L’Iran et le Sultanat d’Oman ont officiellement validé les coordonnées géographiques d’une nouvelle route de navigation dans le détroit d’Ormuz. Annoncé ce mercredi 5 août 2026 par le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, ce compromis technique vise à débloquer cette voie stratégique pour le commerce mondial du pétrole, paralysée depuis près de six mois.
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement un cinquième de la consommation mondiale de pétrole, est totalement bloqué depuis la fin du mois de février 2026, à la suite d’intenses frappes militaires menées par les États-Unis et Israël. Cet accord bilatéral de 60 jours représente la première avancée concrète pour la reprise du trafic maritime, bien que sa mise en œuvre reste suspendue aux tensions avec Washington.
Un partage technique des voies navigables
Selon le plan technique dévoilé par les autorités iraniennes, la réorganisation de la circulation maritime sépare le détroit en deux couloirs distincts :
- Le couloir entrant (vers le golfe Persique) : Placé sous le contrôle direct et exclusif de l’Iran.
- Le couloir sortant (vers le golfe d’Oman) : Situé dans les eaux territoriales omanaise.
Une condition cruciale a été intégrée à la demande de la République islamique : tous les navires commerciaux devront coordonner leur passage avec les autorités de Téhéran, y compris lorsqu’ils navigueront dans la zone sous souveraineté d’Oman. Un communiqué conjoint des deux nations doit formaliser ces modalités d’ici peu.
Le défi des péages et le blocus américain
Si le compromis technique est scellé entre Téhéran et Mascate, l’épineuse question financière et politique continue de diviser les acteurs internationaux. L’Iran, qui exigeait initialement une taxe obligatoire de 5 % à 7 % sur la valeur des cargaisons, a dû revoir ses ambitions face au refus catégorique des puissances occidentales. Le projet actuel évoque désormais des « frais de service volontaires » officiellement dédiés à la sécurité, à l’environnement et au déminage de la zone.
La réouverture effective dépendra toutefois de la position des États-Unis. Le gouvernement iranien maintient qu’aucune navigation sécurisée ne sera possible tant que le blocus naval américain sur ses propres ports ne sera pas levé. De son côté, le président Donald Trump s’est montré optimiste quant à une réouverture imminente, tout en menaçant Téhéran de frappes massives en cas de maintien du blocage pétrolier.
Les armateurs internationaux observent la situation avec prudence, suspendus au déminage effectif de la zone médiane du détroit et aux risques juridiques liés aux sanctions américaines.

