L’Allemagne, autrefois surnommée la « locomotive » de l’Europe, traverse une période de turbulences économiques majeures qui la place désormais en queue de peloton de la croissance européenne.En avril 2026, le gouvernement allemand a été contraint de revoir drastiquement ses ambitions à la baisse face à une économie atone :
- Croissance 2026 : La prévision a été divisée par deux, passant de 1,0 % à 0,5 %.
- Perspective 2027 : Elle est également abaissée à 0,9 %, contre 1,3 % initialement prévu.
- Comparaison européenne : Alors que des pays comme la France ou l’Espagne tirent la croissance de la zone euro, l’Allemagne stagne, pesant sur l’ensemble de l’économie européenne. tv5monde +3
Facteurs du ralentissement
La dégradation de la performance allemande s’explique par une accumulation de crises : tv5monde +1
- Chocs géopolitiques : Le conflit au Moyen-Orient et la guerre en Ukraine ont provoqué un choc énergétique durable, forçant le pays à se passer de l’énergie russe bon marché.
- Crise du modèle industriel : L’économie allemande, très dépendante de ses exportations (automobile, chimie, machines-outils), souffre de l’effondrement de la demande mondiale et des coûts d’exploitation élevés.
- Freins structurels : Une bureaucratie lourde, une fiscalité élevée et un besoin pressant de réformes structurelles profondes pour rester compétitif.
Malgré ces difficultés de croissance, l’Allemagne reste techniquement la première économie d’Europe et la troisième mondiale en termes de PIB nominal
Le choc énergétique provoqué par la guerre en Iran a conduit mercredi le gouvernement allemand à diviser par deux sa prévision de croissance pour 2026, et à souligner son besoin d’accélérer les réformes pour redresser la première économie européenne.
Berlin table désormais sur une croissance du Produit intérieur brut (PIB) de 0,5% cette année, contre 1,0% en janvier, puis de 0,9% en 2027, contre 1,3% auparavant.
« La reprise économique attendue cette année est une fois de plus freinée par des chocs géopolitiques externes », a déclaré la ministre de l’Economie, Katherina Reiche.
L’inflation devrait quant à elle atteindre 2,7% cette année, contre 2,1% attendu en janvier, et 2,8 % l’an prochain, tirée par les prix de l’énergie.
Berlin s’aligne globalement sur les principaux instituts de conjoncture économique du pays, qui ont déjà abaissé leurs prévisions début avril, à 0,6% de hausse du PIB pour 2026 et 0,9% pour 2027, sous l’effet de la forte hausse des coûts énergétiques liée à la guerre.
Dans ce contexte, Mme Reiche a souligné le « besoin de réformes structurelles profondes pour retrouver une économie en croissance et compétitive », le grand chantier du gouvernement du chancelier de Friedrich Merz au pouvoir depuis près d’un an.
Déjà affectée par le choc énergétique dû à la guerre en Ukraine, conséquence de sa forte dépendance au gaz russe, l’Allemagne « se situe de nouveau en bas du classement en termes de croissance au sein de l’UE, malgré d’importantes impulsions budgétaires », a résumé la ministre conservatrice (CDU) devant la presse.
Chez ses voisins, l’Italie légèrement revu mercredi sa prévision de croissance du PIB, à 0,6% en 2026, tandis que la France vise 0,9%.
