Le coup d’envoi officiel de la campagne présidentielle au Brésil a été donné le dimanche 16 août 2026. Le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva et son principal opposant, le sénateur Flávio Bolsonaro, ont immédiatement affiché leurs ambitions lors de rassemblements massifs. À moins de deux mois du premier tour prévu le 4 octobre, le pays plonge dans un duel idéologique total.
Le Brésil s’apprête à vivre l’une des élections les plus disputées de son histoire moderne. Depuis ce week-end, la campagne électorale est officiellement ouverte, et les deux favoris n’ont pas perdu de temps pour mobiliser leurs bases dans une atmosphère de division politique extrême.
Lula à São Bernardo : la carte de la souveraineté économique
Pour lancer sa quête d’un quatrième mandat, le président de gauche Luiz Inácio Lula da Silva, 80 ans, a choisi un lieu hautement symbolique : São Bernardo do Campo. C’est dans cette banlieue industrielle de São Paulo que le leader du Parti des Travailleurs (PT) a forgé sa carrière de syndicaliste dans les années 1970.
Devant une foule estimée à 20 000 partisans, Lula a axé son discours sur la géopolitique et l’économie. Face aux récentes pressions douanières américaines, le président sortant a fermement défendu la souveraineté économique du pays. Il a notamment insisté sur la protection des minerais stratégiques brésiliens contre l’exploitation étrangère et a mis en garde contre toute ingérence de Washington dans le processus démocratique national.
Flávio Bolsonaro à Copacabana : l’héritage sécuritaire
À Rio de Janeiro, le ton était radicalement différent. Flávio Bolsonaro, sénateur de 45 ans et candidat du Parti Libéral (PL), a réuni près de 9 000 sympathisants sur la célèbre plage de Copacabana. Reprenant le flambeau de son père, l’ex-président Jair Bolsonaro (actuellement incarcéré pour sa participation à la tentative de coup d’État de 2023), le candidat de droite a joué la carte d’une sécurité publique inflexible.
Flávio Bolsonaro a aligné plusieurs propositions choc :
- La qualification des grands gangs criminels brésiliens comme organisations terroristes.
- L’introduction de la castration chimique pour les violeurs.
- Un soutien affiché aux méthodes de l’administration Trump aux États-Unis pour lutter contre la criminalité transfrontalière.
Un coude-à-coude serré dans les sondages
Le premier sondage de la campagne, publié par l’institut Quaest, confirme que le pays est coupé en deux. En cas de second tour, Lula récolte 43 % des intentions de vote contre 40 % pour Flávio Bolsonaro.
Toutefois, cette polarisation s’accompagne d’un fort rejet : plus de la moitié des électeurs affirment ne vouloir voter pour aucun des deux hommes. Dans ce contexte, la clé du scrutin reposera sur le vote des femmes et des électeurs indépendants, qui restent à séduire d’ici le 4 octobre. La bataille ne fait que commencer.

