KOFI ANNAN

Stabilité politique et développement économique vont de pair

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Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies

Lors de son dernier discours en tant que Secrétaire général des Nations unies prononcé le 13 décembre 2006, Kofi Annan exhorte les États-Unis à ne pas perdre de vue leur idéal démocratique dans leur lutte contre le terrorisme. « Tous les membres du Conseil, et surtout les grandes puissances et les membres permanents, doivent prendre la grande responsabilité qui vient avec leur privilège». A la veille de quitter ses fonctions, il a demandé aussi à la communauté internationale à ouvrer pour la Paix et la sécurité dans le monde. Il a fait également la promotion d’une réforme du Conseil de sécurité. Il croit que la composition du Conseil reflète encore « la réalité de 1945 » au moment de sa création.

Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, la personnalité de Kofi Annan est à elle seule tout un symbole. Premier Noir à accéder à ces hautes fonctions, il est également le premier fonctionnaire à diriger l’ensemble de l’Organisation. Autre signe des temps ! Kofi Annan arrive au tournant de l’histoire à plus d’un regard: la fin de la guerre froide, le passage au XXIe siècle et au 3e millénaire. Mais que des défis à relever, notamment en ce qui concerne l’Afrique, terre natale du Secrétaire général de l’ONU! Les guerres frontalières, les catastrophes naturelles, l’endettement, la menace du rouleau compresseur de la mondialisation des marchés, le piétinement de la démocratisation, etc. Il n’empêche, Kofi Annan croit en l’avenir de l’humanité et, d’abord, de l’Afrique. Mais, dit-il, « stabilité politique et développement économique vont de pair ». Fidèle à une tradition aujourd’hui vieille de quatre ans, Diplomat Investissement l’a élu L’HOMME DE L’ANNÉE 2000 !

Le Secrétaire général de l’ONU est l’Invité du Magazine Diplomat Investissement. Nous livrons ci-dessous l’interview exclusive qu’il nous avait. De manière plus générale, je m’efforce depuis mon arrivée à la tête de l’ONU en 1997, de rendre l’organisation plus efficace et d’alléger ses structures. Nous avons planifié nos procédures administratives, introduit un mode de gestion plus collégial et considérablement amélioré la coordination entre les organismes très éloignés des Nations unies. La Vice-Secrétaire générale, Louise Fréchette, dont le poste a été créé dans le cadre de la réforme, est chargée, entre autres, d’assurer la cohérence de nos activités et de nos programmes. Tous ces efforts visent à renforcer l’efficacité de nos interventions, à l’aube du nouveau millénaire. Nos objectifs restent, pour leur part, inchangés depuis la création de l’ONU : paix, prospérité, justice sociale.

Magazine Diplomat Investissement : Monsieur le Secrétaire général, comment voyez-vous l’avenir de l’Afrique à l’aube de ce nouveau millénaire ?

Kofi Annan : Comme je l’ai dit dans mon rapport du millénaire, ce nouveau millénaire est à la fois l’occasion de se réjouir et de réfléchir. Cela est d’autant plus vrai pour l’Afrique qu’elle se trouve à un moment critique de son développement économique et politique. Quel bilan faites-vous des réformes majeures que vous vous efforcez de mettre en œuvre au sein de l’Organisation des Nations unies ? L’ONU doit devenir une organisation plus moderne, plus efficace et plus souple. Mais à moins que les États Membres ne soient prêts à envisager une réforme en profondeur des structures de l’Organisation, ce que nous pouvons faire reste très limité. Bien entendu, cela ne veut pas dire que le Secrétariat n’a pas de rôle à jouer. Nous pouvons et nous devons faire des recommandations pour que les États Membres puissent prendre les décisions nécessaires concernant la réforme. Aussi, j’ai demandé, il y a quelques mois, à un groupe d’experts éminents, présidé par l’ancien ministre des affaires étrangères de l’Algérie, Lakhdar Brahimi, d’étudier les moyens de renforcer les capacités de l’ONU en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales. L’Assemblée générale est, en ce moment même, en train d’examiner leurs recommandations, et j’espère sincèrement que les États Membres nous donneront les moyens d’aider les peuples qu`ils représentent en autorisant les changements et les améliorations proposées. Pour l`heure, l`Afrique a de multiples défis à relever. La pauvreté, les conflits endémiques, les maladies, dont en premier lieu le VIH/sida, sont autant de fléaux que le continent se doit de combattre avec toute son énergie. C`est en Afrique subsaharienne que l`on trouve le plus grand nombre de personnes vivant avec moins d`un dollar par jour. Ce dénuement entraîne son cortège de souffrances et ne fait qu`aggraver de nombreux autres problèmes. Les pays pauvres, en particulier ceux qui connaissent une inégalité profonde entre groupes ethniques et religieux, risquent beaucoup d`être entraînés dans des conflits que les pays riches. La pauvreté rend aussi les populations plus vulnérables aux maladies. Par ailleurs, les pays pauvres ne disposent pas souvent pas de capacités ni de ressources voulues pour mettre en œuvre des politiques écologiques rationnelles ; et cette situation compromet la subsistance précaire de leurs populations et accroît encore le dénuement. Nous ne pourrons briser ce cercle vicieux qu`en redoublant d`efforts et en agissant maintenant. La Communauté internationale a montré qu’elle était de plus en plus déterminée à venir en aide aux pays africains encore en proie à des troubles et à des tragédies. Ainsi, lors du Sommet du millénaire, les Chefs d’État et de Gouvernement se sont engagés à répondre aux besoins de l’Afrique et à aider les africains éliminer la pauvreté et à instaurer une paix et un développement durables, afin d’intégrer le continent dans l’économie mondiale. L’Afrique a évolué par bien des aspects. De plus en plus, les Africains cherchent des solutions africaines aux problèmes du Continent. Il est aussi encouragé de voir qu’après nombre de revers, la démocratie prend à nouveau racine dans tout le continent. Ce n’est certainement pas le moment de baisser les bras.

