Une nouvelle étape cruciale vient d’être franchie dans le rapprochement stratégique entre Moscou et les autorités de l’est libyen. Le général de corps d’armée Saddam Haftar, commandant en chef adjoint de l’Armée nationale libyenne (ANL) et fils du maréchal Khalifa Haftar, a effectué une visite diplomatique de premier plan à Moscou le mercredi 19 août 2026. Reçu directement au Kremlin par le président russe Vladimir Poutine, puis par le ministre de la Défense Andreï Belooussov, le jeune dirigeant militaire consolide l’ancrage de la Russie en Libye, sur fond de restructuration sécuritaire et de succession politique.
L’accent mis sur la modernisation militaire et la formation
Au cœur des discussions de haut niveau figurait l’accélération de la coopération militaire bilatérale. Alors que l’ANL cherche à moderniser ses structures, les échanges ont porté sur des programmes concrets visant à pérenniser l’influence opérationnelle russe sur le terrain :
- Entraînement tactique : Développement de nouveaux modules d’instruction pour élever le niveau de préparation au combat des troupes de l’ANL.
- Formation des officiers : Renforcement des compétences de l’encadrement libyen via l’expertise militaire russe.
- Soutien logistique : Pérennisation des accords de défense pour faire face aux menaces sécuritaires régionales.
Un double enjeu : Succession à Benghazi et projection russe en Afrique
Pour Saddam Haftar, ce déplacement sous les projecteurs du Kremlin sonne comme une consécration. Récemment promu au sommet de la hiérarchie militaire par son père, cette visite officielle appuie sa stature internationale et l’impose un peu plus comme le successeur désigné au pouvoir à Benghazi.
Pour la Russie, la Libye demeure une pièce maîtresse de sa stratégie d’expansion. En verrouillant son partenariat avec l’ANL, Moscou sécurise non seulement ses positions en Méditerranée orientale, mais consolide également sa principale porte d’entrée logistique vers le Sahel, où son influence auprès des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) ne cesse de croître.
Une offensive diplomatique synchronisée
Cette visite moscovite s’est inscrite dans une séquence politique parfaitement orchestrée par le clan Haftar. Au même moment, le maréchal Khalifa Haftar se trouvait au Caire pour s’entretenir avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Cette double démarche simultanée auprès de leurs deux principaux parrains – la Russie et l’Égypte – démontre la volonté de l’Est libyen de solidifier ses alliances face aux pressions internationales qui poussent à l’unification des institutions de la Libye.

