Le Venezuela place son pétrole sous tutelle américaine : signature d’accords énergétiques historiques à Caracas

Neuf mois après l’intervention militaire américaine qui a renversé le régime de Nicolás Maduro, le paysage énergétique du Venezuela vient de basculer définitivement. Mercredi 2 septembre 2026, la présidente vénézuélienne par intérim, Delcy Rodríguez, a signé une série d’accords pétroliers et électriques majeurs avec plusieurs multinationales. C’est sous la supervision directe du ministre américain de l’Énergie, Chris Wright, dépêché par la Maison-Blanche, que cette refonte stratégique a été scellée.

Ces signatures concrétisent le projet de l’administration de Donald Trump : relancer massivement l’appareil productif du pays d’Amérique du Sud pour redessiner la carte mondiale des flux de brut.

Le retour en force des multinationales

L’effondrement de l’infrastructure vénézuélienne et les années de sanctions économiques laissent place à un vaste plan de restructuration industrielle. Les géants occidentaux se partagent désormais les richesses de la ceinture de l’Orénoque :

  • Chevron (États-Unis) : Partenaire historique du pays, le géant américain obtient l’accès à de nouveaux gisements hautement stratégiques. L’objectif affiché est ambitieux : faire passer sa production à 600 000 barils par jour d’ici cinq ans, soit plus du double de ses capacités actuelles.
  • Eni (Italie) : La multinationale européenne s’impose comme un acteur clé en décrochant le rôle d’opérateur exclusif pour l’exploitation du bloc Junin 5, l’un des plus grands gisements pétroliers de la région.
  • GE Vernova (États-Unis) : Au-delà du brut, la reconstruction du pays passe par l’électricité. La branche énergétique issue de l’ancien conglomérat General Electric a signé un contrat d’envergure pour réhabiliter le réseau électrique vénézuélien, miné par des années de blackouts chroniques.
  • Primavera (Venezuela) : Symbole d’une participation locale résiduelle, cette entreprise nationale a obtenu l’exploitation de deux champs pétroliers plus modestes.

« Le plus grand accord pétrolier de l’histoire »

Ces contrats découlent directement de l’accord bilatéral historique signé le 28 août dernier. Qualifié par Donald Trump de « plus grand accord pétrolier de l’histoire mondiale », ce pacte confère de facto à Washington un contrôle majoritaire sur plus de 65 milliards de barils de réserves de brut, répartis sur 17 champs stratégiques.

Pour consolider son emprise, la Maison-Blanche a également acquis une participation de 35 % dans North American Blue Energy Partners (Nabep), le deuxième plus important producteur privé du pays. L’accord stipule que les États-Unis achèteront 20 % de la production de Nabep à prix coûtant afin d’alimenter directement leurs raffineries du Golfe du Mexique. Une manœuvre explicitement pensée par le président américain pour faire baisser les prix des carburants à la pompe sur le sol américain, à quelques semaines des élections de mi-mandat de novembre 2026.

Une souveraineté sous surveillance

Face aux critiques criantes d’une mise sous tutelle coloniale, la présidente par intérim Delcy Rodríguez s’est empressée de marteler que le Venezuela conservait la souveraineté théorique sur son sous-sol. Une rhétorique qui peine à masquer la réalité financière : Washington a certes annoncé un allègement majeur de ses sanctions, mais a imposé une condition stricte. L’intégralité des bénéfices, redevances et taxes générés par ces accords devra transiter par un fonds sous contrôle américain, et ce, jusqu’à l’établissement d’un gouvernement pleinement démocratique.

Le retour aux urnes n’est toutefois pas pour tout de suite. Donald Trump a récemment déclaré que le Venezuela n’était « pas encore prêt » pour des élections de grande ampleur. En coulisses, le secrétaire d’État américain Marco Rubio tente de maintenir le dialogue ; des discussions de transition politique doivent s’ouvrir d’ici dix jours entre le pouvoir intérimaire et les différentes factions de l’opposition vénézuélienne, sous l’œil attentif de Washington.

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