Crise au Moyen-Orient : Donald Trump déclare le cessez-le-feu avec l’Iran « terminé », les marchés dévissent

Le fragile protocole d’accord signé le 17 juin dernier pour mettre fin à la guerre déclenchée en février n’aura pas tenu trois semaines. Interrogé ce mercredi 8 juillet 2026 en marge du sommet de l’OTAN à Ankara, le président américain Donald Trump a fermement déclaré que le cessez-le-feu conclu avec Téhéran était désormais « terminé ».

« En ce qui me concerne, c’est terminé […]. C’est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs », a lancé le président américain aux côtés du secrétaire général de l’Alliance, Mark Rutte. Qualifiant les dirigeants iraniens d’« ordures » et de « gens malades », Donald Trump a acté la rupture du dialogue direct, tout en laissant cyniquement la porte ouverte à ses négociateurs s’ils souhaitent « continuer à perdre leur temps ».

Une nuit d’escalade militaire totale dans le Golfe

Cette déclaration choc intervient après une nuit d’affrontements d’une intensité rare, marquant une reprise ouverte des hostilités :

  • L’étincelle dans le détroit d’Ormuz : En début de semaine, trois navires commerciaux — dont des pétroliers et méthaniers saoudiens et qataris — ont été la cible d’attaques de drones et de projectiles attribuées à Téhéran, qui s’oppose aux corridors de navigation alternatifs.
  • La riposte massive de Washington : En représailles, le Commandement central américain (Centcom) a déclenché une vague de frappes aériennes majeures, ciblant plus de 80 positions militaires en Iran, notamment des sites de missiles, des radars le long du littoral et des dizaines d’embarcations des Gardiens de la Révolution. Des explosions ont notamment secoué la ville portuaire de Bouchehr.
  • La contre-attaque iranienne : L’état-major iranien a immédiatement répliqué en pilonnant par missiles et drones des installations et bases militaires américaines stratégiques dans le Golfe, en particulier la base d’Ali Al Salem au Koweït et des infrastructures de la 5e flotte à Bahreïn, où les sirènes d’alerte aérienne ont retenti une grande partie de la matinée.

Cette flambée de violence coïncide par ailleurs avec la fin des funérailles nationales de l’ancien Guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué au début du conflit et dont la dépouille transite actuellement par les villes saintes chiites en Irak.

Mesures de rétorsion économiques et panique sur les marchés

Au-delà du fracas des armes, la Maison-Blanche a immédiatement répliqué sur le terrain économique en révoquant la dérogation temporaire accordée en juin qui permettait à Téhéran d’exporter son pétrole.

L’effet sur l’économie mondiale a été immédiat. Les places financières internationales ont plongé, redoutant un nouveau choc inflationniste et un blocage prolongé du détroit d’Ormuz, point de passage de 20 % du brut mondial. Les cours de l’or noir ont bondi de plus de 5 % en quelques heures : le baril de Brent de la mer du Nord s’est envolé au-dessus des 78 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) flirtait avec les 75 dollars.

Sur les marchés obligataires, la tension est palpable, le taux à dix ans de la dette française grimpant à un sommet inédit depuis 2009.

Réactions internationales et paralysie du ciel européen

Face au spectre d’une guerre totale, la communauté internationale affiche ses divisions. Alors que le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a jugé la riposte américaine « absolument nécessaire » face aux provocations de Téhéran, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a déploré une escalade qui « complique encore davantage les négociations ». De son côté, Pékin a averti qu’une reprise des combats n’était « dans l’intérêt de personne ».

Preuve de l’imminence du danger, l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) a émis une directive d’urgence, ordonnant à toutes les compagnies aériennes d’éviter strictement les espaces aériens de l’Iran et de l’Irak jusqu’au 31 août.

Alors que l’Iran prévient que tout pays voisin abritant ou aidant les forces américaines sera considéré comme une « cible légitime », la région s’enfonce à nouveau dans l’inconnu, balayant d’un revers de main les timides espoirs de paix entrevus en juin.

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