Paris répond avec fermeté à Téhéran. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé l’expulsion imminente de deux diplomates iraniens en poste à Paris. Cette décision fait suite à l’éviction définitive de deux fonctionnaires français par les autorités iraniennes, plongeant les relations entre les deux capitales dans une nouvelle crise majeure.
La tension est montée d’un cran entre Paris et Téhéran. Le gouvernement français a pris la décision de déclarer persona non grata deux diplomates iraniens, qui devront quitter le territoire français « dans les tout prochains jours ». Cette mesure de rétorsion directe applique le principe de réciprocité diplomatique après l’interdiction définitive de territoire infligée par l’Iran à deux agents français.
Une agression physique à Téhéran
À l’origine de ce clash diplomatique se trouve un incident grave survenu le 19 juillet dernier dans la capitale iranienne. Deux agents du service culturel de l’ambassade de France en Iran ont été brutalement interpellés par les forces de sécurité locales. Retenus durant plusieurs heures, les deux fonctionnaires ont subi des agressions physiques avant d’être relâchés.
Contraints de rentrer en France le 23 juillet pour des raisons de sécurité, ils ont été par la suite officiellement bannis d’Iran par le régime de Téhéran. Le Quai d’Orsay a fermement condamné cette agression, qualifiée d’inacceptable et de violation flagrante des conventions internationales.
Guerre de récits entre Paris et Téhéran
Les deux pays s’opposent radicalement sur le motif de ces interpellations :
- Les accusations de l’Iran : Le ministère iranien du Renseignement affirme que les agents français ont enfreint la Convention de Vienne. Téhéran les accuse d’avoir participé à un « rendez-vous clandestin » dans le cadre d’un projet d’influence culturelle jugé subversif, impliquant deux graphistes locaux recherchés par la justice iranienne.
- Le démenti de la France : Le ministère français des Affaires étrangères rejette en bloc ces allégations, les qualifiant de « mensongères ». Paris dénonce une mise en scène grossière destinée à masquer une agression délibérée et injustifiée contre son personnel diplomatique.
Des relations bilatérales au plus bas
Cette double expulsion croisée intervient dans un contexte de relations bilatérales déjà extrêmement lourdes, notamment marquées par la question des otages d’État français toujours détenus en Iran et le dossier du programme nucléaire iranien. En signifiant formellement cette expulsion à l’ambassadeur d’Iran à Paris, la France affiche sa volonté de ne laisser passer aucune atteinte à l’intégrité de ses représentants à l’étranger.

