Dans une allocution télévisée sans précédent, le président iranien Massoud Pezeshkian a publiquement reconnu les difficultés à joindre le Guide suprême, invisible depuis sa nomination en mars dernier. Une sortie qui relance les spéculations sur l’état de santé du dirigeant et la réalité du pouvoir à Téhéran.
C’est une confession rare au sommet de la République islamique qui lève un coin du voile sur une crise institutionnelle latente. Lors d’une intervention sur la télévision d’État, le président Massoud Pezeshkian a déclaré que la communication avec le Guide suprême, Mojtaba Khamenei, était « très difficile en ce moment ».
Cette déclaration intervient alors que le pays traverse une transition de pouvoir inédite, sur fond de vives tensions géopolitiques régionales.
Un soutien teinté d’aveu d’impuissance
Tout en admettant le caractère complexe des échanges actuels avec le bureau du Guide, le président Pezeshkian a tenté de maintenir une façade d’unité. Il a ainsi qualifié la présence de Mojtaba Khamenei d’« atout majeur pour nous, qui nous permet de continuer ».
Face aux rumeurs de divisions internes, le chef de l’exécutif a également fustigé les « personnes malveillantes » qui tenteraient, selon lui, de ternir délibérément l’image du numéro un iranien. Malgré ces éléments de langage protecteurs, la reconnaissance publique d’un blocage de communication au plus haut niveau de l’État constitue un aveu de faiblesse institutionnelle inédit pour le régime.
L’ombre d’un Guide suprême invisible
Pour les observateurs de la politique iranienne, les propos du président confirment les doutes qui pèsent sur la transition à la tête du pays. Mojtaba Khamenei a succédé à son père, Ali Khamenei, après que ce dernier a été tué le 28 février lors des frappes massives menées par Israël et les États-Unis.
Blessé lors de ces mêmes attaques, le nouveau Guide suprême n’est jamais apparu en public depuis sa nomination officielle en mars. La direction du pays s’effectue exclusivement par le biais de déclarations écrites qui lui sont attribuées par son entourage direct.
Spéculations autour d’une vacance du pouvoir
Cette absence prolongée, marquée notamment par son invisibilité lors des funérailles officielles de son père en juillet, alimente les spéculations au sein des services de renseignement internationaux. Plusieurs rapports suggèrent que l’état de santé de Mojtaba Khamenei pourrait le rendre inapte à gouverner, ou qu’il se trouve actuellement dans une structure médicale hautement sécurisée et secrète.
La sortie médiatique de Massoud Pezeshkian, loin de dissiper le mystère, risque d’accentuer le sentiment de flou artistique qui entoure la réalité du commandement en Iran.

