Dans ce qui pourrait constituer le tournant diplomatique majeur de cette fin d’année, le gouvernement chinois a officiellement confirmé être en contact avec Washington et Moscou. L’objectif : organiser une rencontre tripartite inédite entre le président chinois Xi Jinping, le président américain Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine.
Ce face-à-face historique entre les dirigeants des trois principales puissances nucléaires et économiques mondiales pourrait se tenir en marge du prochain sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC), prévu à Shenzhen les 18 et 19 novembre 2026.
Un alignement des planètes à Pékin et Moscou
La diplomatie chinoise a franchi un pas décisif par la voix de Mao Ning, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, qui a validé l’existence de discussions actives avec les deux autres capitales. Du côté de Moscou, le signal est tout aussi clair. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a confirmé que les préparatifs étaient en cours et a exprimé l’espoir de voir les modalités logistiques et l’agenda se finaliser dans les plus brefs délais.
Le président américain Donald Trump s’est lui-même montré ouvert à cette initiative de haut niveau. Bien que Washington maintienne une posture de stricte compétition stratégique avec Pékin et de confrontation indirecte avec Moscou, le locataire de la Maison-Blanche a évoqué une priorité claire pour ce rendez-vous : relancer le dialogue sur le désarmement nucléaire mondial.
L’ombre du conflit ukrainien et la crainte d’un « nouveau Yalta »
Si l’annonce suscite l’intérêt des chancelleries internationales, elle provoque également d’intenses frictions, particulièrement à Kiev. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a fermement réagi à la perspective de ce sommet, rejetant catégoriquement ce qu’il qualifie par avance de « Yalta 2, 3 ou 4 ». Kiev redoute que son sort et l’intégrité de son territoire ne soient négociés en coulisses par les superpuissances, sans sa présence à la table.
Face à ces tensions, Pékin tente de recadrer l’ordre du jour. Xi Jinping a manifesté son agacement face aux spéculations entourant la centralité du dossier ukrainien lors de cette future tripartite. Le président chinois a rappelé que la guerre en Ukraine restait avant tout un conflit européen et a insisté sur le fait que l’Europe devait impérativement être actrice de ses propres négociations de paix.
Un format totalement inédit
Si les discussions aboutissent d’ici la mi-novembre, Shenzhen deviendra le théâtre d’un événement sans précédent dans l’histoire moderne. Jamais les chefs d’État des États-Unis, de la Chine et de la Russie ne se sont assis simultanément autour d’une même table de négociation officielle pour redéfinir les équilibres géopolitiques mondiaux. À quelques jours de l’ouverture du sommet de l’APEC, la communauté internationale retient son souffle.

