ? C’était désormais une question qui relevait de l’ONU. Une aide économique bilatérale directe ? Tous les fonds devaient transiter par l’ONU. Un avion ? Une autre question pour l’ONU22.»
Lumumba a fini à comprendre que la Belgique à tout gâcher sa visite aux Etats-Unis et alors « Je me demande s’il ne serait pas convenable que je présente mes respects et civilités au président américain Eisenhower », dit Lumumba.
«Malheureusement, je ne connais pas son emploi du temps », répondit Herter. Lorsque Lumumba lui a demandé s’il pourrait simplement rencontrer l’un des candidats à la présidence, le vice-président Richard Nixon ou le sénateur John F. Kennedy, Herter a de nouveau refusé afin de sauvegarder dit-il nos liens transatlantiques avec la Belgique23.
Les responsables du département d’État s’étaient préparés à accueillir un enfant imprévisible, mais au cours de cette réunion d’une heure et demie, selon des témoignages contemporains, Lumumba les a convaincus de sa raison d’être. Le magazine Time de New York rapportait que « les responsables de Washington, qui s’attendaient à un fanatique véhément, ont plutôt trouvé un homme posé, presque impassible ». Le Christian Science Monitor annonçait que Lumumba avait « fait bonne impression » – « favorable, contrairement aux informations en provenance de la Belgique et du Congo qui présentaient le jeune Premier ministre congolais comme un manieur de menaces et d’ultimatums, le Castro du Congo, un révolutionnaire anti-occidental et pro-soviétique devenu homme d’État »24.
Un fonctionnaire de carrière du service diplomatique présent a confirmé cette affirmation, ne trouvant «aucune preuve » que Lumumba était fou ou communiste, comme l’avaient suggéré ses critiques belges. D’autres responsables ont salué son « brillance » et son « éloquence ». Même la demande d’un avion par Lumumba fut accueillie avec une certaine bienveillance, Le Secrétaire d’État Herter transmettant la demande à l’ONU.
Des années plus tard, cependant, un responsable présent allait donner un récit très différent de la réunion. Douglas Dillon25, numéro deux du Département d’État, déclarait en 1975 aux enquêteurs de la Commission Church qu’il trouvait Lumumba « psychotique » et « impossible à gérer » :
Lors de la réunion du Département d’État, Douglas Dillon, numéro deux du Département, que ce soit avec moi ou avec le Secrétaire d’État en ma présence, il s’exprimait d’une manière qui semblait presque messianique. Il ne vous regardait jamais dans les yeux. Il levait les yeux au ciel. Un flot de paroles fulgurant sortait. Il parlait français, avec une grande fluidité. On avait le sentiment qu’il était possédé par une ferveur que je ne peux qualifier que de messianique. Et ce n’était tout simplement pas un être rationnel. Lumumba était présenté à mex yeux comme un messie ou un don de Dieu. On ne peut pas savoir avec certitude si l’évaluation de Dillon reflétait le consensus privé de la réunion de juillet 1960
Quoi qu’il en soit, malgré quelques rapports positifs de la réunion avec Lumumba, les lobbys belges menerent une campagne diabolique contre Lumumba et gagnerent le terrain à Washington le consensus sur son hostilité envers les États-Unis se renforçait à Washington.
En août, la National Review proche de l’opinion belge qualifiait Lumumba de « détourneur de fonds radin, agitateur schizoïde (mi-sorcier, mi-marxiste), opportuniste prêt à vendre au plus offrant, chef numéro un d’office d’une bande de primitifs de la jungle se pavanant sous le masque de ministres ». Bref, Washington commençait à se demander s’il fallait remplacer Lumumba par quelqu’un de plus adapte aux intérêts américains et belges. «Nous nous demandions s’il y avait un moyen de changer le paysage au Congo », dirait Dillon.
Le sujet fut abordé lors d’une conférence inter-agences à laquelle Dillon participait au Pentagone, peu après sa rencontre avec Lumumba. Quelqu’un évoqua la possibilité d’assassiner Lumumba, mais un représentant de la CIA mit fin à la discussion, peut-être parce que le groupe était trop nombreux pour un sujet aussi sensible, ou peut-être parce que l’idée était jugée irréaliste. Néanmoins, une nouvelle idée avait été lancée, une limite morale explorée.
La Réunion présidée par le président américain Eisenhower sur l’Afrique dont l’essentiel fut consacré sur le Congo
Le président américain Eisenhower était d’abord grincheux. Surnommé « le M. Bang au caractère exécrable ». Mais les troubles au Congo le rendirent encore plus grincheux que d’habitude. Selon le Président Eisenhower, bien informer de la situation au Congo par le gouvernement belge, déclara que le « vent du changement » en Afrique se transformait en « ouragan destructeur ». Son impression de la décolonisation n’était pas favorable : « La détermination des peuples à s’autogouverner, à avoir leur propre drapeau et à voter aux Nations-Unies ressemblait à un torrent submergeant tout sur son passage.»

