Témoignages d’excellence L’Algérie constitue le plus grand partenaire des entreprises canadiennes en Afrique. C’est un élan qu’il faut maintenir et développer et ouvrir des débouchés aux entrepreneurs algériens.
Par Annie Côté
Magazine Diplomat investissement : Comment se porte la coopération entre le Canada et l’Algérie ?
SEM Patrick Parisot: La coopération entre le Canada et l’Algérie a commencé depuis l’établissement officiel des relations entre les deux pays, en novembre 1965. Depuis cette date, les échanges n’ont cessé de se développer. Le commerce qui constitue l’une des pierres angulaires de nos relations avec l’Algérie a atteint en 2007 un volume d’échanges de près de 5,6 milliards de dollars canadiens, alors qu’il était de 1,1 milliard en 1999. Ces montants ne tiennent pas compte des contrats de service estimés à plusieurs centaines de millions de dollars annuellement. Mais au-delà du commerce, cette relation se renforce continuellement grâce aux échanges impliquant des universités canadiennes dans la formation notamment de cadres de l’industrie. L’usage du français, que nous avons en commun, facilite également les échanges culturels. En 2006 par ailleurs, la visite en Algérie de la Gouverneure générale du Canada, la Très Honorable Michaëlle Jean, a témoigné concrètement de l’excellence des relations qui lient le Canada et l’Algérie. L’ouverture depuis 2006 de la ligne aérienne directe Alger-Montréal est un autre signe de la bonne relation de coopération qui existe entre le Canada et l’Algérie.
Le Canada jouit d’une crédibilité en Algérie, quelles sont les opportunités d’affaires que l’Algérie peut offrir au Canada et inversement ?
Le Canada veut d’abord capitaliser sur les réformes en cours en Algérie. Il cherche à apporter son savoir-faire et son expertise aux Algériens en s’intégrant dans le programme de relance économique initié par le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Le développement des infrastructures, la construction de logements, le développement du réseau ferroviaire, la mise en place de système de distribution d’eau pour les populations, la fourniture de matériel de haute technologie (télécommunications, avions, locomotives, équipement pétrolier, etc.) sont autant de domaines où le Canada excelle et où le secteur privé peut intervenir pour accroître notre partenariat commercial. Tous ces éléments démontrent que les opportunités d’affaires ne sont pas limitées et qu’elles vont dans les deux sens. Comme nous le répétons souvent, le Canada a également l’avantage d’offrir à l’Algérie de la technologie nord-américaine en français qui reste la langue de travail et des affaires pour les Algériens.
Quelles stratégies préconisez-vous pour attirer les investissements en Algérie et quelles sont les réalisations canadiennes les plus réussies en Algérie?
Nous nous tenons à la fine pointe de l’information sur les possibilités d’affaires du marché algérien et nous alertons nos compagnies sur ce qui est susceptible de les intéresser. Ce sont les compagnies qui décident ensuite de l’investissement qu’elles doivent faire en fonction des perspectives de développement à long terme. Les investissements les plus visibles concernent les compagnies d’ingénierie SNC-Lavalin et Dessau qui ont décidé d’ouvrir des bureaux permanents en Algérie. En tant qu’investisseurs, il y a d’autres compagnies des secteurs des télécommunications, de la construction, de l’hydraulique qui ont ouvert des filiales en Algérie, ou encore des firmes qui sont représentées par des agents locaux. En matière de réalisations, nous pouvons citer la participation de firmes canadiennes impliquées dans la construction de l’autoroute est-ouest, la surveillance des travaux de construction de lignes ferroviaires, la construction de centrales de production d’électricité, la vente d’avions de transport régional et de locomotives, des investissements dans les secteurs des mines et des hydrocarbures.
Biographie
Ambassadeur à Alger depuis janvier 2008, SEM Patrick Parisot a débuté sa carrière comme analyste chez Hydro-Québec pour ensuite se diriger vers les communications où il a œuvré à Télévision Quatre Saisons puis à Radio-Canada. Par la suite, il devient attaché de presse du premier ministre en 1993 et conseiller spécial en politiques en 1999, poste qu’il occupe jusqu’en 2001, année où il est nommé ambassadeur au Chili. En 2003, M. Parisot est nommé ambassadeur au Portugal, poste qu’il occupe jusqu’en novembre 2007. Il est marié à Mme Carmen Altamirano et a trois enfants (François, Emmanuel et Philippe.



