DIPLOMATIE : LA RDC ENCLENCHE LE TRANSFERT HISTORIQUE DE SON AMBASSADE À JÉRUSALEM

Dans un virage diplomatique majeur qui rompt avec le consensus international, la République démocratique du Congo (RDC) a officialisé sa décision de déplacer son ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem. Cette annonce hautement symbolique fait suite à une rencontre au sommet entre le président congolais Félix Tshisekedi et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

C’est par le biais d’un communiqué conjoint publié ce jeudi 3 septembre 2026 que les deux chefs d’État ont scellé cet accord, au terme d’une visite de travail officielle du président Tshisekedi dans l’État hébreu. Les deux dirigeants y ont réaffirmé leur volonté ferme de « consolider davantage les liens d’amitié et de coopération qui les unissent ».

Un échange de représentations et une coopération renforcée

Cette décision marque la concrétisation d’un projet évoqué par Kinshasa dès 2020 et réitéré lors de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2023. En contrepartie de ce déménagement stratégique, l’État d’Israël s’est engagé à ouvrir très prochainement une ambassade résidente permanente à Kinshasa, une première depuis plusieurs décennies.

Au-delà de l’aspect purement diplomatique, les discussions bilatérales menées à Jérusalem ont jeté les bases d’un partenariat élargi. Les deux pays prévoient d’intensifier leurs échanges dans des secteurs clés tels que la sécurité, la cybersécurité, l’infrastructure, l’agriculture et les nouvelles technologies. Pour le gouvernement congolais, confronté à une situation sécuritaire critique et à un conflit armé persistant dans l’est de son territoire, ce rapprochement offre de nouvelles perspectives en matière d’assistance technique et militaire.

Une rupture avec le consensus de l’ONU

En sautant le pas, la RDC s’écarte de la position de la quasi-totalité de la communauté internationale. Le statut de Jérusalem demeure l’un des points les plus épineux du conflit israélo-palestinien. L’ONU ne reconnaît pas l’annexion de Jérusalem-Est par Israël en 1967 et soutient que le statut final de la ville sainte doit être résolu par des négociations bilatérales. C’est pourquoi la grande majorité des chancelleries étrangères maintiennent leurs représentations à Tel-Aviv.

Kinshasa intègre ainsi un club très restreint de nations ayant franchi le pas à la suite de la décision historique des États-Unis en mai 2018 sous l’administration Trump. La RDC rejoint des pays comme le Guatemala, le Honduras, le Kosovo, le Paraguay ou encore la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Bien qu’aucune date précise n’ait encore été fixée pour l’inauguration des nouveaux locaux à Jérusalem, les deux ministères des Affaires étrangères ont reçu instruction de poursuivre les consultations pour définir les modalités pratiques de ce transfert. Ce pivot géopolitique illustre la volonté de la RDC de diversifier ses alliances internationales et de s’affirmer de manière décomplexée sur l’échiquier mondial.

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