Pensez-vous que la mondialisation des marchés peut apporter au continent africain un complément de capitaux et d’expertise pour son décollage économique qui n’a que trop tardé ?

Oui, bien sûr, mais ceci nécessitera un effort et des pays industrialisés et des pays africains. Jusqu’à présent, l’Afrique est restée en marge de la mondialisation : la part qui lui revient des capitaux investis dans le monde et celle qu’elle apporte elle-même aux échanges internationaux restent trop faibles. Les pays riches ont un rôle indispensable à jouer pour aider le continent à s’intégrer pleinement dans l’économie mondiale. C’est pourquoi, j’espère qu’ils mettront rapidement en ouvre les mesures spéciales qu’ils se sont engagés à prendre lors du Sommet du millénaire, y compris l’annulation de la dette des pays les plus pauvres, l’amélioration de l’accès aux marchés pour les produits africains, l’accroissement de l’aide publique au développement et des flux d’investissements directs étrangers, ainsi que des transferts de technologies. De leur côté, les pays africains ont à revoir certaines de leurs politiques économiques qui handicapent leurs propres entreprises privées. Les États doivent desserrer leur mainmise sur l’activité économique et lever les barrières tarifaires élevées qui entravent les échanges commerciaux. Ils doivent aussi mener une lutte plus efficace contre la corruption, s’ils veulent attirer les investissements nécessaires à l’amélioration de leur productivité. Aujourd’hui, une grande partie des capitaux et de l’expertise vient du secteur privé. Nous devons donc encourager les partenariats avec le privé pour que l’Afrique puisse bénéficier des avantages de la mondialisation et non pas en subir uniquement les effets néfastes.

Selon le Secrétaire général des Nations unies, quelles conditions l’Afrique devrait-elle réunir pour assurer son plein développement?

Plus que jamais, il est reconnu, que sans démocratie, il ne peut y avoir de paix, et que sans paix, il ne peut y avoir de développement. C’est pourquoi, les dirigeants africains doivent s’attacher à renforcer la démocratie dans toutes ses dimensions, en organisant régulièrement des élections libres et transparentes, et en acceptant le verdict des urnes; en protégeant les droits de l’homme et ceux des minorités, et en facilitant la participation de toutes les couches de la société au développement de la Nation. Une culture démocratique favorise un partenariat dynamique entre les secteurs privé et public, et cette synergie bénéficie en retour à la démocratie et au respect des droits de l’homme.

Comment le Secrétaire général voit-il le rôle que devrait jouer l’ONU pour apporter la stabilité en Afrique, tant sur le plan politique qu’économique?

