Le paysage politique canadien est profondément bouleversé. Le Parti québécois (PQ), formation résolument souverainiste, a remporté les élections provinciales du lundi 5 octobre 2026. Ce scrutin marque le grand retour des indépendantistes aux affaires pour la première fois depuis 2014, ravivant instantanément le débat sur l’avenir constitutionnel de la province francophone.
Le retour des souverainistes à Québec
Mené par son chef Paul Saint-Pierre Plamondon (surnommé « PSPP »), un avocat de 49 ans qui s’apprête à devenir le prochain Premier ministre du Québec, le Parti québécois a capitalisé sur l’effondrement historique de la Coalition avenir Québec (CAQ). La CAQ, qui gouvernait depuis 2018, a subi une débâcle sans précédent en perdant la totalité de ses sièges à l’Assemblée nationale. Sa cheffe, Christine Fréchette, a elle-même été battue dans sa circonscription de Trois-Rivières.
Selon les résultats diffusés par le Directeur général des élections, le PQ obtient environ 28 % des voix et décroche 59 sièges sur les 127 que compte le Parlement provincial. N’ayant pas atteint le seuil de la majorité absolue fixé à 64 sièges, « PSPP » devra diriger un gouvernement minoritaire et composer avec des oppositions fortes, menées par le Parti libéral du Québec (PLQ) de Charles Milliard (40 sièges) et les conservateurs d’Éric Duhaime
Répartition des sièges à l'Assemblée nationale (Scrutin du 5 octobre 2026) :
- Parti québécois (PQ) : 59 sièges
- Parti libéral du Québec (PLQ) : 40 sièges
- Parti conservateur du Québec (PCQ) : 19 sièges
- Québec solidaire (QS) : 9 sièges
- Coalition avenir Québec (CAQ) : 0 siège
Un troisième référendum d’ici 2029
Dès l’annonce des résultats devant ses partisans réunis à Montréal, Paul Saint-Pierre Plamondon a réaffirmé son ambition de faire du Québec un État souverain, qualifiant l’indépendance de « question de survie » pour la culture francophone en Amérique du Nord. Le parti s’est engagé à organiser un troisième référendum sur la souveraineté, après les échecs du camp du « oui » en 1980 et 1995.
Le futur Premier ministre a toutefois précisé qu’il attendrait la fin du mandat de Donald Trump à la Maison-Blanche, en janvier 2029, estimant que l’escalade actuelle du conflit commercial entre le Canada et les États-Unis ne prêtait pas à un climat serein pour mener un tel débat national.
Les défis pour le gouvernement fédéral
À Ottawa, le Premier ministre canadien Mark Carney fait face à une crise majeure pour l’unité nationale. Cette poussée souverainiste à l’Est coïncide avec d’autres tensions constitutionnelles : la province pétrolière de l’Alberta doit également se prononcer le 19 octobre 2026 sur la tenue d’un référendum concernant sa propre séparation ou son autonomie face au gouvernement fédéral.
Bien que le PQ revienne en force, les analystes politiques rappellent que ce vote a d’abord été motivé par le rejet de la CAQ sortante. L’adhésion populaire à l’indépendance reste quant à elle minoritaire, oscillant actuellement autour de 31 % d’opinions favorables dans les récents sondages.

