KOAFEC 2026 : la Corée et l’Afrique ouvrent un nouveau chapitre de leur coopération économique

La coopération économique entre la Corée du Sud et l’Afrique prend une nouvelle dimension. Réunis à Séoul du 8 au 11 septembre 2026 dans le cadre de la KOAFEC, les représentants africains et coréens placent l’intelligence artificielle et les infrastructures numériques au centre des discussions. Cette édition marque également les vingt ans de ce mécanisme de coopération économique entre la Corée et l’Afrique.

Depuis sa création en 2006, la KOAFEC est devenue un cadre important de dialogue entre Séoul et les pays africains. La rencontre de 2026 intervient toutefois dans un contexte profondément différent. Le numérique transforme les économies et l’intelligence artificielle devient un facteur déterminant de compétitivité. Pour l’Afrique, cette évolution ouvre des perspectives considérables mais pose aussi la question de sa souveraineté technologique.

Le choix de l’intelligence artificielle comme priorité n’est donc pas anodin. Le continent africain connaît une croissance rapide de l’utilisation des services numériques. Les télécommunications, les services financiers numériques et le commerce électronique se développent dans plusieurs régions. Mais cette progression reste confrontée à des insuffisances importantes dans les infrastructures.

L’Afrique a besoin de réseaux numériques plus performants. Elle a également besoin de centres de données, d’une alimentation électrique stable et surtout de compétences capables de concevoir et de maîtriser les nouvelles technologies.

C’est précisément sur ce terrain que l’expérience sud-coréenne présente un intérêt particulier. En quelques décennies, la Corée du Sud est devenue une puissance industrielle et technologique. Son expérience dans les télécommunications, les semi-conducteurs, l’électronique et les technologies numériques constitue un potentiel important de coopération avec les économies africaines. Pour les pays africains, l’enjeu ne doit cependant pas être de devenir de simples consommateurs de technologies étrangères. La KOAFEC peut servir de plateforme pour obtenir davantage de transfert de compétences, de formation et d’investissements productifs.

Cette question devient urgente avec l’accélération de la compétition mondiale autour de l’intelligence artificielle. Les grandes puissances investissent massivement dans les infrastructures nécessaires au développement de cette technologie. Les centres de données deviennent ainsi de nouvelles infrastructures stratégiques au même titre que les ports, les routes et les centrales électriques.

L’Afrique doit donc saisir cette nouvelle fenêtre d’opportunité. Ses besoins sont considérables mais son potentiel l’est également. Sa population jeune constitue un marché numérique important. Ses ressources énergétiques et minières peuvent également soutenir le développement de nouvelles infrastructures technologiques.

La République démocratique du Congo peut notamment tirer profit de cette dynamique. Son potentiel hydroélectrique et ses ressources en minerais critiques lui donnent des atouts importants dans la nouvelle économie numérique. Mais ces ressources doivent être transformées en investissements et en capacités industrielles locales.

La KOAFEC 2026 arrive ainsi à un moment stratégique. Pour Séoul, l’Afrique représente un marché et un partenaire économique appelé à prendre davantage de poids. Pour les pays africains, la Corée peut devenir un partenaire important dans la transformation numérique.

Le véritable enjeu sera toutefois de dépasser les déclarations de coopération. L’Afrique devra obtenir des projets concrets, des financements, des formations et des transferts technologiques.

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