Le ton monte à nouveau entre Téhéran et Washington, alors même qu’un accord de désescalade historique se dessine en Suisse. L’Iran a fermement rejeté mardi toute conditionnalité américaine concernant l’utilisation de ses avoirs financiers bientôt restitués, réaffirmant son autonomie financière complète.
Le recadrage de l’ambassadeur Bahreini
Interrogé sur les modalités du dégel de ses avoirs, l’ambassadeur iranien auprès de l’ONU à Genève, Ali Bahreini, a été limpide :
« Aucun autre pays ni aucune autre entité n’aura son mot à dire sur la manière dont ces avoirs doivent être utilisés. C’est une décision qui revient à l’Iran, et à lui seul. »
Le diplomate réagissait aux déclarations du vice-président américain JD Vance. Ce dernier avait suggéré la mise en place d’un mécanisme forçant l’Iran à dépenser ces capitaux dans l’achat de matières premières agricoles américaines (soja, maïs, blé) afin de garantir qu’ils ne financent pas d’activités militaires. Pour Ali Bahreini, le rôle des États-Unis et du Qatar – où transite une partie des fonds – se cantonne strictement aux « aspects techniques du déblocage ».
12 milliards de dollars au cœur des négociations de paix
Cette mise au point intervient au lendemain d’une avancée majeure dans le cadre des pourparlers helvétiques visant à clore le conflit au Moyen-Orient. Selon le chef de la délégation technique iranienne, Kazem Gharibabadi, Téhéran et Washington ont acté le déblocage immédiat de 12 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés.
Le protocole financier validé prévoit :
- Une restitution segmentée en deux tranches égales de 6 milliards de dollars.
- Une libération promise « très prochainement » par les circuits bancaires internationaux.
- Une bouffée d’oxygène pour l’économie iranienne, asphyxiée par des décennies de sanctions.
Une trêve pétrolière de 60 jours
Pour manifester sa bonne foi et consolider cette feuille de route, le département américain du Trésor a annoncé la suspension temporaire de ses sanctions sur le pétrole iranien jusqu’au 21 août. Toutes les opérations de production, de transport et de vente d’hydrocarbures iraniens sont de nouveau autorisées durant cette fenêtre de deux mois.
Cette détente politique a immédiatement produit ses effets sur l’économie globale : le cours du baril de Brent est repassé sous la barre des 78 dollars, apportant un soulagement notable aux marchés énergétiques mondiaux. Si Washington espère maintenir un droit de regard sur l’usage de cet argent, Téhéran rappelle que ces fonds – issus de ses propres ventes historiques de pétrole – constituent sa propriété exclusive. Le dialogue se poursuit, mais la bataille de la souveraineté économique ne fait que commencer.