américain Christian Herter (D), le 19 juillet 1960 consacrée sur le dossier du Congo
Ce manque flagrant d’enthousiasme pour la cause nationaliste africaine n’était guère surprenant. Compte tenu de son expérience à la tête des invasions de la France et de l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale et de son service comme commandant en chef de l’OTAN par la suite, il était tout naturel qu’Eisenhower envisage la crise postcoloniale à travers un prisme européen. Et tout comme il traînait les pieds sur la question des droits civiques au niveau national, il estimait que la population noire d’Afrique devait agir avec prudence et sous la tutelle de ses anciens dirigeants blancs. Le libertin Lumumba offensait particulièrement son sens des convenances26.
Le jeudi 18 août à 9 heures, le président entra dans la salle du Cabinet de la Maison Blanche. Il s’assit dans le fauteuil en cuir qui lui était destiné et ouvrit la réunion hebdomadaire du Conseil de sécurité nationale. Vingt autres hommes, dont le directeur de la CIA et les secrétaires à la Défense, au Trésor et au Commerce, étaient présents autour de lui. L’ordre du jour de la réunion portait sur l’Afrique. Chaque participant reçut une carte du continent, et l’essentiel de la réunion fut consacré au Congo. Le sous-secrétaire d’État, Douglas Dillon, seul homme présent à avoir rencontré Lumumba, mena la discussion. La détérioration des relations de Lumumba avec l’ONU laissait présager un désastre. L’ONU était le vecteur de la politique américaine au Congo, et si l’organisation était contrainte de quitter le pays, les Soviétiques pourraient intervenir. Dillon considérait cette perspective comme « trop effrayante à envisager ». Maurice Stans27 d’origine belge, directeur du Bureau du Budget à la Maison-Blanche à jouer un rôle important pour faire accréditer la thèse belge de l’élimination de Lumumba qui selon lui représente un risque pour les intérêts américains et belges, intervint ensuite. De par son habitude de chasser le gros gibier et son père d’origine belge, Stans était considéré comme un expert du Congo à la Maison-Blanche. Après avoir déclaré que l’indépendance de l’Afrique avait été obtenue 50 ans trop tôt, il affirma que le véritable objectif de Lumumba était de chasser les Blancs et de s’emparer de leurs biens. Allen Dulles, Directeur de la CIA, intervint et confirme les accusations belges en affirmant que Lumumba était à la solde des Soviétiques.
Les notes de la réunion dissimulaient mal la colère d’Eisenhower. Il était « tout simplement inconcevable » que l’ONU soit contrainte de se retirer. Lorsque Dillon suggéra docilement qu’il serait difficile de maintenir des troupes de l’ONU au Congo sans la permission des Congolais, Eisenhower le réprimanda. Le monde était confronté à « un homme qui nous forçait à quitter le Congo » : « Lumumba soutenu par les Soviétiques »28.
C’est probablement à ce moment de la discussion que le président fit une déclaration fatidique. Robert Johnson, le preneur de notes officiel de la réunion, remarqua que le président se tournait vers Stans et Dulles. Puis, se souvint-il : « Le président Eisenhower a dit quelque chose – je ne me souviens plus de ses mots – qui m’a semblé être un ordre d’assassinat de Lumumba. » Quinze secondes de silence stupéfait suivirent la remarque d’Eisenhower, le temps que la salle assimile cette apparente directive. Ce n’était qu’une seule phrase, formulée de manière quelque peu euphémique, mais Johnson se souviendrait toujours du choc qu’il a ressenti à ce moment-là. De retour à son bureau pour taper ses notes, Johnson demanda à son supérieur ce qu’il devait faire de ce commentaire, mais on lui répondit de ne pas en parler. La seule trace écrite de cet ordre qui semble subsister provient des notes de Gerard Smith, directeur de la planification politique du Département d’État. Il s’agit d’une preuve, certes peu concluante : dans les marges de son bloc-notes, il a écrit « Lumumba » et, à côté, une croix en gras.
Le gouvernement américain refusait de soutenir Lumumba. La Belgique, encore sous le coup de la perte de sa colonie et excédée par Lumumba, était membre de l’OTAN et, pour des raisons de relations avec un allié américain, les responsables américains ont trouvé de bonnes raisons de garder Lumumba à distance et de l’éliminer.
