Diplomatie nucléaire : Donald Trump évalue l’arsenal de Pyongyang à « 57 armes nucléaires » et annonce un sommet imminent

Le président américain Donald Trump a jeté un pavé dans la mare géopolitique en affirmant que la Corée du Nord possède très exactement « 57 armes nucléaires », une déclaration d’une précision inhabituelle pour des données stratégiques d’ordinaire ultra-confidentielles. S’exprimant devant des journalistes à la Maison-Blanche lors d’une visite de chantiers en cours, le locataire de l’exécutif américain a profité de l’occasion pour pointer du doigt la gestion de ses prédécesseurs tout en ouvrant la voie à une reprise rapide du dialogue avec Kim Jong-un.

Un chiffre précis qui bouscule les estimations

L’annonce de Donald Trump marque une rupture majeure avec le flou artistique traditionnellement entretenu par les agences de renseignement sur les capacités réelles de Pyongyang.

  • Le reproche politique : En qualifiant ces ogives de « très puissantes », le milliardaire de 80 ans a fustigé l’inaction historique de Washington. « Cela n’aurait jamais dû arriver. (…) Si j’avais été président, je ne l’aurais pas permis », a-t-il martelé, omettant au passage l’avancée continue du programme nord-coréen.
  • La contre-expertise de Séoul : La réaction de la Corée du Sud ne s’est pas fait attendre. Quelques heures après la sortie américaine, le ministre sud-coréen de la Défense, Ahn Gyu-back, a livré une tout autre version devant les parlementaires à Séoul. Selon les services secrets sud-coréens, l’arsenal réel de la dictature communiste oscillerait plutôt entre 80 et 120 armes nucléaires.

Un quatrième sommet Trump-Kim en préparation pour l’automne

Au-delà des chiffres, cette sortie médiatique sert de rampe de lancement à une offensive diplomatique d’envergure. Donald Trump a formellement confirmé qu’il rencontrera le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un avant la fin de l’année 2026.

D’après des indiscrétions partagées par le Wall Street Journal, cette quatrième entrevue historique entre les deux dirigeants pourrait se concrétiser dès le mois de novembre, en marge du sommet de l’APEC (Coopération économique Asie-Pacifique) prévu à Shenzhen, en Chine. L’objectif affiché du président américain reste inchangé depuis son premier mandat (2017-2021) : capitaliser sur sa relation personnelle « excellente » avec Kim Jong-un pour négocier un accord de dénucléarisation.

Tensions dans le Pacifique : Séoul sacrifié sur l’autel du dialogue ?

Pour prouver sa bonne foi et faciliter la reprise des discussions, Donald Trump a pris une décision radicale qui suscite de vives inquiétudes chez ses alliés asiatiques. Il a ordonné d’écourter drastiquement les exercices militaires conjoints (baptisés Ulchi Freedom Shield) qui se déroulaient entre les forces américaines et l’armée sud-coréenne.

EXERCICES MILITAIRES CONJOINTS (UFS) :

[ Initialement prévus jusqu’au 27 août ] ──> Écourtés à la demande de Washington ──> [ Fin définitive : ce vendredi ]

Le président américain a qualifié ces manœuvres de « très insultantes » et de « signal hostile » envers Pyongyang. Une décision unilatérale : le ministre des Affaires étrangères sud-coréen, Cho Hyun, a publiquement concédé devant son Parlement que Séoul n’avait pas été prévenu à l’avance de ce revirement stratégique américain.

Une reprise des négociations à double tranchant

Alors que le Pentagone tente de rassurer en affirmant préserver l’essentiel de ses objectifs militaires dans la région, les experts rappellent que la suspension ou la réduction des exercices militaires a toujours été une condition sine qua non imposée par la Corée du Nord pour revenir à la table des négociations.

Si Kim Yo-jong, la très influente sœur du leader nord-coréen, a affirmé ne pas être au courant de canaux de communication secrets récemment activés, elle a toutefois rappelé que l’entente entre les deux chefs d’État demeurait intacte. Reste à savoir si cette diplomatie directe permettra d’obtenir de réelles concessions de la part d’un pays qui, techniquement, est toujours en guerre avec son voisin du Sud depuis l’armistice de 1953.

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