JULIANA AMATO LUMUMBA

Enquête sur une candidature proche des peuples

Par Jonathan Fontaine

Une candidate pour réinventer la Francophonie

À l’heure où l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) traverse une période de mutations profondes et de questionnements géopolitiques, la candidature de Juliana Amato Lumumba s’impose comme une évidence et une chance historique. Portée par la République démocratique du Congo (RDC) — le plus grand pays francophone au monde —, sa vision insuffle un élan de renouveau à l’espace francophone.

Un symbole universel de dignité et de réconciliation

Le premier atout de Juliana Lumumba réside dans la force de son identité. Fille du héros national Patrice Emery Lumumba, elle incarne une charge symbolique et mémorielle unique, synonyme de dignité, de souveraineté et d’émancipation pour tout le continent africain. Élevée sous la bienveillance de grandes figures du panafricanisme comme Gamal Abdel Nasser, elle possède une légitimité historique rare. Face aux crises politiques actuelles, notamment dans la région du Sahel, Juliana Lumumba se positionne comme l’unique facilitatrice capable de renouer le dialogue, de restaurer la confiance brisée et de ramener les États suspendus au sein de la famille francophone.

Une femme d’État et une diplomate aguerrie

Juliana Amato Lumumba

Au-delà de son patronyme, Juliana Lumumba est une technocrate au parcours d’excellence. Forte de plus de trente ans d’expérience dans la gouvernance publique et les relations internationales, elle a notamment occupé les fonctions de ministre de la Culture et des Arts en RDC. Son expertise s’étend également au domaine économique, puisqu’elle a dirigé l’Union des chambres de commerce africaines pendant près d’une décennie. Polyglotte accomplie, maîtrisant aussi bien le français et l’anglais que l’arabe, le swahili et le lingala, elle incarne cette Francophonie plurielle, inclusive et ouverte sur le monde.

Le projet d’une « Francophonie des peuples »

Juliana Lumumba ne cherche pas seulement à diriger l’institution : elle souhaite la transformer en profondeur à travers un programme réformateur audacieux. Son ambition est de passer d’une Francophonie purement institutionnelle à une « Francophonie des peuples ». Son projet s’articule autour de piliers concrets :

  • L’économie solidaire : avec la création d’une Chambre francophone de commerce et de coproduction industrielle.
  • La paix durable : via le lancement d’une Académie francophone de la paix et du bien-être pour former des médiateurs.
  • La mobilité des jeunes : grâce à l’instauration d’un « Visa francophone des talents » pour encourager la circulation des savoirs.
  • L’innovation : par la mise en place d’une autorité dédiée à une transition numérique inclusive.

Le poids diplomatique du géant francophone

Le président gabonais, Brice-Clotaire Oligui Nguema, a officiellement assuré de son soutien total du Gabon à la candidature de Juliana Amato Lumumba au poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Enfin, cette candidature bénéficie d’un ancrage géopolitique incontestable. Soutenue sans réserve par le président Félix Tshisekedi et l’ensemble de l’appareil d’État congolais, Juliana Lumumba porte la voix légitime de la RDC. Ce leadership naturel commence déjà à fédérer au-delà des frontières congolaises, comme en témoigne le soutien diplomatique officiel apporté par le Gabon.

En choisissant Juliana Lumumba, l’OIF ferait le choix de l’audace, de la réconciliation et d’un avenir partagé. Cela redonnerait à la langue française son rôle de trait d’union entre les cultures et les ambitions de la jeunesse.

Une candidature en phase avec les attentes

L’enquête menée par le Magazine Diplomat Investissement en juillet 2026 dans plusieurs pays francophones d’Afrique fait ressortir des attentes qui rejoignent les priorités du projet de Juliana Lumumba.

