Le Parlement panafricain tape du poing sur la table face à la xénophobie en Afrique du Sud

Réuni en session à Midrand, le Parlement panafricain (PAP) a fermement condamné la nouvelle vague de violences qui frappe les ressortissants étrangers en Afrique du Sud. Face à un bilan humanitaire critique, l’institution exige des sanctions immédiates et une enquête de l’Union africaine.

MIDRAND, Johannesburg – L’indignation est générale au siège du Parlement panafricain. Alors que l’Afrique du Sud traverse une nouvelle crise migratoire et sociale majeure, les députés du continent ont profité de leur assemblée pour lancer un appel urgent à l’action. Les élus qualifient ces violences de « trahison flagrante » envers les idéaux de solidarité et de panafricanisme.

Un bilan humanitaire et diplomatique lourd

Les chiffres présentés lors des débats témoignent de la gravité de la situation. Au cours des deux derniers mois, les agressions ciblées ont causé la mort d’au moins quatre personnes et provoqué le déplacement interne de dizaines de milliers d’autres. Plus alarmant encore, un exode massif est en cours : plus de 160 000 ressortissants étrangers ont fui le pays, redoutant pour leur sécurité.

Cette crise sécuritaire ébranle directement la diplomatie de Pretoria. Les communautés zimbabwéennes, congolaises, malawites et nigérianes paient le tribut le plus lourd, exacerbant les tensions entre l’Afrique du Sud et ses voisins du continent.

L’Afrique de l’Ouest exige des sanctions

La réaction politique a été immédiate. Porté par le groupe parlementaire de l’Afrique de l’Ouest et son représentant, le député ivoirien Yao Yao Lazare, une motion officielle a été déposée sur le bureau du Parlement.

Ce texte exige deux actions fortes :

  1. Le déploiement d’une enquête indépendante menée par l’Union africaine (UA) sur le sol sud-africain.
  2. Des poursuites judiciaires strictes et des sanctions exemplaires contre les auteurs et les instigateurs de ces attaques.

Les townships sous haute tension

Sur le terrain, la crise couve depuis plusieurs semaines. Les violences ont franchi un palier critique après l’expiration d’un ultimatum fixé au 30 juin par des collectifs locaux anti-immigration. Dans les townships de Johannesburg et de Durban, la colère gronde, alimentée par un chômage endémique qui frappe 27 % à 33 % de la population active. Les migrants africains y sont régulièrement pris pour cibles, accusés à tort d’accaparer les emplois et de saturer des services publics déjà fragiles.

Face à la pression internationale et parlementaire, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a pris la parole devant l’hémicycle panafricain. Tout en présentant les excuses officielles de sa nation, le chef de l’État a exhorté ses pairs à ne pas céder à la division et à collaborer activement pour résoudre, ensemble, les causes socio-économiques profondes de la crise migratoire africaine.

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