Algérie : Qui est Khalida Boufedech, la première femme élue au « perchoir » de l’APN ?

C’est un séisme politique et un symbole fort. Le 28 juillet 2026, Khalida Boufedech a inscrit son nom dans l’histoire institutionnelle de l’Algérie en devenant la toute première femme élue à la présidence de l’Assemblée populaire nationale (APN). À 44 ans, cette médecin de formation accède à la troisième fonction de l’État, brisant un plafond de verre historique dans un paysage politique traditionnellement masculin.

Un plébiscite historique au Palais Zighoud Youcef

L’élection n’a laissé place à aucun suspense. Portée par le Front de libération nationale (FLN) et soutenue par une large coalition parlementaire, la députée d’Alger a recueilli 302 voix sur les suffrages exprimés. Elle devance ainsi largement ses concurrents directs, notamment le candidat du Mouvement de la société pour la paix (MSP, 57 voix) et celui du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, 7 voix).

En s’installant au perchoir pour la législature 2026-2031, Khalida Boufedech succède aux figures masculines qui ont历史quement dirigé la chambre basse du Parlement. Dans son premier discours officiel, elle a immédiatement affiché sa volonté d’ouverture en promettant d’être « la présidente de tous les députés, sans distinction d’appartenance politique », appelant à un débat démocratique constructif pour répondre aux défis économiques du pays.

De la blouse blanche aux bancs de l’Assemblée

Rien ne prédestinait initialement cette native de l’année 1982 à une accession si rapide aux plus sommets de l’État. Mère de deux enfants, Khalida Boufedech a d’abord mené une carrière scientifique rigoureuse. Diplômée de la faculté de médecine d’Alger en 2008, elle se spécialise en allergologie et en immunologie.

Pendant plus de quinze ans, elle exerce au cœur du système de santé public algérien, notamment au Centre hospitalo-universitaire (CHU) de Beni Messous. Son sens de l’organisation la propulse en 2023 au poste de cheffe de service à la Direction de la santé et de la population (DSP) de la wilaya d’Alger. C’est cette proximité avec les réalités du terrain et les préoccupations des citoyens qui va nourrir son engagement public.

Une ascension politique fulgurante

Parallèlement à sa carrière médicale, Khalida Boufedech tisse sa toile au sein du FLN, le parti historique majoritaire. Membre de son comité central, elle fait ses armes dans la politique locale :

  • À l’échelle communale : Elle est d’abord élue à l’Assemblée populaire communale (APC) de Bordj El Bahri.
  • À l’échelle de la capitale : Elle intègre ensuite l’Assemblée populaire de wilaya (APW) d’Alger, où elle peaufine sa maîtrise des dossiers législatifs et administratifs.

Le tournant majeur s’opère le 2 juillet 2026, lorsqu’elle est élue députée de la circonscription d’Alger lors des élections législatives. Moins d’un mois plus tard, elle est désignée par sa famille politique pour concourir à la présidence de l’institution, avant d’être sacrée par ses pairs.

Un symbole fort face au recul de la parité

L’élection de la懷nouvelle présidente intervient dans un contexte paradoxal. La nouvelle assemblée issue des urnes en 2026 enregistre une baisse significative de la représentation féminine, comptant seulement 25 femmes contre 118 lors de la législature de 2017.

Dans cette configuration, l’accession d’une femme au rang de troisième personnalité de l’État — juste derrière le président de la République et le président du Conseil de la nation — prend une dimension hautement politique. Pour de nombreux observateurs, le profil de Khalida Boufedech (technocrate, issue de la santé publique et pur produit de la méritocratie locale) incarne le renouvellement générationnel et le leadership féminin que les autorités algériennes cherchent à promouvoir sur la scène internationale.

Les yeux sont désormais tournés vers les premiers pas de la « Docteure Présidente », qui devra piloter des réformes législatives cruciales dans une Algérie en pleine mutation économique.

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