À quelques jours du second tour de l’élection présidentielle brésilienne, le Parti des travailleurs (PT) du président sortant Luiz Inácio Lula da Silva a annoncé son intention de déposer une plainte officielle devant l’Organisation des États américains (OEA). Le camp présidentiel accuse le géant de la tech Meta de restreindre délibérément sa visibilité sur les réseaux sociaux au profit de son rival conservateur.
Le ton se durcit radicalement à l’approche du scrutin décisif du 25 octobre 2026. Alors que les Brésiliens s’apprêtent à choisir leur prochain président, la campagne électorale s’est déplacée sur le terrain de la tech et des algorithmes. Le Parti des travailleurs (PT) de Lula accuse frontalement la multinationale américaine Meta (propriétaire de Facebook, Instagram et WhatsApp) d’orchestrer une « ingérence » directe dans le processus démocratique.
Des algorithmes jugés « sélectifs » par le camp Lula
Selon la direction de campagne de Lula, les publications et les canaux de communication de la gauche brésilienne subissent une baisse de portée drastique et inexpliquée sur Instagram et WhatsApp. Les avocats du PT dénoncent une « sélectivité algorithmique » et pointent tout particulièrement du doigt les nouveaux outils d’intelligence artificielle intégrés à WhatsApp.
Le parti affirme que les profils de l’opposition conservatrice, menée par Flávio Bolsonaro (arrivé en tête lors du premier tour), bénéficient à l’inverse d’une visibilité artificielle hors norme. Les contenus de l’opposition enregistreraient des taux de diffusion exceptionnels, dépassant parfois les audiences de célébrités mondiales, ce qui fait craindre au PT une manipulation à grande échelle à l’approche du second tour.
Meta plaide le « problème technique »
Face à la gravité de ces accusations, l’entreprise de Mark Zuckerberg a rapidement réagi en rejetant fermement toute intention d’ingérence politique. Meta invoque de simples « problèmes techniques » fortuits et assure que ces bugs de diffusion ne sont pas spécifiques au Brésil, mais touchent d’autres régions du monde de manière aléatoire.
Une explication technique qui ne convainc absolument pas l’équipe de Lula. Pour les responsables de la communication du président sortant, la coïncidence temporelle et le fait que les canaux de Flávio Bolsonaro soient totalement épargnés par ces « pannes » discréditent la thèse du simple hasard.
Une internationalisation du conflit politique
Pour donner du poids à sa protestation, le PT a décidé de porter l’affaire au-delà des frontières brésiliennes. La plainte déposée devant l’OEA vise à alerter la communauté internationale et les observateurs électoraux sur ce que le parti qualifie de menace pour l’équité du scrutin. Des réunions d’urgence ont également été planifiées avec des délégations internationales présentes pour surveiller les élections.
Cette bataille numérique installe un climat de forte suspicion sur la dernière ligne droite de la présidentielle, rappelant le rôle hautement stratégique — et contesté — des réseaux sociaux dans les démocraties d’Amérique latine.

