Un récent sondage publié en octobre 2026 place le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, en tête des intentions de vote pour la succession de Cyril Ramaphosa. Bien que le milliardaire n’ait jamais exprimé d’ambitions présidentielles, sa popularité bouscule le paysage politique sud-africain et les cercles internes de l’ANC.
C’est un pavé dans la mare politique sud-africaine. Selon une enquête d’opinion d’envergure réalisée par le média News24 et l’institut SABI, l’homme d’affaires et dirigeant sportif Patrice Motsepe est désormais perçu par les Sud-Africains comme le successeur idéal de l’actuel chef de l’État, Cyril Ramaphosa.
Cette trajectoire, bien que purement hypothétique pour le moment, témoigne du désamour croissant de la population envers la classe politique traditionnelle et de la recherche d’une figure de consensus capable de redresser le pays.
Un plébiscite populaire inédit
L’enseignement majeur de ce sondage réside dans la popularité transversale du patron de la CAF. Dans un paysage politique profondément polarisé, Patrice Motsepe est la seule personnalité publique d’Afrique du Sud à récolter plus d’opinions favorables que défavorables.
Plus surprenant encore, cette dynamique se confirme au sein même de l’électorat du Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir. Interrogés sur l’avenir de leur formation, les sympathisants de l’ANC placent le milliardaire en tête pour succéder à Cyril Ramaphosa — qui est par ailleurs son beau-frère. Motsepe devance ainsi nettement les dauphins naturels du parti, à commencer par l’actuel vice-président Paul Mashatile et le secrétaire général de l’organisation, Fikile Mbalula.
Un calendrier sous tension jusqu’en 2029
Si les spéculations s’enflamment, c’est aussi en raison d’une coïncidence de calendrier. Le mandat de Patrice Motsepe à la tête du football africain doit prendre fin en 2029, l’année précise où l’Afrique du Sud organisera sa prochaine élection présidentielle.
Pour ses partisans, le profil de cet homme d’affaires accompli, perçu comme un gestionnaire rigoureux et éloigné des scandales de corruption qui ont entaché l’ANC, représente un atout majeur pour l’avenir économique de la nation.
Les défis d’une potentielle candidature
Malgré cet engouement des urnes virtuelles, le chemin vers le Cap et Pretoria reste semé d’embûches. Interrogé par le passé sur d’éventuelles aspirations politiques, Patrice Motsepe a toujours temporisé, affirmant qu’il préférait servir son pays à travers ses fondations philanthropiques et ses activités économiques plutôt que sous la bannière d’un parti.
De plus, plusieurs analystes politiques soulignent son manque d’expérience dans l’appareil d’État. Entrer formellement dans la course à la direction de l’ANC l’exposerait inévitablement aux féroces guerres de factions qui déchirent le parti historique de Nelson Mandela. Reste à savoir si la pression populaire et la crise de leadership que traverse le pays pousseront le milliardaire à franchir le Rubicon politique d’ici 2029.