En effet, 74 % des personnes interrogées constatent une baisse de leur pouvoir d’achat. De plus, 62 % des jeunes diplômés se déclarent sans emploi ou cantonnés à des activités précaires. Enfin, 54 % des 18-30 ans affirment qu’ils émigreraient si une possibilité se présentait. Ces données ne constituent pas un sondage officiel de l’OIF. Elles traduisent néanmoins une attente claire : une Francophonie plus proche des réalités quotidiennes.

Le projet de Juliana Lumumba répond à ces préoccupations. Il met l’accent sur la jeunesse, l’emploi, la mobilité, l’économie, la paix, la culture et le numérique.

Une popularité qui doit devenir une majorité

 Monsieur Crispin Mbadu, Ministre délégué auprès du Ministre des Affaires étrangères, en charge de la Francophonie et de la Diaspora congolaise, accompagné de Madame Juliana Amato Lumumba, a tenu une importante séance de travail avec le Professeur Docteur Abdelaziz Konzowa, Ministre égyptien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Madame Fatma El-Zahraa Etman, Ambassadrice et Représentante personnelle (Sherpa) du Président de la République arabe d’Égypte auprès de l’Organisation Internationale de la Francophonie, ainsi que Monsieur Enji El-Samanoudi, Ministre plénipotentiaire aux Affaires étrangères chargé de la Francophonie.

Les résultats du dispositif d’enquête du Magazine Diplomat Investissement (MDI) apportent un éclairage inédit sur la course à l’OIF en 2026.

Dans la population francophone africaine interrogée, 75 % des sondés se prononcent en faveur de Juliana Lumumba, contre 15 % pour Louise Mushikiwabo, 7 % pour Coumba Bâ et 3 % pour Dacian Cioloș. Auprès des grands électeurs francophones (53 États et gouvernements membres de plein droit disposant du droit de vote) de la francophonie, la tendance se resserre mais reste favorable à la candidate, qui recueille 52 % des intentions de vote, contre 33 % pour Louise Mushikiwabo, 7 % pour Coumba Bâ, 3 % pour Dacian Cioloș et 5% des indécis. Précisons que ces chiffres reflètent l’état d’esprit des sondés au moment de l’enquête MDI et ne constituent pas une prévision du scrutin officiel.

Ces données doivent surtout être confrontées aux réalités de l’élection : les citoyens ne votent pas directement. Ce sont les chefs d’État et de gouvernement habilités qui désigneront le prochain Secrétaire général. La question centrale devient donc : comment transformer ce potentiel d’adhésion populaire en une coalition diplomatique solide ?

Les projets phares et réformes concrètes de Juliana Lumumba

Juliana Amato Lumumba a officiellement axé sa campagne pour le poste de Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) autour du concept d’une « Francophonie des peuples »

• Chambre francophone de commerce solidaire : Stimuler les échanges économiques et le développement partagé entre les États membres.
• Académie francophone de la paix : Renforcer la résolution des conflits et la stabilité régionale sur le continent africain et au-delà.
• Initiatives numériques et culturelles : Instaurer une Autorité francophone pour une transition numérique inclusive, créer une Biennale des rencontres interculturelles et lancer un Visa francophone des talents.
• Ancrage populaire : Redonner une légitimité à l’OIF en connectant directement son action aux préoccupations concrètes et quotidiennes des citoyens de l’espace francophone.
• Dialogue avec les pays du Sahel : Favoriser le retour du Mali, du Niger et du Burkina Faso au sein de l’organisation, à travers un dialogue respectueux des règles et une écoute active de leurs motivations.

Les points retenus de notre enquête

Le ministre délégué près la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Crispin Mbadu et Juliana Lumumba a été reçus en audience par Prak Sokhonn, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Royaume du Cambodge

