WASHINGTON / OTTAWA – C’est un coup de théâtre de dernière minute qui évite, pour l’instant, une guerre commerciale dévastatrice. Le président américain Donald Trump a annoncé mardi 18 août 2026 la suspension temporaire des droits de douane de 50 % qui devaient frapper le Canada. L’annonce est survenue à peine deux heures avant l’échéance officielle, à la suite d’un accord de principe global conclu entre Washington et Ottawa.
Un sursis de 72 heures pour finaliser le texte
Cette suspension n’est toutefois que de courte durée. Le président américain a accordé un délai de trois jours, repoussant l’entrée en vigueur des sanctions au samedi 22 août 2026 à 00 h 01.
Ce sursis de 72 heures doit permettre aux équipes juridiques des deux pays de formaliser l’accord de principe et de le traduire en textes réglementaires. L’enjeu est colossal : ce report protège temporairement près de 20 milliards de dollars américains de marchandises canadiennes qui risquaient d’être lourdement taxées dès cette semaine.
Alcool, ciment et oléoduc : les coulisses du compromis
Le conflit initial portait sur une large palette de produits stratégiques et symboliques, allant du ciment et des produits laitiers aux meubles, en passant par le vin et les crosses de hockey sur glace.
Selon les déclarations de Donald Trump sur son réseau Truth Social et les précisions du Bureau du représentant américain au Commerce (USTR), Ottawa a dû céder sur plusieurs points critiques pour obtenir ce répit :
- Ouverture du marché canadien : L’accord prévoit un « accès complet au marché » pour l’ensemble des produits américains. Cette mesure vise directement à briser les boycotts sur l’alcool américain qui avaient été instaurés par plusieurs provinces canadiennes.
- Le retour de Keystone XL : À la surprise générale, Donald Trump a explicitement lié cette négociation à l’avenir énergétique du continent, laissant entendre que l’accord de principe pourrait ressusciter le projet controversé d’oléoduc transfrontalier Keystone XL.
Un optimisme prudent à Ottawa
Du côté canadien, l’heure est au soulagement, mais la prudence reste de mise. Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a salué des « progrès substantifs » lors des discussions de la dernière chance. Il a toutefois averti qu’un volume de travail considérable restait à abattre avant l’expiration du sursis pour graver définitivement ce compromis dans le marbre.
Si les diplomates des deux camps ne parviennent pas à finaliser l’accord juridique avant samedi minuit, la menace des taxes à 50 % sera automatiquement réactivée, plongeant à nouveau l’accord de libre-échange ACEUM dans la tourmente.

