Alors que le mouvement islamiste palestinien a donné son accord à la nouvelle feuille de route de Washington, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou oppose un refus catégorique. Le processus de paix se retrouve une nouvelle fois dans l’impasse, sur fond de calculs électoraux à Tel-Aviv.
Jérusalem – Le fossé diplomatique se creuse à nouveau au Proche-Orient. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a officiellement rejeté la feuille de route en 15 points présentée par le « Conseil de paix » du président américain Donald Trump. Ce document, destiné à lancer la deuxième phase du plan de paix pour la bande de Gaza, avait pourtant reçu le feu vert du Hamas. Ce revirement fige les négociations et pousse le mouvement palestinien à en appeler directement à l’arbitrage de Washington.
Le désarmement, point de rupture absolu
Pour le gouvernement israélien, les conditions d’un retrait militaire de l’enclave ne sont pas réunies. La feuille de route américaine proposait un mécanisme synchronisé reliant le retrait progressif des forces israéliennes au désarmement par étapes des factions palestiniennes.
Une approche jugée inacceptable par Benjamin Netanyahou, qui exige l’abandon immédiat et total de « toutes les armes », lourdes comme légères. Dénonçant le risque d’un « désarmement fictif », le dirigeant israélien a réaffirmé son opposition stricte à la création d’un État palestinien et maintenu que l’armée israélienne devait conserver le contrôle de la majeure partie du territoire de Gaza.
Le Hamas s’en remet à Washington
De son côté, le Hamas a surpris en validant le texte américain. Le mouvement islamiste estime que le plan offre des garanties suffisantes en liant la reddition de ses armes à la fin de l’occupation militaire de l’enclave.
Face au blocage de Tel-Aviv, la direction du Hamas a officiellement interpellé les États-Unis et les pays médiateurs. Elle leur demande d’exercer des pressions directes sur le cabinet israélien pour éviter que le processus de paix ne devienne l’otage de considérations de politique intérieure.
L’ombre des législatives d’octobre en Israël
Ce rejet intervient dans un contexte politique ultra-sensible en Israël. À l’approche des élections législatives prévues en octobre, la base électorale de droite et les alliés d’extrême droite du gouvernement accentuent la pression sur Benjamin Netanyahou. Pour ces derniers, toute concession territoriale ou diplomatique est perçue comme une capitulation, poussant le Premier ministre à durcir sa posture pour préserver sa coalition.
Pourtant, la diplomatie américaine tente de sauver son plan. Nikolaï Mladenov, haut représentant du Conseil de paix américain, est intervenu dans les médias israéliens pour défendre le projet, l’évaluant comme « la seule voie à suivre ». Il a tenté de rassurer Israël en affirmant qu’aucun retrait définitif ne serait opéré sans une vérification stricte et sur le terrain du désarmement des militants. Des garanties qui, pour l’instant, n’ont pas suffi à faire fléchir Tel-Aviv.