• Juliana Amato Lumumba est candidate au poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Sa candidature n’est pas dictée par le conflit diplomatique rigide entre Kinshasa et Kigali, mais plutôt par un projet institutionnel mûri de longue date.
• Sa démarche ne s’inscrit pas contre les autres candidatures, mais se veut une candidature de rassemblement pour les pays membres de la Francophonie afin d’apporter des solutions concrètes.
• Elle n’est pas une opportuniste politique ; sa candidature a été mûrement réfléchie pour faire face aux enjeux géopolitiques et aux défis mondiaux dans un monde en pleine mutation.
• Sa candidature reflète un intérêt profond et historique pour le rayonnement de l’espace francophone.
• Nous avons remarqué que son discours, jugé parfois « populiste » sur la « Francophonie des peuples » et la souveraineté narrative, séduit l’opinion publique des pays membres de la Francophonie du Sud global.
• Juliana a montré, lors de ses déplacements à l’étranger, sa capacité à mobiliser efficacement les 90 États et gouvernements membres face aux enjeux et aux défis de la Francophonie au 21e siècle.
• Bien qu’elle n’ait pas été au sommet de l’État, elle a été ministre de la Culture et s’est montrée très active dans la diplomatie économique, notamment au sein des chambres de commerce africaines.

Axes stratégiques prioritaires restructurés

La Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, soutient activement Juliana Amato Lumumba

• Posture de rassembleuse : incarner la neutralité requise pour le poste en évitant d’importer le conflit de l’Est de la RDC dans les débats de l’OIF.
• Transition doctrinale : transformer le projet du panafricanisme classique en un projet multilatéral moderne.
• Pragmatisme partenarial : rassurer les pays du Nord (notamment la France et le Canada) sur la souveraineté mémorielle grâce à un volet économique, numérique et linguistique concret.
• Ciblage décisionnel : ajuster la communication pour convaincre les chefs d’État plutôt que de chercher une adhésion populaire ou médiatique sans impact sur le vote.
• Légitimité technique : compenser l’absence d’un mandat passé de Première ministre ou de Présidente par un programme technique extrêmement rigoureux.
• Priorité aux livrables : proposer des réformes concrètes sur l’employabilité des jeunes, l’intelligence artificielle en français et le financement des projets culturels du Sud.
• Dépassement du souverainisme victimaire : éviter l’étiquette de « candidate de la colère » pour s’affirmer comme la candidate de l’espace francophone global, soutenue par la RDC.
• Diversification des soutiens : obtenir rapidement des parrainages officiels en Afrique de l’Ouest, en Afrique centrale,  en Europe de l’Est et au Maghreb pour internationaliser sa stature.
• Diplomatie de couloir offensive : mobiliser l’appareil d’État congolais pour négocier des votes de confiance discrets auprès des 90 États membres, plutôt que pour des effets d’annonce.
• Conquête des indécis : concentrer les efforts sur les pays observateurs et associés en quête d’une gouvernance plus inclusive et moins centralisée.

Stratégie budgétaire et de financement de Juliana Lumumba

Le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, et la candidate de la République démocratique du Congo (RDC), Juliana Amato Lumumba, sont liés par des démarches diplomatiques majeures en 2026 concernant la direction de la Francophonie

Bien que son programme soit axé sur la « Francophonie des peuples » à travers neuf projets phares et une Académie francophone de la paix, la stratégie de Juliana Lumumba pour remédier aux fragilités financières de sa campagne et de l’OIF repose sur des axes forts et des solutions concrètes. Pour crédibiliser son programme auprès des États donateurs et sécuriser le financement de ses promesses, elle structure sa stratégie budgétaire de la manière suivante :

