Trois ans après le traumatisme des attaques du 7-Octobre, et alors que le pays s’apprête à voter pour des élections législatives cruciales le 27 octobre 2026, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou fait preuve d’une résilience politique qui défie ses détracteurs. Analyse d’un chef de gouvernement contesté mais incontournable.
En politique israélienne, le mot « fin » s’écrit toujours au crayon gris. Au lendemain des massacres du 7 octobre 2023, la quasi-totalité des observateurs prédisaient la chute inévitable et rapide de Benyamin Netanyahou. Pourtant, trois ans jour pour jour après le pire fiasco sécuritaire de l’histoire de l’État hébreu, celui que ses partisans surnomment « Bibi » est toujours à la barre, s’imposant comme le « capitaine » d’un navire au milieu de la tempête.
Un bilan sécuritaire lourd et contesté
L’approche du scrutin du 27 octobre ravive les tensions et les débats sur la responsabilité de la tragédie. Récemment, de nouvelles révélations sont venues fragiliser la version officielle du gouvernement. Des rapports indiquent que l’Égypte et les Émirats arabes unis avaient formellement alerté le cabinet de Netanyahou du risque d’une attaque imminente du Hamas. Si le bureau du Premier ministre conteste vigoureusement ces affirmations, l’opposition, menée notamment par l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot, réclame avec insistance l’ouverture d’une commission d’enquête indépendante.
Contrairement aux hauts responsables de l’armée et du Shin Bet (le service de sécurité intérieure) qui ont publiquement reconnu leurs défaillances professionnelles, Benyamin Netanyahou refuse d’endosser la responsabilité politique directe du drame. Pour lui, l’heure des comptes viendra après la guerre.
Le « garant de la sécurité » face à un électorat polarisé
Comment expliquer une telle longévité malgré la colère d’une large partie des familles de victimes et des otages ? La réponse réside dans la fragmentation et la polarisation de la société israélienne. Pour son noyau dur d’électeurs et une part significative de la droite, Netanyahou reste perçu comme le seul leader capable de tenir tête à la pression internationale et de mener le bras de fer régional contre l’Iran et ses intermédiaires (le Hamas et le Hezbollah).
En se positionnant comme le rempart ultime de la survie de la nation, il parvient à transformer un bilan contestable en un argument de stabilité en temps de crise.
Un scrutin de blocage en perspective
Les projections électorales actuelles confirment que le pays est plus divisé que jamais. Les derniers sondages d’octobre 2026 traduisent un statu quo permanent :
- Le bloc de l’opposition obtiendrait entre 53 et 54 sièges.
- Le bloc de droite et religieux, fidèle à Netanyahou, est crédité de 52 à 53 sièges.
À l’heure actuelle, aucun des deux camps ne semble en mesure d’atteindre la majorité absolue de 61 sièges à la Knesset. Les élections du 27 octobre s’annoncent donc moins comme un désaveu massif du Premier ministre que comme un nouveau référendum de blocage. Qu’il gagne ou qu’il perde sa majorité, Benyamin Netanyahou aura réussi son pari initial : prouver qu’il demeure le centre de gravité incontournable de la politique israélienne.

