Par Dr. Hilaire Woma
La Paix et le Développement sont indubitablement corrélés: il ne peut y avoir de paix durable sans développement économique et social, de même qu’il ne peut y avoir de processus de développement sans établissement préalable d’un climat de paix. Paix, Développement et Démocratie sont intrinsèquement liés et sont comparables à un trépied qui perdrait son équilibre si un pied lui était enlevé. Il n’y a pas de paix sans développement, et ce dernier ne peut être réalisé que dans un environnement où prévaut la paix et dans lequel les principes démocratiques fondamentaux de justice, de liberté et des droits de l’homme sont reconnus et respectés.
Selon nos considérations, la construction de la paix est un processus en trois phases : faire la paix, la maintenir et la faire durer. Chacune de ces étapes requiert un ensemble de mesures politiques, économiques, humanitaires et sécuritaires qui leurs sont propres. Dans plusieurs sociétés post-conflits, on commence très vite à chercher les « dividendes de la paix » , souvent sous la forme de meilleures conditions de vie. Dans le but de satisfaire les attentes de la société et de faire durer la paix, un ensemble de mesures productrices de confiance sont nécessaires comme la réforme du secteur économique, la lutte contre la corruption et la mise en place des mécanismes de transition de l’aide d’urgence aux programmes de développement. Pour reformer l’économie, la relance du secteur privé est essentiel dans les pays sortant d’un conflit. Cela implique la réduction de trois caractéristiques post-conflit : le manque de confiance dans les affaires, le manque de capital et le manque d’infrastructures. En général, les économies post-conflit traversent une longue période de convalescence et le retour de la confiance et des investissements ne se fait que lentement.
Des politiques et des programmes novateurs sont nécessaires dans les phases de construction de la paix afin de relancer l’économie et de créer des emplois. Qu’en est-il de la corruption? La corruption est un problème mondial, systématiquement présent dans certains pays, et dont les conséquences sont néfastes pour le développement social et économique d’un pays. Les coûts de la corruption sont ressentis de façon disproportionnée par les pauvres, mais elle a aussi des conséquences sur le secteur privé, les investissements étrangers et l’environnement. Combattre la corruption n’est ni facile, ni rapide et requiert l’engagement politique des leaders nationaux et de la société civile. Satisfaire les besoins fondamentaux des populations est la tâche principale des humanitaires pendant et après les conflits, mais ce n’est pas le but des politiques de construction de la paix. En effet, les conditions relativement calmes de la période post-conflit sont une opportunité pour poser les bases du développement. La principale préoccupation est de s’assurer que le processus de réhabilitation profite aux plus vulnérables et promeut la réconciliation plutôt que d’engendrer la violence et de causer des tensions politiques.