Visite au Canada
En 1960, le premier ministre du Canada était John George Diefenbaker. Il était le 13e premier ministre du Canada, en poste du 21 juin 1957 au 22 avril 1963. Au cours de ses six années au poste de premier ministre du Canada, l’administration Diefenbaker adopta la déclaration canadienne des droits et accorda le droit de vote aux Amérindiens. En politique étrangère, Diefenbaker était le premier responsable en occident qui avait adopté une ligne dure contre l’apartheid en Union d’Afrique du Sud et le premier à demander l’exclusion du régime de l’apartheid au sein du Commonwealth of Nations.
Monsieur Diefenbaker s’est opposé au racisme et à la mise en œuvre de l’apartheid en Afrique du Sud. Ce qui a finalement forcé l’Afrique du Sud à se retirer du Commonwealth à partir de ce moment-là, monsieur Diefenbaker a eu un ascendant assez fort sur le Commonwealth29. Par ses prises de position à l’égard de l’apartheid et le droit de vote aux autochtones, le premier ministre Patrice Lumumba a eu l’écho et a souhaiter le rencontrer au Canada.30 Lumumba s’était rendu à Ottawa le 29 juillet 1960 dans l’espoir d’établir des relations commerciales bilatérales. Il cherchait à obtenir le soutien des pays étrangers, notamment du Canada, pour aider le Congo à surmonter les défis de son indépendance et à établir une démocratie stable.
Lumumba voulait également exposer au Canada ses ambitions pour le Congo, à relever les défis auxquels le pays étaient confrontés et a demandé le soutien du Canada pour la construction d’une nation prospère.
Optimiste, passionné pour sa visite au Canada
Patrice Lumumba, le Premier ministre du Congo, est venu demander au Canada une aide amicale sous forme de capitaux et de techniciens pour son jeune État. À son arrivé, dans la capitale fédérale du Canada, le premier ministre Patrice Lumumba a insisté lors de sa conférence de presse à Ottawa qu’il vient solliciter avec beaucoup d’espoir l’assistance du gouvernement et du peuple canadien pour son pays.30
Car nous avons un problème le plus urgent à combler. Après le départ des troupes belges, a-t-il dit. Nous voulons remettre en marche la machine administrative et économique du Congo avec l’aide canadienne31.
Le chef du gouvernement congolais était accueilli à son arrivée par M. Léon Balcer32, solliciteur général, au nom du gouvernement du Canada, un accueil digne d’un Chef d’État avec un détachement de l’aviation qui rendait les honneurs militaires tandis qu’une salve de 19 coups de canon était tirée pour l’honneur à M. Lumumba. Un diner a été offert par le Sénateur Balcer alors que Me Mark Drouin33 devrait offrir un déjeuner en l’honneur du premier ministre congolais après que celui-ci aura conféré avec le premier ministre canadien Diefenhaker. Malheureusement cette rencontre a été annulé suite aux pressions excercées par l’ambassadeur belge au Canada, Jean-Baptiste de Gérad qui a trouvé l’accueil réservé avec les honeurs miltaires à Lumumba aux yeux des belges inaceptable. Pourtant la visite de Lumumba faisait partie de son voyage à l’étranger pour présenter son pays au monde et chercher un soutien international, mais le premier ministre canadien John Diefenbaker s’était incliné devant les Belges et refusant de recevoir le Premier ministre congolais.
Mais l’avait réprimandé. Lumumba a reconnu ces sympathies, mais qualifiant le Canada anglais d’etre à la solde des belges.34 En plus, dans sa conférence de presse à Ottawa, Lumumba demandait de l’aide canadienne pour faire face à la guerre de sécession au Katanga et à l’agression belge. Les Canadiens rejetèrent ces demandes techniciennes et indiquèrent qu’ils achemineraient leur aide par l’intermédiaire de l’ONU. Le ministre des Affaires étrangères canadien de l’époque, Howard Green35, avait déclaré à la Chambre des communes : « Le gouvernement canadien continuera d’appuyer fermement l’action des Nations Unies au Congo et M. Hammarskjöld, qui, face aux plus grandes difficultés, a servi les nobles principes et objectifs de la Charte avec courage, détermination et une patience infinie ». Ottawa a soutenu Hammarskjöld même lorsqu’il s’est rangé du côté des sécessionnistes soutenus par la Belgique contre le gouvernement central. Vu les refus polis d’Ottawa, Lumumba décidant de se rendre au Québec, la province francophone du Canada pour négocier des accords de coopération en termes de formation et d’éducation36.
