LAWRENCE CANNON

«Affirmer la spécificité canadienne»

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M. Lawrence Cannon,, ministre des Affaires étrangères du Canada

 MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES DU CANADA

Par Kawia Nacro

Face à la crise qui tourmente la finance et l’économie mondiales, le Canada semble bien tirer son épingle du jeu même s’il n’est pas totalement à l’abri. Le chef de la diplomatie canadienne, Lawrence Cannon se veut serein ainsi qu’en l’avenir des relations avec les États-Unis et la nouvelle administration Obama.

Magazine Diplomat investissement: Le canada a connu une crise politique sans précédent et l’on a craint une déstabilisation des institutions. Comment comptez-vous rassurer les partenaires canadiens à l’étranger ?

Lawrence Cannon: En une période de crise économique mondiale, le Canada a besoin de leadership. C’est pourquoi la Gouverneure générale, suivant le conseil du Premier ministre Stephen Harper, a accepté de proroger le Parlement. Les Canadiens, les Canadiennes, veulent que le gouvernement du Canada continue à travailler sur l’ordre du jour pour lequel ils ont voté, notre plan pour renforcer l’économie. Notre gouvernement a entrepris des consultations sur le budget et nous poursuivons celles-ci. Quand le Parlement reprendra ses travaux le 26 janvier, le premier point à l’ordre du jour sera la présentation du budget fédéral le 27 janvier. Ce budget sera la prochaine étape majeure du plan du gouvernement pour stimuler l’économie. Au niveau international, le Canada est dans une meilleure position que les autres pays industrialisés. Le gouvernement du Canada poursuit la réalisation du plan mis de l’avant par les pays du G20. J’étais, le mois dernier, au Sommet de l’APEC au Pérou. Le Canada y a joué un rôle de premier plan. J’ai alors demandé aux ministres de l’APEC de démontrer un appui sans équivoque à la mise en œuvre du plan d’action du G20 visant à rétablir la confiance dans l’économie mondiale. Comme jusqu’à présent, nous avons géré les turbulences qui secouent les marchés financiers mondiaux mieux que bien d’autres pays, le Canada met à profit son expertise relativement à l’élaboration d’un modèle rigoureux de réglementation financière pour aider à orienter les pays du monde dans le cadre du redressement et du renforcement du système financier international. Face à l’instabilité économique mondiale, le gouvernement du Canada est déterminé à établir une approche coopérative avec ses partenaires et à maintenir la sécurité et la prospérité de la population canadienne.

Monsieur le Ministre, comment le gouvernement du Canada perçoit-il l’élection de Barack Obama à la tête des États-Unis ?

Notre gouvernement souhaite la bienvenue à la nouvelle administration des États-Unis qui sera aux commandes le 20 janvier 2009. Nous sommes disposés à travailler avec eux sur différents enjeux qui nous touchent, pour faire avancer les intérêts des Canadiens et les valeurs canadiennes à l’étranger. Fondamentalement, qu’est-ce que cette élection changera dans les relations entre les deux pays? Le partenariat entre le Canada et les ÉtatsUnis est profond et diversifié. On entretient une relation économique et commerciale à nul autre pareil; les ÉtatsUnis sont le premier partenaire commercial du Canada et nous voulons continuer à établir une relation productive dans l’avenir. Nous souhaitons que la nouvelle administration soit réceptive à cela. D’ailleurs, il existe de grands bénéfices des deux côtés de la frontière à cette relation commerciale, et nous continuerons de gérer nos relations avec les États-Unis de manière constructive. La période économique instable que nous traversons est une autre bonne raison de conserver notre relation privilégiée avec les ÉtatsUnis.

Pensez-vous que le Canada, en tant que seul pays du G7 qui sera relativement épargne par la crise financière mondiale selon le FMI, aura un rôle de premier plan à jouer dans la refonte des règles du Capitalisme?

Le Canada continue de jouer un rôle de chef de file au sein des nations industrialisées. Comme le Premier ministre l’a mentionné lors des récentes rencontres de l’APEC au Pérou et du G20 à Washington, les pays doivent assumer leurs responsabilités en réglementant et en supervisant rigoureusement leur secteur financier afin d’éviter qu’une crise du genre ne se reproduise. Nous souhaitons également que les pays s’engagent à évaluer de manière transparente leur secteur financier, étant donné que la supervision inadéquate du secteur financier d’un pays peut avoir des effets considérables sur les autres pays. Voilà d’importants engagements qui ressortent du plan d’action du G20. Notre gouvernement demande aux ministres présents au sein des organisations internationales de faire preuve d’un appui sans équivoque à la mise en œuvre du plan d’action du G20. Le Canada se tire mieux de la crise financière que beaucoup d’autres pays grâce en grande partie à un régime de réglementation qui établit un équilibre entre la stabilité et l’efficacité des marchés financiers. Dans le cadre de nos travaux à l’égard du Plan d’action et de nos discussions avec nos partenaires internationaux, nous faisons la promotion des principes qui soutiennent l’approche du Canada quant à sa politique économique, sa politique financière, sa politique monétaire, sa politique fiscale et sa politique commerciale – une approche que le premier ministre appelle « Fondements solides et Portes ouvertes ». Voilà un modèle duquel les autres pays pourraient tirer des enseignements

Enfin, d’un point de vue continental, quelles seront les priorités du Canada dans le développement des échanges économiques dans la zone des Amériques?

Selon sa vision à long terme, le Canada cherche à faire des Amériques un hémisphère plus prospère, plus démocratique et plus sécuritaire, un hémisphère qui apportera davantage de stabilité et de possibilités à ses citoyens. Notre engagement dans la région est axé sur trois objectifs interreliés qui se renforcent mutuellement, soit l’augmentation de la prospérité, l’accroissement de la sécurité et la promotion des valeurs fondamentales que sont la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit.

Depuis le voyage du premier ministre à la Barbade, au Chili, en Colombie et en Haïti en juillet 2007, nous avons davantage tendu la main à nos partenaires de la région et aux organisations multilatérales et avons travaillé avec eux pour obtenir des résultats concrets. Le Canada s’est engagé à accroître sa présence dans la région et prévoit y être pendant longtemps. Lors de son séjour au Pérou dans le cadre du Sommet de l’APEC en novembre dernier, j’ai a réitéré l’engagement du Canada à renforcer et à maintenir sa présence dans la région. J’ai aussi mentionné que le Canada était déterminé à travailler avec ses partenaires, à créer un hémisphère plus prospère, plus démocratique et plus sécuritaire. Devant l’instabilité économique mondiale, le gouvernement du Canada est déterminé à collaborer avec ses partenaires de l’hémisphère et à continuer d’assurer la sécurité, la sûreté et la prospérité des Canadiens.

Biographie

Lawrence Cannon a été élu à la Chambre des communes pour la première fois en 2006 puis réélu en 2008. Il a été assermenté comme ministre des Transports, de l’Infrastructure et des Collectivités le 6 février 2006. Entre 2001 et 2005, M. Cannon a été conseiller municipal à la Ville de Gatineau. Il a été nommé président de la Société de transport de l’Outaouais en 2002 et, en 2004, président de l’Association du transport urbain du Québec. M. Cannon a été membre de l’Assemblée nationale du Québec de 1985 à 1994, où il a rempli les fonctions de vice-président et de ministre des Communications. Il a travaillé dans le secteur privé comme expert-conseil avant d’entrer sur la scène politique municipale. M. Cannon est diplômé de l’Université de Montréal et possède aussi une maîtrise en administration des affaires de l’Université Laval. Il vit à Gatineau avec son épouse, Christine.

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