Dans un revirement diplomatique spectaculaire, l’émissaire américain Jared Kushner a brisé des décennies de doctrine de Washington en s’entretenant directement avec une délégation du Hamas à El-Alamein, en Égypte. Cette réunion de la dernière chance intervient juste avant son déplacement à Jérusalem, où il devra faire face au rejet catégorique du Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou face à la feuille de route américaine pour Gaza.
Un dialogue direct et inédit en Égypte
Le déplacement de Jared Kushner en Égypte marque un tournant historique dans la diplomatie américaine au Proche-Orient. Pour la première fois, un haut représentant de la Maison-Blanche a mené des discussions directes avec le mouvement palestinien. L’entretien s’est déroulé à El-Alamein aux côtés des médiateurs égyptiens et qataris, à la suite d’une entrevue stratégique entre le gendre de Donald Trump et le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.
Face à Khalil al-Hayya, chef de la délégation du Hamas, l’émissaire américain a posé des conditions strictes pour l’application de la feuille de route en 15 points présentée par Washington :
- Le désarmement total du Hamas.
- L’exclusion définitive du mouvement de la future gouvernance de la bande de Gaza.
- Le transfert du pouvoir à une administration civile transitoire, le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), composé de technocrates palestiniens indépendants.
De son côté, le Hamas a réaffirmé son adhésion au plan américain — qu’il avait validé fin juillet — tout en accusant l’armée israélienne de violer de manière répétée les termes du cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025.
Le mur de Jérusalem : Nétanyahou rejette la feuille de route
Après cette étape égyptienne, Jared Kushner atterrit en Israël dans un climat de démission et de confrontation politique maximale. Le Premier ministre Benjamin Nétanyahou a d’ores et déjà douché les espoirs de compromis rapide en rejetant officiellement la proposition américaine.
Pour le gouvernement israélien, aucun retrait militaire de la bande de Gaza n’est envisageable avant un désarmement « effectif et vérifiable » de la faction palestinienne. Jérusalem refuse de lier l’arrêt des opérations de sécurité à un calendrier politique imposé de l’extérieur, bloquant de facto l’application de la feuille de route.
Une pression régionale accrue sur Israël
Le blocage israélien suscite une vive irritation au sein de la communauté internationale et des pays arabes. Dans un front commun inédit, huit nations musulmanes clés — parmi lesquelles l’Égypte, l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie — ont publié un communiqué conjoint d’une rare fermeté.
Ces puissances régionales condamnent de concert l’attitude de Benjamin Nétanyahou, l’accusant de saboter délibérément les efforts de paix internationaux et d’anéantir les perspectives de création d’un État palestinien viable, pourtant jugé indispensable à la stabilité future de la région.
La rencontre à venir entre Kushner et Nétanyahou s’annonce comme l’un des moments les plus critiques de la diplomatie américaine de ces dernières années.