Visite à l’université McGill
À Montréal Lumumba avait prononcé un discours à l’Université McGill. Ce discours était une occasion pour lui de présenter son message aux étudiants et au public en général en demandant aux responsables de venir former les congolais et venir combler les vides laisser par les cerveaux belges.
Hôtel de ville de Montréal
Patrice Emery Lumumba fut accueilli chaleureusement à l’hôtel de ville de Montréal par le Maire Sarto Fournier et signé le livre d’or. Le Premier ministre Lumumba a été ému de cette accueille et avait souhaité que la ville de Montréal et le gouvernement du Québec puissent l’aider à relever les défis du développement de son pays dans tous les domaines36.


Visite à l’université de Montréal
Lumumba fut reçu avec allégresse à l’université de Montréal par M. André Bachand36 et le vice-recteur Mgr. Georges Deniger37.

RETOUR EN AFRIQUE
Frustré, par l’ingérence belge lors de ses visites aux Etats-Unis et au Canada. À son retour à New York, il fut contraint de se tourner vers l’ONU. L’attitude du gouvernement américain était devenue plus négative, en raison des rapports faisant état de viols et de violences commis par des soldats de l’ANC, et de la surveillance exercée par la Belgique.
Cette dernière était déçue que Lumumba ait reçu un accueil aussi chaleureux à Washington et à Ottawa38. Le gouvernement belge considérait Lumumba comme communiste, anti-blanc et anti-occidental. Forts de son expérience au Congo, de nombreux autres gouvernements occidentaux ont accrédité le point de vue belge39.
Frustré aussi par l’inaction apparente de l’ONU envers le Katanga lors de son départ des États-Unis, Lumumba décida de retarder son retour au Congo. Il se rendit dans plusieurs États africains. Il s’agissait apparemment de faire pression sur Hammarskjöld et, à défaut, d’obtenir des garanties d’un soutien militaire bilatéral pour réprimer la sécession du Katanga.
C’est dans ce contexte que Lumumba décident de retourner dans son pays après avoir visité en août, la Tunisie, le Maroc, la Guinée, le Ghana, le Libéria et le Togo. Il fut bien accueilli dans chaque pays et publia des communiqués conjoints avec leurs chefs d’État respectifs.
Visite au Maroc
C’est au nom de l’indépendance et de l’unité du Continent que Patrice Emery Lumumba sera reçu en grande pompe en août 1960 au Maroc. Avec à ses côtés le Prince héritier Moulay Hassan, le Roi Mohammed V décorera le premier ministre congolais en qualité de « Grand Cordon de l’Ordre du Trône ». Depuis, l’amitié, mieux la fraternité congolo-marocaine ne s’est jamais démentie. Chaque fois que le Congo a vu sa souveraineté menacée, le Royaume ne s’est pas fait prier pour répondre à l’appel de Kinshasa. »40

Dans des entretiens non publiés, réalisés peu avant son décès le 11 octobre 2021, le Conseillé du Roi M. Ahmed Snoussi41 raconte qu’à sa descente de l’avion à l’aéroport de Rabat-Salé, Lumumba a déclaré à la presse : » heureux d’etre au Maroc ». et de discuter sur les grands dossiers du Continent avec Le Roi Mohamed V.
Visite au Ghana
Patrice Lumumba a visité le Ghana en 1960, après l’indépendance du Congo belge. Sa visite a été importante pour la consolidation des relations entre les deux pays et a contribué à son rayonnement international Lumumba, Premier ministre du Congo indépendant, a été un fervent défenseur de l’indépendance africaine et de la solidarité panafricaine. Sa visite au Ghana, dirigé par Kwame Nkrumah, un autre leader indépendantiste influent, était symbolique de cette solidarité.
Cette visite visait à renforcer les liens politiques et économiques entre le Ghana et le Congo, ainsi qu’à promouvoir une politique africaine unie face aux défis de la décolonisation et du développement.

Au cours de cette visite du mois d’août au Ghana, Lumumba signa un accord secret avec le président Nkrumah prévoyant la création d’une « Union des États africains (UEA)»42.
Basée à Léopoldville, elle devait être une fédération dirigée par un gouvernement républicain. Ils convinrent à cet effet d’organiser un sommet des États africains à Léopoldville entre le 25 et le 30 août afin de discuter plus avant de la question. Lumumba retourna au Congo, apparemment confiant de pouvoir désormais compter sur l’assistance militaire africaine. Il pensait également pouvoir obtenir une aide technique bilatérale africaine, ce qui le mettait en contradiction avec l’objectif d’Hammarskjöld de canaliser le soutien par l’intermédiaire de l’ONUC. Lumumba et certains ministres se méfiaient de l’option onusienne, car elle leur fournirait des fonctionnaires qui ne répondraient pas directement à leur autorité.
