Après l’échec des négociations bilatérales et l’imposition de surtaxes américaines, le ton monte entre l’administration Trump et le gouvernement de Mark Carney. Washington agite la menace de représailles dévastatrices face aux projets de contre-tarifs d’Ottawa.
Le spectre d’une guerre commerciale ouverte plane sur l’Amérique du Nord. L’administration Trump a formellement mis en garde le Canada contre toute tentative de réplique aux récentes sanctions douanières américaines. Intervenant sur les chaînes de télévision américaines, le secrétaire aux Transports, Sean Duffy, a qualifié d’« insensée » l’idée pour Ottawa d’engager un bras de fer économique avec son puissant voisin, prédisant des conséquences « dévastatrices » pour l’économie canadienne.
Cette sortie cinglante intervient alors que le Premier ministre canadien, Mark Carney, a promis de répliquer « dollar pour dollar » aux taxes américaines. Une position jugée irréaliste par Washington, qui rappelle la dépendance historique du Canada, dont près de 70 % des exportations sont destinées au marché américain. De son côté, le président Donald Trump a enfoncé le clou sur ses réseaux sociaux, accusant Ottawa de vouloir « tous les avantages d’être un État américain sans en être un ».
Un dialogue de sourds et des exigences jugées inacceptables
À l’origine de cette crise brutale : l’effondrement des négociations qui devaient désamorcer les tensions tarifaires. Les États-Unis ont mis à exécution leur menace en imposant des droits de douane de 50 % sur environ 20 milliards de dollars de marchandises canadiennes, ce qui représente 5,5 % du total des exportations du Canada vers les États-Unis.
Selon des sources proches du dossier, les discussions ont achoppé sur des exigences américaines jugées disproportionnées par Ottawa. Washington réclamait notamment un droit de regard restrictif sur les futurs accords internationaux que le Canada pourrait signer, ainsi que la fin de certaines subventions culturelles, visant indirectement les protections de la minorité francophone.
Face à ce qu’il a qualifié de « mauvais accord », Mark Carney a choisi la ligne de la fermeté, refusant de céder à la pression de la Maison-Blanche.
La riposte canadienne programmée pour le 8 septembre
Le Canada n’entend pas rester passif. Le gouvernement fédéral prépare une liste de contre-mesures ciblées qui entreront en vigueur le 8 septembre prochain. Ces représailles viseront des secteurs stratégiques de l’économie américaine, notamment :
- La sidérurgie (acier et aluminium)
- Le secteur agricole (produits laitiers et équipements agricoles)
- Les biens de consommation (notamment l’électroménager)
Si Ottawa espère ainsi faire pression sur les législateurs américains des États exportateurs, le pari reste risqué. Les milieux économiques des deux côtés de la frontière s’inquiètent déjà d’une rupture des chaînes d’approvisionnement intégrées, en particulier dans l’industrie automobile. Alors que l’échéance du 8 septembre approche, les appels au calme des milieux d’affaires se multiplient, mais la rhétorique politique, elle, semble avoir atteint un point de non-retour.

