C’est un coup de poker dont le dirigeant socialiste espagnol est coutumier. Fragilisé par un cinglant camouflet parlementaire et une contestation populaire historique, le président du gouvernement, Pedro Sánchez, a annoncé ce lundi matin la dissolution des chambres et la tenue d’un scrutin législatif anticipé pour le 29 novembre prochain. Initialement prévues pour la mi-2027, ces élections rebattent totalement les cartes de la politique ibérique. [1, 2]
Depuis le palais de la Moncloa, Pedro Sánchez a officialisé la dissolution des chambres pour obtenir une majorité plus large permettant de mener à bien les réformes (les déclarations intégrales du Premier ministre sont consultables dans les documents de référence). [1, 2]
Le catalyseur : l’échec du « plan logement »
Le rejet du plan d’urgence le 2 octobre 2026 a déclenché la crise. Ce texte prévoyait notamment de geler les loyers, d’interdire l’expulsion des locataires vulnérables jusqu’en 2030 et de limiter les locations touristiques. Privé de majorité, l’exécutif a subi le veto combiné de la droite, de l’extrême droite et des nationalistes catalans de Junts. [1, 2, 3, 4, 5]
Une contestation sociale inédite
Ce blocage institutionnel s’est greffé sur une forte colère populaire, illustrée par l’expulsion médiatisée d’une octogénaire à Madrid. Des dizaines de milliers de manifestants ont par la suite exigé un logement digne dans plusieurs villes du pays, qui souffre d’un important déficit structurel de logements abordables. [1, 2, 3, 4]
Un pari électoral à haut risque
En convoquant ce scrutin, Pedro Sánchez cherche à capitaliser sur la question sociale face à une opposition revigorée. Le Parti populaire (PP) d’Alberto Núñez Feijóo aborde cette campagne en position favorable selon les sondages, ce qui promet sept semaines de campagne tendue axée sur le pouvoir d’achat et le logement.