Visite en Tunisie
Le 4 août 1960, le Premier ministre de la jeune République congolaise arrive à Tunis, où il est l’hôte du président Habib Bourguiba. Il est reçu par les membres du bureau politique du Néo-Destour, «le parti du Combattant suprême ». Le soir même, Lumumba rejoint Carthage pour y passer la nuit. Il y rencontre une délégation du GPRA. Absent en ce « jour interminable et caniculaire où il n’y avait plus d’autre cadran que celui du baromètre », ainsi qu’il le racontera plus tard, Serge Michel ignorait qu’une décision du gouvernement provisoire algérien le pousserait plus avant dans le brasier de la lutte anticoloniale. Lumumba, dont l’action à la tête du gouvernement du Congo indépendant était en butte à l’hostilité néocolonialiste et impérialiste, est alors régulièrement discrédité par la Belgique et la presse internationale. Lors de son séjour en Tunis, Il obtient le soutien total du Président Habib Bourguiba. Patrice Lumumba avait demandé à Bourguiba de lui fournir des experts pour l’aider à élaborer un plan de développement et prendre le contrôle de la Banque centrale, encore aux mains des Belge.

Conclusion
Le voyage de Lumumba en occident avait un triple aspect : Demander le retrait des troupes belges au Congo, négocier les accords de coopération avec les États-Unis et le Canada et solliciter de l’aide auprès des Nations Unies pour mettre fin à la sécession du Katanga. Mais l’acharnement des belges contre Lumumba ont eu raison jusqu’à la sacrifice suprême de sa vie.
Même en captivité ou mort, le charisme indéniable de Lumumba rendait les complices congolais, les États-Unis et la Belgique, nerveux. Ainsi, tandis que le monde entier réclame la libération de Lumumba ainsi que le Secrétaire général des Nations-Unies Dag Hammarskjöld. Ses représentants exigeaient également sa libération alors que Kasa-Vubu et Mobutu, avec l’aide de leurs mentors belges, cherchaient un moyen de s’en débarrasser définitivement.
L’acharnement belge contre Lumumba
La Belgique a mis en place plusieurs méthodes pour neutraliser Lumumba :
• Corrompre Lumumba (ce dernier avait catégoriquement refusé, il ne trahira jamais son pays)43
• Corrompre les politiciens congolais (Mobutu, Kasa-Vubu et l’entourage de Lumumba, une somme importante d’argent était allouée par le gouvernement belge à cet égard. C’est par Lieutenant-colonel de l’armée belge, Louis Marlière que passent les fonds secrets belges à destination du « groupe de Binza » (Mobutu, Bomboko, Nendaka, etc.
• Agression de 10 000 militaires belges au Congo, 10 jours seulement après l’Independence du Congo
• Créer une crise politique entre Lumumba et Kasa-Vubu
• Création d’une sécession du Katanga, orchestrée par la Belgique.
Malgré l’échec de ces méthodes. La Belgique ne reste pas inactive. Le retour de Lumumba des États-Unis et son périple en Afrique la rende encore plus nerveuse. Pour Bruxelles, dès le retour de Lumumba au Congo après sa tournée africaine fin août 1960, l’objectif est clair écarter Patrice Lumumba. Le Premier ministre belge Eyskens44 envoie un message à la mi-août au conseiller belge du président Kasa-Vubu, à Léopoldville : » Il faut démettre Patrice Lumumba « . Le ministre belge des Affaires étrangères, Wigny rassemble les arguments juridiques. Début septembre, deux diplomates belges installés à Brazzaville, dont Etienne Davignon, parlent d’un renversement du gouvernement selon nos vœux45 ».

Lumumba est demi de ses fonctions illégalement et arrêté.
Le ministre belge Wigny insiste, le 6 septembre, pour une arrestation immédiate de Patrice Lumumba : il est révoqué, il a violé la constitution, » le devoir des autorités congolaises est de le mettre hors d’état de nuire « . Il ajoutera le 10 septembre : » Je suppose que les ministres courageux se rendent compte que pareille opération ne peut réussir qu’une fois « . Et le lendemain : » Le gouvernement congolais doit paralyser Lumumba, déclarer qu’il est rebelle » Pour n’est pas permettre à Lumumba de réussir, les belges vont passer à une vitesse suprême « l’élimination directe de Lumumba » avec la complicité des congolais corrompus par le gouvernement belge afin d’accréditer la thèse de règlement politique entre les congolais. Le gouvernement belge est résolument engagé dans l’opération pour écarter Patrice Lumumba avant l’arrivée de l’administration Kennedy le 20 janvier 1960. Le 17 janvier 1961 Lumumba est assassiné sous les yeux des officiers belges. Bref le gouvernement belge a réussi à neutraliser Lumumba, mais ils n’ont pas réussi à tuer ses idées. 65 après, la Belgique n’a toujours pas le contrôle sur la RDC, ce sont les nouveaux acteurs tels que la Russie, la Chine, le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud. Ces nouveaux acteurs remettent en cause l’hégémonie occidentale et ont permis à ces pays de profiter de la mondialisation des marchés pour accroitre leurs développements économiques et constitués des leaders du Sud Global en mettant l’accent sur le monde multipolaire.

