Économie : La Banque de France reprend son souffle et mise sur un « scénario positif »

Emmanuel Moulin,  gouverneur actuel de la Banque de France

L’annonce surprise du cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis redistribue les cartes économiques. Après avoir broyé du noir à la mi-juin, la Banque de France calque désormais ses pas sur l’optimisme de l’Insee, portée par la chute spectaculaire des prix du pétrole.

Le soulagement est palpable dans les couloirs de l’hôtel de Toulouse. Seulement quelques jours après avoir révisé drastiquement à la baisse ses prévisions de croissance pour l’année 2026, la Banque de France change de ton. Interrogé sur les dernières projections de l’Insee, le nouveau gouverneur de l’institution, Emmanuel Moulin, a confessé son changement de perspective, ouvrant la voie au retour d’un « scénario positif » pour l’économie hexagonale.

Le soulagement de l’après-guerre

Il y a deux semaines encore, l’ambiance était à la rigueur. Face à l’escalade des tensions militaires au Moyen-Orient, la banque centrale avait sabré sa prévision de croissance annuelle, la ramenant de 0,9 % à un timide 0,5 %. Un calcul alors basé sur l’hypothèse pessimiste d’un baril de pétrole durablement installé autour des 97 dollars.

L’arrêt des hostilités et la signature d’un accord de paix historique entre Téhéran et Washington ont balayé ces projections d’un revers de manche. En quelques jours, le cours du baril de Brent s’est effondré, passant d’un pic de 126 dollars au plus fort des combats à moins de 73 dollars aujourd’hui.

L’Insee avait vu juste

Ce retournement de situation donne raison à l’Insee. Ayant intégré plus rapidement la fin du conflit dans ses modèles de calcul, l’Institut national de la statistique table de son côté sur une croissance de 0,7 % en 2026. Une lecture de la situation validée par Emmanuel Moulin : « Espérons qu’ils aient raison […] cela nous oriente plutôt vers un scénario positif que sur un scénario dégradé », a-t-il tempéré avec une prudence toute de rigueur, mais teintée d’espoir.

Vers un rebond marqué en 2027 ?

Si l’année 2026 reste une année de transition et de convalescence, les yeux se tournent désormais vers l’avenir. Ce « scénario positif », formalisé par les experts de la Banque de France, repose sur un cercle vertueux : la baisse durable du prix des carburants devrait soulager les entreprises, redonner de l’air au pouvoir d’achat des ménages et accélérer la désinflation.

Si cette tendance se confirme au second semestre, l’économie française pourrait aborder l’année 2027 avec un élan bien plus vigoureux que prévu. Le spectre d’un choc pétrolier prolongé s’éloigne, laissant place à une reprise timide, mais réelle.

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