WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a lié l’avenir de l’accord nucléaire civil américano-saoudien à un basculement géopolitique majeur : la reconnaissance officielle de l’État d’Israël par Riyad.
Dans une déclaration publiée ce jeudi 23 juillet 2026 sur son réseau Truth Social, le locataire de la Maison-Blanche a levé le voile sur les contreparties politiques exigées par Washington. Le pacte de coopération technologique nucléaire, signé quelques jours plus tôt, n’entrera en vigueur que si le royaume saoudien rejoint formellement les accords d’Abraham.
Une condition politique non négociable
« L’accord sera approuvé, mais il est entièrement conditionné à l’adhésion de l’Arabie saoudite aux très respectés et fructueux accords d’Abraham », a écrit Donald Trump. Cette annonce clarifie la stratégie de la diplomatie américaine, qui utilise l’accès à sa technologie nucléaire de pointe comme un levier pour redessiner la carte diplomatique du Moyen-Orient.
Pour rassurer les observateurs internationaux et le Congrès américain, le président a insisté sur le caractère strictement pacifique du projet : « Il n’y aura pas d’enrichissement de matières [à des fins militaires] », a-t-il martelé, affirmant que le programme saoudien se limiterait exclusivement au secteur civil.
Un pacte historique de 30 ans sous surveillance
Cette mise au point intervient au lendemain de la finalisation d’un accord bilatéral historique de 30 ans. Le texte avait été paraphé par le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, et les autorités saoudiennes.
Pour Riyad, ce partenariat représente l’aboutissement d’une longue quête visant à diversifier son mix énergétique, actuellement ultra-dépendant du pétrole et du gaz. Face aux réticences historiques de Washington, le royaume saoudien avait brandi à plusieurs reprises la menace de se tourner vers des partenaires alternatifs, notamment la Chine ou la Russie, pour bâtir ses futurs réacteurs.
Entre espoir de paix et craintes de prolifération
La déclaration de Donald Trump a immédiatement fait réagir Jérusalem. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué une perspective qu’il qualifie d’« avancée historique pour la paix au Moyen-Orient ». Une normalisation entre la première économie arabe et l’État hébreu marquerait une rupture fondamentale dans la région.
Malgré ces promesses, le scepticisme reste de mise au Capitole et chez plusieurs experts en prolifération nucléaire. Nombreux sont ceux qui redoutent qu’un tel transfert de technologies, même encadré, n’ouvre la voie à une future capacité d’enrichissement saoudienne d’uranium et ne déclenche, par ricochet, une course aux armements atomiques face à l’Iran.
À ce stade, les autorités de Riyad n’ont pas encore communiqué officiellement sur leur acceptation, ou non, du deal politique proposé par Washington.

