FIFA : Gianni Infantino capitule et enterre son projet de privatisation

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a officiellement renoncé ce samedi 1er août 2026 à son projet controversé d’ouvrir le capital de l’instance aux investisseurs privés. Confronté à une révolte historique des confédérations continentales et à des menaces de boycott de la Coupe du Monde, le dirigeant suisse a publié un communiqué de repli pour stopper l’incendie.

Un projet de hold-up financier à 4 milliards

Révélé par surprise le mardi 28 juillet dernier, le plan d’Infantino prévoyait une révolution économique sans précédent dans l’histoire du sport mondial :

  • La création de la FFE : Une filiale commerciale baptisée FIFA Forward Enterprise (FFE) devait centraliser la gestion de toutes les compétitions, des droits TV, des licences et des sponsorings.
  • L’entrée de fonds privés : La FIFA prévoyait de céder 20 % des parts de la FFE à des investisseurs privés pour lever immédiatement 4,2 milliards de dollars, valorisant l’entité à 20 milliards.
  • Le chèque de la discorde : Pour s’assurer le vote des nations, Infantino promettait d’allouer une enveloppe exceptionnelle de 20 millions de dollars à chacune des 211 fédérations membres dès le début de l’année 2027.
  • Un vote au pas de charge : Un scrutin électronique secret avait été imposé aux fédérations avec une date limite fixée au 19 septembre 2026, une méthode qualifiée de « gouvernance par la peur » par ses opposants.

La fronde politique et le spectre du boycott

L’onde de choc de cette annonce a provoqué une union sacrée contre le projet en moins de 96 heures. L’alliance des forces continentales a rendu la position du président de la FIFA intenable.

L’UEFA a mené la charge en brandissant l’arme absolue : le boycott unanime de ses 55 fédérations membres pour les prochaines Coupes du monde. Dans la foulée, la Concacaf (Amérique du Nord et centrale) et la Confédération asiatique (AFC) ont formellement rejeté la proposition. Seule la Confédération africaine (CAF) avait temporisé en demandant un délai d’examen.

Au-delà de l’éthique sportive, le projet s’est embourbé dans des soupçons de conflits d’intérêts. Le fonds d’investissement américain Thrive Eternal, géré par Joshua Kushner (frère du gendre de Donald Trump), était pressenti comme le principal acheteur, mettant en lumière la proximité politique affichée entre Infantino et l’administration américaine.

Un président affaibli à l’aube de 2027

Dans son communiqué de renoncement, Gianni Infantino a tenté de sauver les apparences en déclarant que ce projet avait « engendré des divisions au lieu d’unir le monde du football ».

Ce recul total sonne comme un désaveu cinglant pour le dirigeant. L’UEFA a immédiatement réagi en affirmant que le président de la FIFA avait « perdu sa confiance ». À seulement quelques mois de l’élection présidentielle de la FIFA prévue en mars 2027, le roi Infantino, jusqu’ici intouchable et seul candidat déclaré, aborde sa fin de mandat dans une posture d’extrême fragilité politique.

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