Dans cet ordre mondial en mutation, que les économies et les marchés mondiaux traverseront les plus de turbulences de l’histoire. L’avenir sera probablement et radicalement différent de ce que nous avons connu, nous assisterons non seulement à l’apparition des nouvelles puissances mondiales multipolaires (BRICS +) venant défier l’hégémonie de l’ordre mondial existant mais également la formation des nouvelles alliances dont les valeurs sont en train d’être remplacées par les intérêts. La domination des institutions de Bretton Woods sont concurrencées par les financements et les Investissements multipolaires des nouveaux pays émergents dont la RDC pourra tirer profit.
L’histoire du Congo renseigne que le gouvernement belge a gagné la bataille mais pas la guerre : les idéaux de Lumumba persistent et resteront toujours d’actualité. Lumumba «est entré dans la légende» et symbolise dorénavant la lutte des Africains pour la liberté. Il est évident que l’avenir du Congo est désormais lié, ad vitam aeternam, à la personne de Lumumba. Il fait partie de ces figures politiques dont l’ombre tragique continuera à planer de siècle en siècles. 65 ans plus tard, l’assassinat de Patrice Lumumba, premier ministre du Congo indépendant, reste une source de douleur et de frustration pour l’opinion publique congolaise et sa famille. Malgré le retour de la dépouille de Lumumba dans son pays natal et la reconnaissance tardive de la responsabilité morale de la Belgique dans son assassinat, bien que significative, ne satisfait pas les demandes de vérité et de justice de la population congolaise et de la famille Lumumba.
L’assassinat de Lumumba reste une blessure ouverte dans l’histoire congolaise et l’opinion publique congolaise continue de chercher des réponses à ses questions. Une enquête pénale (criminelle) est réclamée par la population congolaise pour déterminer la responsabilité des individus impliqués dans l’assassinat de Patrice Emery Lumumba46. •
(*) Jean Tele Udimba, Président de la Fondation Lumumbaville
Notes :
((1) Halen, Riesz, 1997
C:\Année 2025\Centenaire PE Lumumba\Lumumba Icone.pdf
Miniatures: The Figure of Patrice lumumba in the Global and the National Gontexts
C:\Année 2025\Centenaire PE Lumumba\Lumumba Icone.pdf
(2) Susan Williams est une historienne anglaise, spécialiste de la décolonisation. Chercheuse à l’Institute for Commonwealth Studies de l’Université de Londres, elle a écrit en 2021 White Malice. The CIA and the covert recolonization of Africa
(3) Ralph Bunche a joué un rôle crucial lors de la crise congolaise de 1960 en tant que médiateur et conseiller des Nations Unies, notamment lors de l’opération ONUC. Il a dirigé la plus grande et la plus difficile opération de maintien de la paix de l’ONU à ce jour, dans le Congo.
(4) https://www.lemonde.fr/archives/article/1960/07/25/m-lumumba-fait-route-vers-les-etats-unis-les-troupes-belges-commencent-a-quitter-leopoldville_3028495_1819218.html
(5) Kanza, Thomas R. (1994). The Rise and Fall of Patrice Lumumba: Conflict in the Congo (expanded ed.). Rochester, Vermont: Schenkman Books, Inc. ISBN 978-0-87073-901-9.
(6) https://www.dailymaverick.co.za/article/2021-10-26-collaborators-in-africa-did-britain-help-murder-an-african-leader-and-un-secretary-general/
(7) https://www.lemonde.fr/archives/article/1960/07/25/m-lumumba-fait-route-vers-les-etats-unis-les-troupes-belges-commencent-a-quitter-leopoldville_3028495_1819218.html
(8) https://www.nytimes.com/1960/07/25/archives/detwiler-tells-of-reds-congo-bid-financier-says-he-won-pact-to.html
(9) (82) Hoskyns, Catherine (1965). The Congo Since Independence: January 1960 – December 1961. London: Oxford University Press. OCLC 414961.
