Quatre mois après sa mort, l’ancien Guide suprême iranien Ali Khamenei a été inhumé ce vendredi 10 juillet 2026 au mausolée de l’imam Reza. Marquant la fin de six jours de funérailles nationales, la cérémonie a été marquée par l’absence mystérieuse de son fils et successeur, Mojtaba Khamenei, en pleine escalade militaire avec les États-Unis.
L’Iran vient de tourner une page majeure de son histoire institutionnelle et religieuse. Tôt ce vendredi matin, la dépouille de l’ayatollah Ali Khamenei a été mise en terre à Mashhad, sa ville natale. Cet enterrement met fin à un long périple funéraire entamé le 3 juillet dernier. Le cortège a traversé les hauts lieux du chiisme, de Téhéran et Qom en Iran, jusqu’aux villes saintes de Kerbala et Najaf en Irak.
Pour rappel, l’ancien dirigeant avait été tué le 28 février 2026 à l’âge de 86 ans, lors d’une frappe aérienne conjointe menée par les États-Unis et Israël. L’état de guerre généralisé explique le délai exceptionnel de plus de quatre mois observé avant l’organisation de ces obsèques officielles.
Le grand absent : Mojtaba Khamenei
Au-delà de la ferveur religieuse, c’est une absence qui a focalisé toutes les attentions. Mojtaba Khamenei, 56 ans, nommé Guide suprême en mars dernier pour succéder à son père, n’est apparu à aucune des étapes de la procession. Lors de l’ultime prière funéraire à Mashhad, c’est son frère aîné, Mostafa Khamenei, qui a dû diriger l’office devant le cercueil.
Cette disparition totale de l’espace public alimente les spéculations. Blessé lors du bombardement qui a coûté la vie à son père en février, le nouveau dirigeant vivrait retranché dans un bunker ultra-sécurisé. Depuis sa prise de fonction, Mojtaba Khamenei ne communique que par le biais de déclarations écrites, ce qui pousse de nombreux observateurs internationaux à s’interroger sur sa capacité réelle à gouverner, voire sur la gravité exacte de ses blessures.
Les Gardiens de la Révolution à la manœuvre
En coulisses, cette absence renforce l’hypothèse d’une transition politique confisquée. Selon plusieurs analystes du Moyen-Orient, le pays traverse une phase de gouvernance collégiale où le Corps des Gardiens de la révolution islamique (pasdaran) exerce un contrôle quasi total sur l’appareil d’État, reléguant le nouveau Guide au rang de symbole lointain.
Cette transition de pouvoir se joue d’ailleurs dans un climat de haute tension internationale. L’apogée des funérailles a coïncidé cette semaine avec une reprise violente des hostilités. Après une brève trêve signée en juin, les forces américaines ont frappé près de 170 cibles militaires sur le sol iranien, entraînant des tirs de riposte de Téhéran contre des bases américaines au Koweït, à Bahreïn, au Qatar et en Jordanie.
L’inhumation d’Ali Khamenei referme un chapitre, mais l’Iran s’enfonce un peu plus dans l’inconnu, suspendu aux rares signes de vie de son nouveau dirigeant de l’ombre.
