De Kananga aux zones rurales du Congo, de nouveaux modèles cherchent à rapprocher l’eau potable des populations. Grandes infrastructures, pompage solaire et systèmes décentralisés peuvent désormais être combinés pour répondre aux réalités de chaque territoire.
Sortir du modèle unique
L’accès à l’eau potable reste l’un des grands défis des villes et des territoires ruraux africains. Mais les réponses évoluent. Les grands réseaux de distribution ne sont plus les seuls modèles envisagés. Le solaire, les mini-réseaux et les systèmes hybrides ouvrent de nouvelles possibilités dans les territoires éloignés.
Kananga mise sur les grandes infrastructures
En République démocratique du Congo, l’actualité récente en donne une illustration. À Kananga, dans le Kasaï-Central, les travaux d’un vaste programme d’alimentation en eau potable ont été lancés le 5 octobre 2026. Soutenu par un financement d’environ 164 millions de dollars de la Banque mondiale, le projet prévoit une nouvelle usine de traitement sur le site de Lulua, la réhabilitation et l’extension de l’usine de Kanyuka ainsi que le renforcement du réseau de distribution. À terme, la capacité nominale de production doit atteindre 125 000 m³ par jour pour desservir près de 1,5 million d’habitants.
Le solaire pour les territoires isolés
L’avenir de l’accès à l’eau ne repose toutefois pas uniquement sur les grandes infrastructures. Dans les zones rurales et éloignées des réseaux électriques, l’énergie solaire permet de faire fonctionner des systèmes de pompage sans dépendre entièrement du réseau national.
En RDC, un projet soutenu par la Banque mondiale illustre cette possibilité. Dans le territoire de Kutu, au Mai-Ndombe, un forage hybride alimenté à l’énergie solaire fournit de l’eau potable à une communauté qui dépendait auparavant de sources non protégées. Le système produit environ 30 litres par minute et dessert directement près de 1 000 personnes.
Penser l’eau avec l’énergie et l’agriculture
Cette approche dépasse les frontières congolaises. En Éthiopie et au Soudan du Sud, le Fonds africain de développement a approuvé en juillet 2026 un don de 9,3 millions de dollars destiné à renforcer simultanément la sécurité de l’eau, la résilience climatique et la production alimentaire.
La Banque africaine de développement défend également une approche fondée sur le lien entre eau, énergie, alimentation et écosystèmes. L’objectif est de concevoir des investissements capables de répondre à plusieurs besoins avec les mêmes infrastructures.
Combiner les solutions
Cette évolution traduit une idée simple : l’Afrique n’a pas nécessairement besoin d’attendre la construction de réseaux gigantesques pour améliorer l’accès à l’eau. Dans certaines zones, un forage solaire, un réservoir et un réseau local peuvent apporter une réponse plus rapide et moins dépendante des infrastructures existantes.
Les grandes usines restent indispensables pour les agglomérations. Les solutions décentralisées peuvent compléter les réseaux là où leur extension est trop coûteuse ou trop lente.
Le cœur de cette innovation consiste à déterminer, territoire par territoire, quelle combinaison permet d’apporter durablement de l’eau salubre aux populations.

