À l’ouverture de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le Secrétaire général Antonio Guterres a prononcé un discours d’adieu marquant. Il a vigoureusement réclamé une réforme profonde du Conseil de sécurité, insistant particulièrement sur l’intégration de l’Afrique en tant que membre permanent.
Un système obsolète hérité de l’ère coloniale
Devant les chefs d’État et de gouvernement réunis à New York, Antonio Guterres n’a pas mâché ses mots pour qualifier l’architecture actuelle de la gouvernance mondiale. Selon lui, la composition du Conseil de sécurité — figée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale — constitue un « anachronisme flagrant ».
Le Secrétaire général a souligné une injustice historique majeure : l’Afrique, qui compte aujourd’hui plus de 1,4 milliard d’habitants et subit une part disproportionnée des crises mondiales, ne dispose d’aucun siège permanent doté du droit de veto. En 1945, la majeure partie du continent africain était encore sous domination coloniale et n’avait donc pas voix au chapitre lors de la création de l’ONU.
L’Afrique, pilier indispensable de la paix mondiale
Pour Antonio Guterres, ouvrir le Conseil de sécurité à l’Afrique n’est pas seulement une question d’équité morale, mais une condition essentielle à la survie et à la crédibilité de l’institution. Il a rappelé que la légitimité des décisions de l’ONU est aujourd’hui contestée en raison de ce manque de représentativité.
« Nous ne pouvons pas construire un avenir pour nos enfants avec un système conçu pour le monde de nos grands-parents », a-t-il insisté, appelant les grandes puissances actuelles à dépasser les clivages géopolitiques pour moderniser les institutions multilatérales.
Un bilan en demi-teinte et un avertissement pour l’avenir
Ce discours de fin de mandat résonne comme un signal d’alarme. Tout en saluant les efforts de médiation internationale, Antonio Guterres a exprimé sa frustration face à l’impuissance de la communauté internationale devant la multiplication des conflits mondiaux et l’aggravation de la crise climatique.
En plaçant la voix de l’Afrique au centre de ses ultimes recommandations, le Secrétaire général sortant transmet un héritage politique fort à son successeur et renvoie la balle dans le camp des cinq membres permanents actuels (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni), seuls capables de valider une telle modification de la Charte des Nations unies.
