Dans un entretien exclusif accordé à la journaliste Christiane Amanpour sur la chaîne américaine CNN, le président libanais Joseph Aoun a haussé le ton de manière inédite contre Téhéran. Le chef de l’État a fermement exigé que l’Iran cesse d’intervenir dans les affaires intérieures de son pays, dénonçant l’utilisation du territoire et du peuple libanais comme des instruments politiques.
Le Liban refus d’être une « monnaie d’échange »
Faisant face aux ravages d’un conflit régional qui pèse lourdement sur son pays, Joseph Aoun a adressé un message sans équivoque aux dirigeants iraniens et au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) : « Ce n’est pas votre pays, c’est le nôtre. Laissez les Libanais gérer le Liban ».
Selon le président libanais, la République islamique utilise la crise actuelle et le sang des citoyens libanais comme une simple « monnaie d’échange » dans le cadre de ses propres négociations stratégiques avec les États-Unis. « Le peuple libanais paie de sa vie et de ses infrastructures pour des intérêts extérieurs », a-t-il martelé, déplorant le coût humain d’une influence régionale jugée destructrice.
Un désaveu cinglant de la direction du Hezbollah
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte de vives tensions internes concernant l’avenir sécuritaire du pays. Alors que le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, a récemment balayé d’un revers de main les propositions d’accord de cessez-le-feu parrainées par Washington en les qualifiant de « capitulation », Joseph Aoun a tenu à recadrer le leader chiite.
« Naim Qassem ne représente pas le peuple libanais », a répliqué le président de la République. Il a exhorté le mouvement armé à regarder la réalité en face et à comprendre que la survie du pays dépend désormais de la diplomatie et des négociations, et non de la poursuite d’un affrontement armé asymétrique avec Israël.
Le défi de la souveraineté pour l’ancien général
Élu à la présidence en 2025 après avoir dirigé l’armée libanaise, Joseph Aoun cherche activement à restaurer l’autorité exclusive de l’État sur l’ensemble du territoire. Son objectif principal demeure le monopole de la force légitime entre les mains de l’armée régulière, une mission rendue critique par l’offensive militaire israélienne en cours dans le sud du pays.
En s’exprimant ainsi sur une tribune internationale, le président Aoun tente de dissocier officiellement le destin de l’État libanais de l’agenda régional de l’Iran, espérant ainsi ouvrir la voie à un soutien international accru pour stabiliser le pays.



