Alors que les négociations post-conflit s’ouvrent à peine, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a profité de sa tournée dans le Golfe pour adresser un message de fermeté absolue à Téhéran : Washington veut la paix, mais pas à n’importe quel prix.
Huit jours après la signature, le 17 juin dernier, du protocole d’accord suspendant les hostilités militaires entre les deux puissances, l’heure est désormais à la diplomatie pure. Une trêve fragile de 60 jours s’est ouverte pour jeter les bases d’un règlement durable. Cependant, en déplacement au Koweït et aux Émirats arabes unis, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a tenu à doucher les espoirs d’un accord facile ou de concessions majeures de la part de la Maison-Blanche.
Le détroit d’Ormuz au cœur des tensions commerciales
Le premier point de friction concerne la liberté de circulation maritime. L’Iran a récemment évoqué la possibilité de mettre en place des « droits de redevance » ou des péages pour les navires transitant par le détroit d’Ormuz, une voie par laquelle passait 20 % du commerce mondial d’hydrocarbures avant la guerre.
La réponse de Marco Rubio a été catégorique. Accepter une telle taxe sur une voie navigable internationale propagerait un « chaos total » et provoquerait une « épidémie » de taxes douanières illégales à travers le globe. Pour Washington, la gratuité et la sécurité de la navigation dans le détroit restent non négociables.
Le chèque en blanc exclu pour le nucléaire
L’autre grand pilier des discussions concerne le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions économiques. Si la Maison-Blanche affirme que Téhéran a accepté le retour complet des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur ses sites clés, l’Iran souffle le chaud et le froid.
Les États-Unis exigent un protocole d’inspection strict, transparent et permanent avant d’envisager le moindre dégel des avoirs financiers iraniens. Les monarchies du Golfe, alliées de Washington, observent d’ailleurs ces négociations avec une immense prudence, redoutant que la restitution de fonds bloqués ne serve à financer de futures déstabilisations régionales. Marco Rubio s’est voulu rassurant, promettant qu’aucun accord ne se ferait au détriment de la sécurité de ses partenaires arabes.
Prochaine étape : la Suisse
Le premier véritable test de cette stratégie interviendra les 29 ou 30 juin 2026. Les délégations américaine et iranienne se retrouveront en Suisse pour une première réunion technique. Ce face-à-face crucial déterminera si les exigences de Washington et les ambitions de Téhéran peuvent trouver un terrain d’entente, ou si la région doit se préparer à une reprise des hostilités à la fin de l’été.
