Face au blocage persistant de l’une des voies navigables les plus stratégiques de la planète, Téhéran et Mascate ont conclu un accord-cadre temporaire. Ce compromis vise à sécuriser le transit et à poser les bases d’un partage des revenus liés à la navigation, malgré la vive opposition de Washington.
Dans un contexte régional lourdement marqué par les tensions militaires et économiques, l’Iran et le Sultanat d’Oman viennent de franchir une étape diplomatique majeure. Les deux pays riverains du détroit d’Ormuz ont officialisé la signature d’un pré-accord crucial destiné à rétablir partiellement la circulation maritime, paralysée par les récents conflits.
Un « couloir temporaire » pour débloquer le transit
L’annonce, relayée conjointement par les ministères des Affaires étrangères des deux nations et les Gardiens de la Révolution iraniens, prévoit la mise en place immédiate d’un tracé de transit provisoire pour une phase d’évaluation de 30 à 60 jours.
Selon les termes de l’accord, une sectorisation stricte a été établie :
- Flux entrant : Les navires pénétrant dans le golfe Persique devront naviguer dans les eaux territoriales iraniennes.
- Flux sortant : Les bâtiments quittant la zone emprunteront les eaux sous souveraineté omanaise.
Pour concrétiser ce corridor, Téhéran et Mascate ont également acté le lancement d’une opération conjointe de déminage afin de nettoyer les voies d’accès et garantir la sécurité des équipages civils.
Vers une monétisation inédite de la sécurité maritime
Le point le plus novateur — et le plus sensible — de ce compromis réside dans l’entente financière. L’Iran a confirmé être parvenu à un accord de principe avec Oman sur le partage des futurs revenus générés par la gestion de cette autoroute maritime.
Un groupe de travail bilatéral a été mandaté pour en définir les modalités exactes. Pour contourner les traités internationaux qui interdisent l’instauration d’un « péage » direct dans les détroits internationaux, le mécanisme s’orienterait vers la facturation de services :
- Redevances de sécurité et de sûreté maritime.
- Frais d’assistance et de protection environnementale.
L’ombre de Washington sur l’accord final
Si cette avancée textuelle offre un espoir de désescalade pour le commerce mondial, sa viabilité à long terme reste suspendue au bras de fer qui oppose l’Iran aux États-Unis. Téhéran refuse en effet toute réouverture totale et définitive du détroit tant que l’administration américaine maintient son blocus sur les ports iraniens.
De son côté, la Maison-Blanche a fermement rejeté l’idée de taxes ou de frais imposés sur le trafic d’Ormuz, réaffirmant le principe de la libre circulation dans les voies internationales. Téhéran accuse d’ailleurs ouvertement Washington d’exercer de lourdes pressions sur le sultanat d’Oman pour faire dérailler la signature du traité définitif. Les prochaines semaines seront décisives pour observer si ce corridor temporaire saura résister à l’épreuve de la géopolitique globale.