  • Apurement immédiat des dettes des membres : Négocier un calendrier de paiement contraignant ou un versement anticipé pour solder définitivement les arriérés de cotisations des États membres auprès de l’OIF.
  • Fonds d’amorçage souverain : Obtenir de Kinshasa la création d’un fonds spécial dénommé « Dotation Lumumba » de plusieurs millions de dollars, prouvant ainsi aux autres membres que le pays d’origine cofinance ses propres ambitions.
  • Financement de l’Académie de la paix : Mobiliser un engagement ferme de la République démocratique du Congo (RDC) à hauteur de 10 millions de dollars pour la création de l’Académie francophone de la paix, dont l’implantation est prévue à Maluku, dans la périphérie de Kinshasa.
  • Diversification des ressources (Sortir du tout-étatique) : Rompre avec la dépendance exclusive vis-à-vis des contributions des gouvernements en ouvrant l’organisation aux financements privés.
  • Création de Partenariats Public-Privé Francophones (PPPF) : Associer les géants du numérique, des télécoms et du secteur bancaire opérant en Afrique francophone (tels que Orange, MTN ou Attijariwafa Bank) pour financer les volets « numérisation » et « éducation » de son programme.
  • Mécénat culturel et entrepreneurial : Lancer un club des grands entrepreneurs francophones. En échange d’allégements de charges ou de visibilité, ces acteurs privés parraineraient l’Académie francophone de la paix ainsi que les projets d’insertion professionnelle des jeunes.
  • Réforme des mécanismes de financement internes : Instaurer un Fonds de solidarité alimenté par une micro-taxe de manière pérenne pour stabiliser les budgets opérationnels de l’institution.
  • Mise en place d’une micro-taxe francophone : Soumettre l’idée d’une contribution infime (de type taxe Tobin) sur les transactions culturelles numériques ou sur les visas d’affaires au sein de l’espace francophone, afin d’alimenter directement les projets de développement dans le Sud Global.
  • Sanctuarisation des financements non étatiques : Sécuriser et pérenniser des lignes budgétaires alimentées par des bailleurs privés, des fondations et des fonds de dotation, indépendamment des contributions directes des États membres.
  • Mobilisation des coopérations décentralisées : Solliciter les budgets de coopération des grandes régions et métropoles francophones (telles que Paris, Montréal, Bruxelles ou Genève), qui disposent de fonds souvent plus agiles et rapides à mobiliser que les budgets étatiques.
  • Alliances stratégiques avec les banques de développement : Conclure des accords-cadres avec la Banque africaine de développement (BAD), la Banque mondiale, le Fonds vert pour le climat (FVC), les Fonds d’investissement climatiques (FIC) et le Fonds pour les pays les moins avancés (FPMA / LDCF) afin de cofinancer les projets de développement durable et d’employabilité des jeunes portés par l’OIF.

Juliana Amato Lumumba possède plusieurs atouts : un héritage historique puissant, le poids diplomatique de la RDC, une expérience gouvernementale et internationale, un projet clairement identifiable et un potentiel d’adhésion important selon l’enquête MDI.

L’enjeu pour elle est désormais de franchir trois étapes : rassurer, rassembler et convaincre. Rassurer les partenaires sur son indépendance et sa vision multilatérale ; rassembler les différentes composantes de l’espace francophone ; convaincre, enfin, les États que son programme est réalisable. Le 16 novembre 2026, à Phnom Penh, les États membres ne choisiront pas seulement une personnalité. Ils choisiront aussi une vision de l’avenir de l’OIF.

Pour Juliana Lumumba, le véritable défi ne sera pas de démontrer que la Francophonie doit changer, mais de convaincre qu’elle est capable de conduire ce changement au bénéfice de tous. Le pari congolais est lancé. Phnom Penh dira s’il peut devenir celui de toute la Francophonie.

En conclusion

Le pari économique et technologique de Juliana Lumumba

Le lien entre le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso, et Juliana Amato Lumumba (fille du héros national de la RDC, Patrice Lumumba) réside principalement dans le soutien officiel apporté par le Congo-Brazzaville à sa candidature pour le poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

À l’heure où l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) cherche un second souffle, la candidature de Juliana Amato Lumumba incarne une rupture historique. Portée par la République démocratique du Congo, sa feuille de route intitulée « Francophonie des peuples, par les peuples et pour les peuples » propose de transformer l’institution. Son objectif ? Passer d’un espace de célébration linguistique à une véritable puissance économique, numérique et solidaire.

