C’est ce que l’on appelle un rétropédalage express. Face au tollé suscité par la fuite d’un document de travail, le gouvernement allemand a enterré en quelques heures l’idée d’élargir sa future taxe soda aux boissons édulcorées et sans sucre.
Berlin – Le ministre des Finances, Lars Klingbeil, a dû éteindre l’incendie en urgence. Un projet interne prévoyant de taxer les boissons « Zero », les bières sans alcool et certains produits laitiers a fuité dans les médias, provoquant l’incompréhension générale. Qualifiée d’« absurde » par le ministre lui-même, cette extension a été définitivement abandonnée.
Une fuite administrative qui passe mal
Le document de travail, issu des ministères de la Santé et des Finances, prévoyait une taxe progressive allant de 26 à 38 centimes par litre sur les boissons contenant des édulcorants.
L’objectif affiché par l’administration était purement comptable : générer entre 2 et 4 milliards d’euros de recettes annuelles. Une manne financière destinée à renflouer les caisses du système de santé public allemand, lourdement déficitaires.
Le « Zéro » sauvé, le sucre toujours ciblé
La pilule n’est pas passée auprès de la coalition au pouvoir, ni auprès des consommateurs. Taxer des produits sans calorie au nom de la santé publique a rapidement été jugé incohérent. Lars Klingbeil a immédiatement clarifié la situation, rappelant qu’il ne s’agissait que de « réflexions techniques » sans aucun accord politique.
Si le Coca Zéro et ses équivalents échappent à la taxation, le projet principal reste inchangé. L’Allemagne introduira bien sa taxe sur les boissons sucrées l’année prochaine.
Ce dispositif, qui devrait rapporter environ 650 millions d’euros à l’État, vise deux objectifs :
- Pousser les industriels à revoir leurs recettes (baisse du taux de sucre).
- Lutter activement contre l’obésité et le diabète.
Avec ce recul, l’Allemagne s’aligne sur la majorité de ses voisins européens, qui séparent strictement le sucre réel des alternatives édulcorées.

