Après le dépouillement de plus des trois quarts des suffrages, le bloc du Premier ministre sortant devance l’opposition. Toutefois, la poussée historique des partis arabes paralyse le jeu des alliances et plonge le pays dans une nouvelle incertitude politique.
Le spectre du blocage politique plane à nouveau sur Israël. Au lendemain des élections législatives du 27 octobre 2026, les résultats officiels partiels confirment un paysage politique profondément divisé. Après le dépouillement de 77 % des bulletins par la Commission électorale centrale, le camp mené par Benjamin Netanyahu vire en tête, mais reste suspendu à la barre fatidique des 61 sièges nécessaires pour gouverner.
Un bloc de droite en tête, une opposition fragmentée
Selon les dernières projections, le Likoud de Benjamin Netanyahu et ses alliés de la droite nationaliste et des partis ultra-orthodoxes totalisent 54 sièges à la Knesset. Bien qu’il consolide sa position de première force politique du pays, ce bloc échoue pour l’instant à décrocher la majorité absolue au Parlement, qui compte 120 députés.
Face à lui, le bloc d’opposition affiche 49 sièges. Menée par le centriste et ancien chef de l’armée Gadi Eisenkot, cette coalition hétéroclite ne parvient pas à créer le raz-de-marée espéré pour sceller l’alternance, payant les divisions internes qui ont marqué sa campagne.
La poussée historique des partis arabes
Le fait marquant de ce scrutin réside dans la performance inédite des formations arabes israéliennes (parmi lesquelles la Liste unifiée et Ra’am), qui effectuent un bond historique pour obtenir 17 sièges.
Cette percée bouscule l’arithmétique électorale et place ces partis en position d’arbitres théoriques, bien que leur intégration dans une future coalition relève du casse-tête :
- Benjamin Netanyahu a d’ores et déjà exclu toute alliance avec ces formations, réitérant son appel à bâtir un « gouvernement national fort » centré sur la droite.
- Au sein de l’opposition, le chef de file de la gauche, Yair Golan, plaide activement pour un accord historique avec le bloc arabe afin d’évincer le Premier ministre sortant. Une option qui suscite toutefois de vives réticences chez les centristes et les nationalistes anti-Netanyahu de la même coalition.
Vers des négociations suspendues aux « enveloppes doubles »
L’issue finale du scrutin dépend désormais des votes des militaires, des diplomates et des détenus – traditionnellement appelés « enveloppes doubles » –, dont le dépouillement doit s’achever entre jeudi soir et vendredi matin. Ces suffrages ont, par le passé, souvent fait basculer un ou deux sièges décisifs.
Une fois les résultats définitifs proclamés, le président Isaac Herzog ouvrira les consultations officielles pour confier le mandat de formation du gouvernement. Si les tractations politiques devaient s’enliser au cours des prochaines semaines, le pays s’exposerait au risque d’un nouveau retour aux urnes, maintenant Benjamin Netanyahu à la tête d’un gouvernement de transition.
