Tariye Gbadegesin incarne une nouvelle ère de la finance internationale. Première femme d’origine africaine à prendre les rênes des Fonds d’investissement climatiques (CIF) en mars 2024, elle orchestre aujourd’hui un capital de plus de 11 milliards de dollars dédié à la transition écologique des pays en développement. Son parcours, à la croisée des continents, dessine le profil d’une dirigeante visionnaire et pragmatique.
Une double culture au service des marchés émergents
Née à Ibadan au Nigeria, Tariye Gbadegesin navigue avec aisance entre les réalités des économies africaines et les cercles financiers occidentaux. Sa trajectoire académique d’excellence pose très tôt les bases de son leadership :
- Amherst College : Un diplôme de premier cycle en économie et science politique.
- Harvard Business School : Un MBA prestigieux qui affine sa maîtrise de la finance d’entreprise.
Cette double culture lui confère une sensibilité unique. Elle comprend les besoins structurels du Sud global tout en maîtrisant les codes des investisseurs du Nord.
La passion des infrastructures et de l’impact
Avant de dominer la scène climatique mondiale, Tariye Gbadegesin s’est imposée comme une pionnière du financement d’infrastructures en Afrique. Au cours de ses 20 ans de carrière, elle a structuré et levé plus de 3 milliards de dollars pour des projets d’envergure dans les secteurs de l’énergie, des transports et du numérique.
Son passage comme directrice générale d’ARM-Harith Infrastructure Investments et ses rôles clés à l’Africa Finance Corporation (AFC) ont prouvé sa capacité à transformer des risques complexes en opportunités bancables. Elle a également mis son expertise au service d’institutions majeures comme le FMI, le Boston Consulting Group et PwC.
Une visionnaire du climat
Pour Tariye Gbadegesin, la lutte contre le changement climatique ne peut se faire sans une justice financière. À la tête du CIF, elle milite activement pour le déploiement de financements concessionnels (prêts à taux préférentiels). Son but est de réduire les risques pour le secteur privé afin de l’inciter à investir massivement dans les technologies propres des pays émergents.
Ancienne co-présidente de l’Initiative pour l’intégrité des marchés volontaires du carbone (VCMI), elle place la transparence et l’éthique au cœur de l’action climatique.