L’économie et l’investissement comme moteurs de co-développement

Pour Juliana Lumumba, la langue française doit devenir un levier de prospérité partagée. Sa proposition phare repose sur la création d’une Chambre francophone de commerce solidaire et de coproduction industrielle. Loin des lourdeurs bureaucratiques habituelles, cette structure vise à connecter directement les investisseurs, stimuler les PME et bâtir des chaînes de valeur locales. L’ambition est claire : stopper l’exportation brute des ressources et privilégier l’industrialisation locale pour que la richesse bénéficie d’abord aux populations productrices.

Le virage de l’Intelligence Artificielle et du numérique

Face à l’hégémonie anglophone dans le secteur de la Tech, Juliana Lumumba sonne l’alarme. L’avenir de la langue française se joue désormais sur les serveurs et dans les algorithmes. Pour relever ce défi, elle propose la mise en place d’une Autorité de la Transition numérique francophone inclusive, en partenariat avec l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF).

Ce projet s’accompagne d’un plan chiffré et pragmatique : un budget de 176 millions d’euros sur quatre ans pour former 100 000 étudiants et 30 000 enseignants à l’IA et aux technologies du futur dans 20 pays pilotes. L’enjeu est de taille : nourrir les modèles d’IA de contenus francophones et plurilingues pour éviter une colonisation culturelle numérique.

Une jeunesse africaine au cœur de la dynamique démographique

Juliana Amato Lumumba rassurée du soutien du Président tchadien, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno à sa course au secrétariat général de l’OIF.

Avec 65 % des locuteurs francophones résidant sur le continent africain, la démographie est l’atout majeur de cet espace. Juliana Lumumba refuse de voir cette jeunesse comme un défi migratoire ou sécuritaire, mais plutôt comme une force motrice.

Pour endiguer le chômage de masse, son programme mise sur l’adéquation entre éducation et métiers d’avenir (codage, création numérique, robotique). L’accent est particulièrement mis sur l’autonomisation financière des jeunes filles par l’accès à une éducation de base permanente. De plus, pour libérer l’esprit d’entreprise, elle prône la création d’un « Visa francophone des talents », destiné à fluidifier la mobilité des créateurs et des experts au sein de l’espace francophone.

Moderniser l’OIF : Vers une diplomatie de résultats

La réforme institutionnelle de l’OIF occupe une place centrale dans sa vision. Juliana Lumumba souhaite une gouvernance axée sur les résultats concrets. À travers neuf projets sectoriels majeurs, elle prévoit notamment la création d’une Académie francophone de la paix pour faire de l’organisation un médiateur politique crédible dans la résolution des crises.

Enfin, sa vision intègre une approche inclusive de la diversité : le français comme « langue pivot » qui cohabite et valorise les « langues sœurs » locales. En renforçant les identités nationales plutôt qu’en les effaçant, Juliana Lumumba dessine les contours d’une Francophonie moderne, décomplexée et résolument tournée vers le progrès humain et technologique.

Qui est Juliana Amato Lumumba?

L’héritage en partage, la Francophonie en ambition

Fille de Patrice Emery Lumumba, ancienne ministre, journaliste et femme engagée dans la vie publique congolaise, Juliana Amato Lumumba a construit son propre parcours à la croisée de la mémoire, de la culture, de l’État et de la diplomatie. Aujourd’hui candidate de la RDC au poste de Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, elle porte une vision d’un espace francophone davantage tourné vers les peuples, la jeunesse et le développement.

Une enfance façonnée par l’histoire

Née en 1955, Juliana Amato Lumumba est encore enfant lorsque son père est assassiné en janvier 1961. Les événements qui suivent conduisent sa famille à l’exil en Égypte. Sous l’influence du président Gamal Abdel Nasser, elle découvre un environnement marqué par le panafricanisme et forge une partie de sa conception de l’Afrique, de la liberté et de la solidarité entre les peuples.

Cette expérience influence également son rapport aux langues et aux cultures. Le français devient pour elle un instrument de communication, d’ouverture et de rapprochement entre les peuples.