Comme je viens de le dire, stabilité politique et développement économique vont de pair. Les opérations que mène l’ONU dans plusieurs pays africains visent non seulement à ramener ou maintenir la paix, mais aussi à jeter les fondements d’une stabilité politique durable et d’un développement harmonieux bénéficiant à l’ensemble de la population. Ainsi, grâce aux efforts de l’OUA et du Président Bouteflika, l’Éthiopie et l’Érythrée ont signé tout récemment un accord de paix, mettant fin a un conflit de plus de trois ans et a fait des dizaines de milliers de morts. Nous sommes aujourd’hui en train de déployer des soldats de la paix sur le terrain pour aider les deux pays à réapprendre à vivre pacifiquement en voisins et à entreprendre la tâche essentielle de reconstruction. En Sierra Leone, notre mission de paix compte plus de 12 000 soldats, qui s’efforcent malgré des conditions difficiles, de restaurer la paix et la stabilité dans ce pays qui a tellement souffert. L’Accord de cessez-le-feu, signé en Novembre à Abuja, tient pour le moment. Mais la situation reste fragile et la vigilance est de mise. Je pense que la commission de vérité et de réconciliation que l’on est en train de créer, aura un rôle essentiel à jouer pour restaurer la cohésion nationale. En République Centrafricaine, après avoir stabilisé la situation et rétabli la sécurité, une opération de maintien de la paix a été remplacée par un bureau d’appui pour la consolidation de la paix. L’expérience montre qu’établir une paix durable dans un pays qui a été ravagé après la guerre est un travail de longue haleine et que le moindre progrès ne peut être maintenu qu’au prix d’efforts constants. L’ONU doit rester présente bien longtemps afin d’assurer une paix durable. Mais la plus grande et la plus importante partie de notre travail se fait dans le domaine du développement, et l’Afrique est au cœur de cet effort. À travers ses agences, ses fonds et ses programmes, l’ONU ne cesse d’ouvrer pour que le continent s’installe durablement sur la voie du développement et de la prospérité. Cette année, par exemple, nous avons pris des initiatives qui auront une influence directe sur le développement de l’Afrique. J’ai lancé en Avril à Dakar une nouvelle initiative des Nations unies :  » Les filles à l’école, tout de suite! « . L’objectif est de faire en sorte qu’à l’horizon 2015, tous les enfants achèvent l’école primaire et que les garçons et les filles aient accès, sur un pied d’égalité, à tous les niveaux d’instruction. Favoriser l’éducation des garçons au détriment de celle des filles est non seulement inacceptable, mais c’est aussi un mauvais calcul économique. L’expérience a montré qu’investir dans l’instruction des filles produit directement et rapidement des résultats en ce qui concerne la nutrition et la santé de toute la famille, un meilleur contrôle de la démographie, la réduction de la pauvreté et les performances économiques en général. À l’occasion du Forum africain du développement qui s’est tenu début décembre à Addis-Abeba, j’ai lancé officiellement le partenariat international contre le sida en Afrique au sein duquel se retrouvent les gouvernements africains, les Nations unies, les donateurs, le secteur communautaire et le secteur privé. Cette initiative, qui a déjà plusieurs réussites à son actif, traduit l’émergence, sur tout le continent, d’un nouvel esprit de coopération dans la lutte contre le fléau du sida. Nous avons aussi créé récemment une association de bénévoles – UNITES – qui interviennent dans les pays en développement pour apprendre aux populations à utiliser les vastes possibilités qu’offrent les nouvelles technologies de l’information pour le développement.

Quel bilan faites-vous des réformes majeures que vous vous efforcez de mettre en œuvre au sein de l’Organisation des Nations unies?

L’ONU doit devenir une Organisation plus moderne, plus efficace et plus souple. Mais à moins que les États Membres ne soient prêts à envisager une réforme en profondeur des structures de l’Organisation, ce que nous pouvons faire reste très limité. Bien entendu, cela ne veut pas dire que le Secrétariat n’a pas de rôle à jouer. Nous pouvons et nous devons faire des recommandations pour que les États Membres puissent prendre les décisions nécessaires concernant la réforme. Aussi, j’ai demandé, il y a quelques mois, à un groupe d’experts imminents, présidé par l’ancien ministre des Affaires étrangères de l’Algérie, Lakhdar Brahimi, d’étudier les moyens de renforcer les capacités de l’ONU en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales. L’Assemblée générale est, en ce moment même, en train d’examiner leurs recommandations, et j’espère sincèrement que les États Membres nous donneront les moyens d’aider les peuples qu’ils représentent en autorisant les changements et les améliorations proposés. De manière plus générale, je m’efforce, depuis mon arrivée à la tête de l’ONU en 1997, de rendre l’Organisation plus efficace et d’alléger ses structures. Nous avons simplifié nos procédures administratives, introduit un mode de gestion plus collégial et considérablement amélioré la coordination entre les organismes très éloignés des Nations unies. Nos objectifs restent, pour leur part, inchangés depuis la création de l’ONU : paix, prospérité, justice sociale et stabilité à long terme.

Quelles seraient, selon vous, les attentes des Africains par rapport à l’ONU et comment pensez-vous y donner suite?