(10) Hoskyns, Catherine (1965). The Congo Since Independence: January 1960 – December 1961. London: Oxford University Press. OCLC 414961.
https://www.independent.co.uk/news/world/africa/eisenhower-ordered-congo-killing-711217.html https://www.independent.co.uk/news/world/africa/eisenhower-ordered-congo-killing-711217.html
(11) https://www.independent.co.uk/news/world/africa/eisenhower-ordered-congo-killing-711217.html
(12) https://www.independent.co.uk/news/world/africa/eisenhower-ordered-congo-killing-711217.html.
(13) https://www.politico.com/news/magazine/2023/10/17/patrice-lumumba-congo-washington-00121755
(14) Libre Belgique a critiqué Lumumba pour ses actions politiques et son supposé manque de capacité à gouverner, tout en soulignant les tensions politiques entre la Belgique et le Congo.
(15) William Burden, ambassadeur des États-Unis en Belgique dans les années 1960, a joué un rôle important dans l’évaluation par le gouvernement américain de Patrice Lumumba, premier Premier ministre du Congo. Ses observations et évaluations concernant Lumumba ont été transmises au gouvernement américain par télégrammes et rapports, reflétant une vision prudente, et parfois négative, du leadership de Lumumba.
(16) À la grande colère des Belges, Lumumba est reçu à Washington par le secrétaire d’État, Christian Herter, avec tous les honneurs dus à un chef d’État.
(17) Pierre Wigny a dû gérer les conséquences de l’indépendance, il a également été impliqué dans les négociations et les tensions avec le gouvernement de Lumumba, qui a été accusé de demander une aide internationale alors que la Belgique tentait de maintenir son influence au Congo.
(18.1) Patrice Emery Lumumba, le leader du mouvement d’indépendance congolais, a rencontré des professeurs et des étudiants de l’Université Howard, un collège historiquement noir, à Washington, D.C., en 1960. Il a partagé ses points de vue sur l’Afrique et la diaspora noire, soulignant particulièrement l’importance de comprendre l’histoire du continent au-delà de l’esclavage et de la colonisation.
(18.2) David Chappelle, dit Dave Chappelle, né le 24 août 1973 à Washington, D.C., est un humoriste, acteur, scénariste et producteur américain. Chappelle est un artiste populaire de la télévision américaine, notamment avec son émission de sketches Chappelle’s Show, diffusée sur Comedy Central de 2003 à 2006
(18) https://www.politico.com/news/magazine/2023/10/17/patrice-lumumba-congo-washington-00121755
(19) Dulles est considéré comme l’un des créateurs du système de renseignement américain moderne et a guidé les opérations clandestines pendant la Guerre froide . Il a établi des réseaux de renseignement dans le monde entier pour contrôler et contrer les avancées communistes soviétiques et est-européennes, ainsi que les mouvements communistes internationaux. En tant que directeur de la CIA, il est aussi impliqué dans un projet d’assassinat de Patrice Lumumba (janvier 1961), le Premier ministre du Congo-Léopoldville avec l’aide des agents belges.
https://www.nytimes.com/1981/08/02/magazine/the-cia-and-lumumba.html https://www.politico.com/news/magazine/2023/10/17/patrice-lumumba-congo-washington-00121755
(20) A. Reid est rédacteur en chef chez Foreign Affairs et auteur de The Lumumba Plot: The Secret History of the CIA and a Cold War Assassination, dont cet article est adapté pour cet article.
(21) https://www.politico.com/news/magazine/2023/10/17/patrice-lumumba-congo-washington-00121755
(22) Le Premier ministre du Congo Patrice Lumumba s’entretient avec le secrétaire d’État américain Christian Herter à Washington en juillet 1960 pour tenter de le convaincre.
(23) https://www.politico.com/news/magazine/2023/10/17/patrice-lumumba-congo-washington-00121755(24) https://www.cia.gov/readingroom/docs/CIA-RDP75-00001R000300050034-3.pdf
(25) Clarence Douglas Dillon, est un homme politique américain. Membre du Parti républicain, il est ambassadeur des États-Unis en France entre 1953 et 1957 puis secrétaire au Trésor entre 1961 et 1965 dans l’administration du président John F. Kennedy et dans celle de son successeur Lyndon B. Johnson. Au moment de la rencontre avec Lumumba, il était numéro deux du Département d’État.
(26) En 1960, pendant une période de troubles politiques intenses au Congo, le président américain Dwight D. Eisenhower et des représentants du gouvernement belge considéraient Patrice Lumumba, premier Premier ministre de la République démocratique du Congo, comme une menace communiste. Wikipédia. L’administration d’Eisenhower craignait les liens de Lumumba avec le communisme et le risque que le Congo devienne un satellite soviétique, ce qui a conduit la CIA à participer à sa destitution et à son assassinat en 1961.
