Le président américain a profité de l’ouverture du sommet de l’Alliance atlantique en Turquie pour lancer une charge virulente contre ses alliés européens. Entre menaces commerciales et griefs géopolitiques, les tensions sont à leur comble.
L’ambiance s’annonçait lourde, elle est désormais glaciale. Installé aux côtés du secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, le président américain Donald Trump n’a pas mâché ses mots lors du sommet de l’Alliance à Ankara. Se déclarant « très en colère », le locataire de la Maison-Blanche a multiplié les attaques frontales contre les membres européens, ravivant le spectre d’une rupture transatlantique.
L’Iran et l’Espagne dans le viseur de Washington
Au cœur du courroux présidentiel figure le manque de soutien de l’Europe dans la crise au Moyen-Orient. Donald Trump accuse ouvertement ses alliés occidentaux de l’avoir « laissé tomber » face à Téhéran, refusant d’aligner leurs positions militaires et logistiques sur celles de Washington et d’Israël.
Mais la cible la plus durement touchée par la rhétorique trumpienne reste l’Espagne. Qualifiant le pays de « cause perdue » en matière de contributions budgétaires, le président américain a brandi la menace d’un blocus économique total. « Nous allons cesser de commercer avec eux », a-t-il lancé, provoquant la stupeur des délégations présentes. À Madrid, le gouvernement a immédiatement tenté de désamorcer la crise en appelant au « calme » et à la « sérénité » face à ces menaces de sanctions directes.
La frustration persistante du Groenland
Preuve que le président américain n’a rien oublié de ses anciennes obsessions, le dossier du Groenland s’est invité de manière fracassante dans les débats. Évoquant l’impossibilité pour les États-Unis de s’emparer de ce territoire autonome danois, Trump a qualifié la situation de « grand problème ». Une sortie qui a provoqué une réplique immédiate et cinglante de la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, qui a martelé depuis Ankara que « le Groenland n’est bien évidemment pas à vendre ».
Mark Rutte en pompier de l’Alliance
Face à cette tempête politique, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, tente tant bien que mal de jouer les médiateurs. Le patron de l’Alliance a rappelé les efforts colossaux consentis par les Européens, citant une augmentation des investissements de défense de 258 milliards de dollars pour les années 2025 et 2026. Mark Rutte a également pris la défense de l’Espagne, saluant sa récente trajectoire budgétaire.
Alors que le sommet ne fait que commencer, cette entrée en matière fracassante confirme que le second mandat de Donald Trump placera l’OTAN sous une pression maximale, où chaque pays membre devra prouver sa valeur financière aux yeux de Washington sous peine de représailles.