Une trajectoire construite au-delà du nom Lumumba

Après des études en France, notamment dans le domaine des sciences sociales, Juliana Amato Lumumba s’engage dans le journalisme. Cette expérience lui permet de développer une connaissance directe de la société, de l’information et des mécanismes du débat public.

Elle rejoint ensuite les institutions congolaises sous la présidence de Laurent-Désiré Kabila. Elle exerce plusieurs responsabilités gouvernementales dans les secteurs de l’information, de l’éducation et de la culture.

Son passage au ministère de l’Éducation constitue une étape importante de son parcours. Dans une période de reconstruction nationale, elle évolue dans un secteur déterminant pour l’avenir du pays. Cette expérience contribue à renforcer sa conviction que la formation et le capital humain constituent des conditions essentielles du développement.

Elle poursuit son action au ministère de la Culture et des Arts. Elle y défend la valorisation du patrimoine et de la diversité culturelle congolaise. Son intérêt pour les langues nationales s’inscrit dans la même logique de cohésion et d’inclusion.

Cette diversité d’expériences donne une cohérence particulière à son parcours. Information, éducation et culture deviennent chez elle des instruments de construction nationale.

Une mémoire devenue responsabilité

La mémoire de Patrice Lumumba demeure naturellement présente dans son parcours. Mais Juliana Amato Lumumba a progressivement transformé cet héritage familial en une responsabilité publique.

La restitution en 2022 de la relique de son père par la Belgique constitue à cet égard un moment majeur. Au-delà de la dimension familiale, cet événement a ravivé les questions liées à la mémoire coloniale, à la souveraineté et à la dignité des peuples africains.

Cette expérience donne aujourd’hui une profondeur particulière à son discours international. Elle porte une mémoire historique tout en cherchant à l’inscrire dans les enjeux du présent.

De l’expérience nationale à l’ambition francophone

Sa candidature à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie constitue une nouvelle étape de cette trajectoire.

Soutenue par la RDC, elle défend le concept d’une « Francophonie des peuples ». Son projet « Neuf projets neufs pour une Francophonie neuve » entend rapprocher l’organisation des réalités économiques, sociales et culturelles de ses populations.

La jeunesse, les femmes, l’éducation, l’entrepreneuriat, la culture, la paix et la coopération économique occupent une place importante dans cette vision.

Cette orientation est directement liée à son parcours. Son expérience dans l’éducation nourrit son intérêt pour la formation des jeunes. Son passage par la culture éclaire son attachement à la diversité des peuples francophones. Son expérience journalistique renforce son intérêt pour le dialogue et la circulation des idées.

Une Francophonie tournée vers le développement

Pour Juliana Amato Lumumba, la Francophonie ne peut plus être seulement un espace linguistique et institutionnel. Elle doit aussi devenir un espace d’opportunités économiques, de mobilité, d’innovation et de coopération.

Cette vision prend une importance particulière dans un espace où l’Afrique représente désormais une composante démographique et économique majeure. La question est donc de savoir comment transformer cette force démographique en véritable puissance de développement.

La réponse qu’elle avance passe notamment par une meilleure place accordée à la jeunesse, aux femmes, aux entrepreneurs et aux acteurs de la société civile.

 

 

Une candidature qui porte aussi l’ambition de la RDC

Pour la RDC, cette candidature possède une portée diplomatique particulière. Le pays entend mettre en avant son poids démographique, culturel et linguistique dans un espace francophone en pleine transformation.

Mais au-delà de l’enjeu national, Juliana Amato Lumumba cherche à inscrire sa candidature dans une réflexion plus large sur l’avenir de la Francophonie et sur la place de l’Afrique dans la gouvernance internationale.

Son parcours raconte finalement une trajectoire singulière : partir d’un héritage historique immense, construire sa propre expérience dans le journalisme et l’État, puis porter cette expérience sur la scène internationale. Juliana Amato Lumumba ne cherche donc pas seulement à faire vivre une mémoire. Elle entend en faire une force pour penser l’avenir.

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