Récemment, nous avons constaté que l’Afrique a fait des efforts courageux pour mieux être à même de régler ses conflits et ses crises, et en particulier, pour assumer un plus grand rôle en matière de maintien de la paix sur le continent. Il s’agit d’une évolution saine, qui doit être encouragée non seulement par la parole, mais aussi par des actes concrets. Mais la Communauté internationale ne doit pas pour autant se désengager de l’Afrique. Il ne serait pas juste de laisser la population du continent le plus pauvre du Monde et le plus ravagé par les conflits se débrouiller seule. Les Nations unies ont une responsabilité à laquelle elles ne se soustrairont pas. Les dettes publiques africaines représentent en 1995, 270 % de la valeur des exportations des biens et des services. Un tel endettement absorbe 40 % de la valeur annuelle des exportations africaines. D’autre part, les investissements directs étrangers (IDE) en Afrique représentent seulement 3 %. Comment l’ONU peut-elle aider les pays africains dans cette conjoncture? Il est bien évident que le fardeau écrasant de la dette extérieure est un des plus grands obstacles au développement de l’Afrique. Dans de nombreux pays pauvres, il entrave la croissance économique. En outre, le règlement du service de la dette en devises fortes empêche ces pays d’effectuer les investissements nécessaires dans les domaines de l’éducation et des soins de santé, et de faire face aux situations d’urgence. En 1996, la communauté internationale des donateurs a lancé une initiative visant à ramener la dette des pays pauvres très endettés à des niveaux viables. Des progrès ont certes été réalisés depuis, mais dans l’ensemble, la situation n’évolue que très lentement. Malgré les promesses faites par les pays industrialisés, les ressources nécessaires pour financer cette initiative n’ont pas encore été libérées et, dans la situation actuelle, on peut craindre que tout le progrès en ce sens se fasse au détriment de l’aide publique au développement. Depuis que j’ai pris mes fonctions de Secrétaire général, je ne cesse de plaider en faveur de l’annulation de la dette des pays les plus pauvres. Dans mon rapport du millénaire, j’avais engagé les pays donateurs et les institutions financières internationales à étudier la possibilité d’annuler toute la dette publique des pays pauvres très endettés et conviennent d’annuler toutes les dettes publiques bilatérales contractées par ces pays, s’ils démontrent, en contrepartie, leur volonté de lutter contre la pauvreté. Quant à la question de savoir comment attirer les investissements directs étrangers en Afrique, la solution passe, comme je l’ai dit précédemment, par la création d’un climat propice aux affaires à l’intérieur des pays, mais aussi, lorsque les réformes nécessaires ont été adoptées, par une meilleure information sur les possibilités d’investissements à l’attention des investisseurs potentiels. Tel est précisément l’objectif de l’initiative lancée par la Conférence des Nations unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) et la chambre de commerce internationale. Cette initiative comporte la publication d’une série de guides qui décrivent les possibilités et les conditions d’investissement dans les pays les moins avancés, et encouragent le dialogue entre les Gouvernements et les Investisseurs potentiels. Compte tenu de la réduction de l’aide au cours des années 9, ce type de collaboration est de plus en plus nécessaire pour faciliter le développement des pays les plus pauvres.

Pour terminer, Monsieur le Secrétaire général, quels sont les africains qui vous ont le plus marqué au cours du XXe siècle et comment voyez-vous l’Afrique de demain?

C’est une question à laquelle il m’est difficile de répondre. Parmi les Africains, hommes et femmes qui m’ont marqué se trouvent des Chefs d’État, des écrivains, mais aussi des gens simples que j’ai eu la chance de rencontrer lors de mes nombreux déplacements en Afrique. Cela dit, je peux vous citer quelques grands hommes qui m’ont inspiré et qui continuent de m’inspirer. Il y a Nelson Mandela, un modèle de courage et de sagesse pour l’humanité toute entière. Au lieu de profiter d’une retraite bien méritée, il continue d’ouvrer pour la paix en tant que facilitateur du processus de paix dans plusieurs pays. Celui que nous appelions « Mwalimu » le Professeur Julius Nyeréré a inspiré toute une génération par son attachement à la non-violence, à la démocratie et à la paix. Premier Président de la Tanzanie, il a su quitter le pouvoir de son plein gré, tout en laissant à son successeur un système démocratique qui fonctionne toujours. Je mentionnerais aussi les géants de la littérature africaine que sont Wole Soyinka et Chinua Achebe, ainsi que Léopold Sédar Senghor, autre grand de la littérature et de la politique dont l’influence a dépassé les frontières de l’Afrique. Enfin, j’évoquerai un grand de mon pays natal : Kwame Nkrumah. Premier Président d’un Ghana libre de ses chaînes coloniales, il a défendu sans relâche l’unité africaine et la recherche des solutions africaines aux problèmes de l’Afrique. Quant à l’Afrique de demain, je la vois forte et maîtresse de son destin. C’est une Afrique démocratique et respectueuse de l’État de droit et des droits de l’homme, où les populations pourront enfin vivre dans la dignité, à l’abri de la peur et du besoin. J’espère que cette Afrique-là verra bientôt le jour.

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