Coup de théâtre à l’Union européenne. Les 27 États membres ont été contraints de reporter le renouvellement des sanctions individuelles visant des personnalités et entités russes. Contre toute attente, c’est la France qui bloque le processus. Paris exige le retrait de la liste noire de l’oligarque russo-ouzbek Alicher Ousmanov, un milliardaire réputé proche du Kremlin.
Ce régime de sanctions, qui cible actuellement près de 3 000 individus et entités pour leur soutien à l’invasion de l’Ukraine, arrivait à échéance ce mercredi 16 septembre 2026. Son renouvellement automatique requiert l’unanimité des États membres. Face au refus de Paris de signer en l’état, les ambassadeurs de l’UE ont acté, lundi 14 septembre, une prolongation d’une semaine des consultations afin d’éviter un vide juridique total.
Une négociation secrète pour libérer des otages ?
Pour justifier sa position, la diplomatie française met en avant des « raisons de sécurité nationale ». Cependant, les coulisses bruxelloises révèlent des motivations plus pragmatiques. Selon plusieurs sources diplomatiques, la France utiliserait le cas d’Alicher Ousmanov comme monnaie d’échange afin d’obtenir la libération de plusieurs ressortissants français actuellement détenus en Azerbaïdjan.
Paris se retrouve dans une position inconfortable, tentant de concilier la protection de ses citoyens et ses engagements internationaux. Face aux critiques, le gouvernement français assure que sa position vis-à-vis de Moscou reste inchangée et rappelle qu’il demeure l’un des plus grands soutiens financiers et militaires de Kiev.
L’indignation de Kiev et le malaise de Bruxelles
Cette explication peine à convaincre les alliés européens, et a provoqué une vive colère en Ukraine. Le président Volodymyr Zelensky a publiquement fustigé la position française, affirmant qu’il n’est « certainement pas le moment de sauver les oligarques russes » ni d’offrir des « cadeaux à la Russie ». Kiev réclame au contraire un durcissement immédiat des mesures de rétorsion.
À Bruxelles, la présidence irlandaise du Conseil de l’UE tente de désamorcer la crise. Elle rappelle que le maintien de ces sanctions est indispensable pour continuer à asphyxier la machine de guerre russe.
Les diplomates européens ont désormais jusqu’au lundi 21 septembre pour trouver un compromis en coulisses. Si aucun accord n’est trouvé d’ici là, le gel des avoirs et les interdictions de voyager de 3 000 responsables russes pourraient techniquement s’effondrer, ouvrant une crise politique majeure au sein de l’Union.