(27) Maurice Stans était le fils de James Hubert Stans et Mathilda Stans (née Nyssen). Son père, James Hubert Stans, était lui-même le fils de Jan Hendrik Stans et Maria Catharina Crijns, un couple belge qui a immigré aux États-Unis en 1880. Maurice Stans avait des ancêtres belges. Il est le directeur financier du Comité pour la réélection du Président Nixon en 1972. Il a été impliqué dans le scandale du Watergate, en tant que responsable de financements électoraux illégaux, et a été condamné à payer une amende de 5 000 dollars.
(28) Le gouvernement américain, ainsi que la Belgique, craignaient que Lumumba ne soit aligné sur les idéologies communistes et que le Congo ne devienne un État satellite de l’Union soviétique. Influencer par les belges la politique américaine et les opinions d’Eisenhower sur Lumumba ont probablement influencé la politique américaine à l’égard du Congo, ce qui a finalement contribué à son assassinat.
(29) https://www.foreignpolicy.ca/patrice-lumumba-congo
(30) https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2793427
(32) https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/balcer-leon
(33) https://fr.wikipedia.org/wiki/Mark_Robert_Drouin
(34) https://www.pambazuka.org/how-un-and-canada-colluded-kill-lumumba
(35) https://www.foreignpolicy.ca/patrice-lumumba-congo
(35) https://www.thecanadianencyclopedia.ca/en/article/howard-charles-green
(36) André Bachand, En 1952, il se joint au personnel de l’Université de Montréal à titre d’assistant de Me Marcel Faribault alors Secrétaire général. Au début des année ’60, il apporte son concours aux démarches entreprises par le recteur Irénée Lussier qui ont amené la création de l’Association des universités partiellement ou entièrement de langue française (AUPELF). Pendant de nombreuses années, il y joue un rôle de toute première importance comme Secrétaire général adjoint de l’organisme dont le siège permanent est toujours à Montréal. Sa présence dans l’environnement immédiat de la direction de l’Université le conduit (1961) au poste d’adjoint au recteur et à celui de Directeur des relations extérieures de l’Université. Il s’y emploie avec zèle et compétence et devient (1966) Directeur du Fonds de développement de l’Université. Il fut impressionné par Patrice Emery lors de leurs échanges.
(37) Mgr Georges Deniger, dont la carrière à l’Université de Montréal s’est s’étendue sur une période de près de 30 ans. De 1944 à 1961, Georges Deniger occupe le poste de vice-recteur, où il est témoin, à son chagrin, de la prise en charge progressive des orientations de l’Université par le corps professoral. Lors de sa rencontre avec Patrice Lumumba, il déclara qu’il faut aider le Congo dans le domaine de la formation et de l’éducation.
(38) https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2793438
(39) Kanza, Thomas R. (1994). The Rise and Fall of Patrice Lumumba: Conflict in the Congo (expanded ed.). Rochester, Vermont: Schenkman Books, Inc. ISBN 978-0-87073-901-9.
(40) https://archive.challenge.ma/lumumba-premier-premier-ministre-congolais-present-dans-la-memoire-du-maroc-241574/
(41) Ahamed Snoussi, un personnage atypique comme bien d’autres hommes d’Etat marocains de l’époque, est devenu plus tard ambassadeur du Maroc dans plusieurs pays africains, puis ministre de l’Information avant de terminer sa carrière comme ambassadeur représentant permanent auprès des Nations Unies.
(42) Hoskyns, Catherine (1965). The Congo Since Independence: January 1960 – December 1961. London: Oxford University Press. OCLC 414961.
Kanza, Thomas R. (1994). The Rise and Fall of Patrice Lumumba: Conflict in the Congo (expanded ed.). Rochester, Vermont: Schenkman Books, Inc. ISBN 978-0-87073-901-9.
(43) https://www.lesoir.be/348994/article/2021-01-14/pourquoi-patrice-lumumba-est-devenu-un-mythe
(44) https://www.rfi.fr/fr/afrique/20210117-lumumba-treize-hommes-pour-un-crime-d-%C3%A9tat
(45) https://afridesk.org/congo-1960-episode-10-le-14-septembre-1960-le-premier-coup-detat-de-mobutu-et-l-elimination-politique-de-lumumba-francois-ryckmans/
(46) ttps://www.bbc.com/afrique/region/2012/12/121213_lumumba_congo_belgium Méga rencontre des dignes fils et filles de la province du Sankuru (RDC) en collaboration avec la Fondation Lumumbaville



