Face au spectre d’une nouvelle paralysie politique, le président israélien Isaac Herzog a officiellement appelé les forces politiques du pays au compromis le mercredi 4 novembre 2026. Cette déclaration intervient à l’occasion de la remise officielle des résultats définitifs des élections législatives du 27 octobre par la Commission électorale centrale. Un scrutin qui confirme une fragmentation profonde de la Knesset, le Parlement israélien, où aucune majorité claire ne se dégage. [1, 2, 3]
Une Knesset profondément divisée et bloquée
Les résultats validés par le juge Noam Sohlberg, président de la Commission électorale, entérinent l’impasse arithmétique pour les deux principaux blocs du pays. Pour obtenir la majorité absolue à la Knesset, qui compte 120 sièges, un candidat doit rassembler le soutien d’au moins 61 députés. Or, aucun des camps rivaux n’y parvient seul : [1, 2]
- Le bloc de Benjamin Netanyahu : La coalition de droite et d’extrême droite du Premier ministre sortant arrive en tête mais recule significativement, n’obtenant que 53 sièges. [1, 2, 3]
- Le bloc de l’opposition : L’alliance centriste menée par l’ancien chef de l’armée, Gadi Eisenkot, décroche 48 sièges. [1, 2]
- Les listes arabes israéliennes : Les formations arabes (incluant le parti Ra’am) réalisent un score historique en s’adjugeant les 19 sièges restants. [1, 2]
Bien que le bloc anti-Netanyahu (l’opposition juive combinée aux partis arabes) dispose techniquement de 67 sièges, une telle alliance reste hautement improbable. Durant la campagne, Gadi Eisenkot a explicitement exclu de gouverner avec les partis arabes, une position partagée par plusieurs de ses alliés qui refusent une coalition dépendante de leur appui. [1, 2, 3]
« Accepter la réalité » : le plaidoyer présidentiel
Conscient du risque de blocage institutionnel, le président Isaac Herzog a exhorté les dirigeants politiques à faire preuve de pragmatisme et de responsabilité. [1, 2]
« Dans la réalité actuelle, sans vainqueur évident après les élections, je demande de l’originalité et de la créativité, du courage et de la bonne volonté », a déclaré le chef de l’État lors d’une conférence de presse à la résidence présidentielle. [1, 2]
Isaac Herzog a prévenu les différents chefs de partis qu’ils allaient devoir abandonner leurs postures maximalistes et accepter le fait que « toutes les promesses de campagne ne pourront être tenues ». Habituellement confiné à un rôle honorifique, le président se retrouve propulsé au centre du jeu politique comme l’arbitre indispensable pour éviter la tenue d’un nouveau scrutin à court terme. Selon les observateurs, la préférence d’Isaac Herzog — ainsi que celle d’une majorité de l’opinion publique — irait vers la formation d’un gouvernement d’union nationale associant les deux grands blocs. [1, 2, 3]
Tensions exacerbées et rejet des accusations de fraude
La période post-électorale est particulièrement lourde d’invectives. Le camp de Benjamin Netanyahu a multiplié les attaques et accusations de fraudes massives à l’encontre des partis arabes, les accusant notamment d’avoir bénéficié de financements occultes venus du Qatar pour acheter des voix. En réaction, Gadi Eisenkot a fustigé une tentative de « pogrom contre la démocratie » destinée à délégitimer le vote. [1, 2, 3]
La Commission électorale a cherché à couper court aux rumeurs en annonçant qu’un examen minutieux et sans précédent de plus de 9 000 urnes n’avait révélé « aucune irrégularité ou preuve indiquant que l’intégrité des élections a été compromise ». Face à ce climat délétère, le président Herzog a fermement condamné « les comportements grossiers et les propos racistes » tenus à l’encontre de la minorité arabe israélienne (qui représente environ 20 % de la population), rappelant que la violence verbale n’avait pas sa place dans le débat public. [1, 2, 3]
Quel calendrier pour la suite ?
Le président israélien a immédiatement entamé un marathon de consultations de deux jours avec l’ensemble des partis représentés à la Knesset. À l’issue de ces rencontres, Isaac Herzog a jusqu’au 11 novembre 2026 pour désigner officiellement le candidat qui lui semblera le plus à même de bâtir une coalition stable. [1, 2, 3, 4]
Le dirigeant choisi disposera alors d’un délai légal de 28 jours pour former son gouvernement, avec une extension possible de 14 jours accordée à la discrétion du président. Si cette première tentative échoue, le mandat pourra être confié à un autre député

