Le président argentin Javier Milei entame ce mercredi 30 septembre 2026 une visite stratégique de trois jours à Paris. Son objectif est crucial : convaincre les investisseurs européens d’injecter des capitaux en Argentine. Face à une économie nationale exsangue, cette offensive diplomatique et financière ressemble à l’opération de la dernière chance pour le leader ultralibéral.
« Il n’y a plus d’argent en Argentine, il doit en trouver ailleurs ». Cette analyse du chercheur Jean-Jacques Kourliandsky résume parfaitement le paradoxe de la « thérapie de choc » mise en place par le président argentin. Si sa politique d’austérité radicale a permis d’assainir temporairement les comptes publics et de ralentir l’inflation, elle a aussi plongé le pays dans une récession profonde. Sans financements frais du FMI ou des marchés traditionnels, l’Europe représente désormais une bouée de sauvetage indispensable.
L’opération séduction « Argentina Week »
Pour séduire les milieux d’affaires, Javier Milei n’est pas venu seul. Accompagné d’une importante délégation de ministres et de gouverneurs de provinces, il préside à Paris le forum « Argentina Week ».
L’objectif est de vendre les atouts structurels de l’Argentine dans des secteurs hautement stratégiques :
- Les minéraux critiques, avec en première ligne le lithium, indispensable à la transition énergétique mondiale.
- L’énergie et l’agro-industrie, deux piliers historiques de l’économie argentine.
- Les ressources naturelles, pour lesquelles le gouvernement promet une dérégulation massive afin de faciliter le retour sur investissement.
Au-delà du volet économique, cette visite comporte un enjeu politique majeur. Le dirigeant argentin sera reçu ce jeudi à l’Élysée par Emmanuel Macron pour un entretien bilatéral, avant de s’exprimer devant l’OCDE. La France, qui figure parmi les principaux investisseurs étrangers en Argentine, est une cible prioritaire pour Buenos Aires.
Un modèle à l’épreuve d’une crise sociale majeure
Cette quête de capitaux intervient alors que les indicateurs économiques virent au rouge en Argentine. Le dogme du « déficit zéro » imposé par Milei montre ses limites sur l’activité réelle. Le produit intérieur brut (PIB) a encore reculé de 0,6 % au deuxième trimestre 2026, et l’activité économique a chuté de 2,9 % en juillet.
Surtout, le coût social de cette politique est vertigineux. La pauvreté frappe désormais 32,3 % de la population, plongeant des millions d’Argentins dans la précarité et accentuant la grogne sociale.
À un an de la prochaine élection présidentielle argentine, Javier Milei joue gros à Paris. Il doit impérativement prouver que son modèle ultralibéral est capable de générer de la croissance concrète, et non plus seulement de l’austérité
