Un parfum de diplomatie parallèle plane sur le Caucase. Le président azerbaïdjanais, Ilham Aliyev, a confirmé la tenue d’une réunion hautement confidentielle à Bakou, entre le 12 et le 14 juillet 2026. Cette rencontre a réuni d’anciens hauts responsables allemands et des émissaires russes proches du Kremlin, avec pour objectif de jeter les bases de discussions sur la fin de la guerre en Ukraine.
C’est le journaliste Peter Barabas qui a révélé l’affaire, rapidement relayée par Euronews et Yahoo Actualités. Une révélation qui plonge Berlin et Bakou dans l’embarras, tout en mettant en lumière l’existence de canaux de discussion secrets parallèles aux voies diplomatiques officielles.
Une diplomatie de l’ombre à l’insu de Bakou
Fait marquant de cette affaire : les autorités azerbaïdjanaises affirment avoir été mises devant le fait accompli. Selon le président Ilham Aliyev, les délégations ont profité de la neutralité de l’Azerbaïdjan pour s’y retrouver en toute discrétion.
Ce n’est qu’après coup, en analysant les registres de vols et les mouvements aux frontières, que les services de renseignement locaux ont formellement identifié les participants. Le président azerbaïdjanais a toutefois tempéré l’incident, déclarant que si Bakou n’avait pas été notifié, son pays saluait l’initiative si elle pouvait contribuer à rétablir la paix dans la région.
Les visages du canal secret
Selon les investigations menées par le quotidien britannique The Times, la réunion a rassemblé des figures politiques de premier plan, bien que retirées des affaires officielles :
- Côté russe : La délégation comprenait Viktor Zoubkov, ancien Premier ministre et actuel président du conseil d’administration du géant gazier Gazprom, ainsi que Valery Fadeyev, président du Conseil présidentiel pour la société civile.
- Côté allemand : On note la présence de Ronald Pofalla, ancien chef de cabinet de la chancelière Angela Merkel, et de Matthias Platzeck, ancien ministre-président du Land de Brandebourg.
Pour les spécialistes, ce groupe d’influence s’apparente à une résurrection clandestine du Dialogue de Saint-Pétersbourg, un forum de discussion germano-russe historique qui avait été officiellement dissous en 2021 à la suite des tensions géopolitiques.
Berlin botte en touche et soupçonne une manipulation
Interrogé lors d’une conférence de presse commune à Berlin avec le président Aliyev, le chancelier allemand Friedrich Merz a affirmé « ne disposer d’aucune information » concernant ce déplacement. Le chef du gouvernement allemand a réitéré la position stricte de son pays : la fin du conflit dépend uniquement de la volonté de Vladimir Poutine de cesser les hostilités et d’engager de vraies négociations, ce qui n’est pas le cas actuellement.
En coulisses, la méfiance est de mise. Les services de sécurité allemands redoutent que ces anciens politiciens, traditionnellement favorables à un dialogue économique avec Moscou, ne soient instrumentalisés par le Kremlin. L’objectif de la Russie serait de mener une opération d’influence à grande échelle afin de tester la résilience de l’opinion publique allemande et de pousser à une paix rapide, aux conditions imposées par Moscou.

